Révision de la constitution : Joël Aïvo en porte à faux avec Bernard Davo

Publié le par L'informateur

L’étude de la loi pour la révision de la constitution est à l’assemblée nationale. Les résultats à venir de cette étude  sont perçus d’un point de vue divergent  par  l’ancien ministre Bernard Lani Davo et le constitutionaliste Joël Aïvo. Le premier est pour une refondation  quant au second, il ne faut parler que d’une révision. 

Le Bénin doit il parler d’une nouvelle république ? Non répond  le constitutionaliste Joël Aïvo, oui répond Bernard Lani Davo, l’ancien ministre du docteur Boni Yayi. Pour parler d’une  nouvelle république, il faut un référendum  et non un toilettage, affirme Joël  Aïvo. Au fait, les deux hommes n’ont pas un point de vue divergent sur le fond. Seulement pour l’ancien ministre, il est possible aujourd’hui de parler d’une refondation du moins s’il s’en réfère aux déclarations du président de la république : « Pensez-vous que la constitution est une muraille qu’on ne peut détruire ou une arme nucléaire qui ne peut être à la disposition de n’importe qui ? Toutes les dispositions contenues dans l’actuelle Constitution sont susceptibles de modification, par suppression ou remplacement. Tout dépendra de la nouvelle constitution. Je profite d’ailleurs pour dire mon point de vue sur la nuance à faire entre réforme et refondation ; et elle est de taille. La réforme permet une retouche ou une transformation relevant d’un toilettage mais la Refondation, à mon avis, nécessite l’abandon d’une République pour une autre. Deux éléments ont retenu mon attention lors du discours de candidature du Président candidat Yayi Boni. Ces éléments ressortent de ses propos qu’il me plait de citer ici. Le premier : « (…) Ma vision appelle la Refondation de la République sur laquelle j’engagerai de grandes réflexions avec toutes les composantes de la Nation ». Le deuxième : « (…) Je m’engage à faire diriger cette équipe (gouvernementale) par un premier Ministre (…) » Ces deux éléments, chers amis journalistes, m’amènent à penser qu’il faut abandonner l’actuelle République pour une nouvelle où un Premier Ministre compétent, expérimenté et bien au fait des problèmes de développement qui préoccupent nos populations, pourra prendre en main la gestion du Gouvernement sous l’autorité du Président de la République, Chef de l’Etat. Le chantier de la Refondation de la République devrait être un gigantesque chantier et je souhaite que tous ceux qui adhèrent à cette idée ne se limitent pas simplement à l’usage de ce mot dans leur discours au point de galvauder le terme comme les Béninois en ont le secret. »

Si le processus  de la révision de la constitution est enclenché il ne fait l’ombre d’aucun doute que la poutre de deux mandats présidentiels non renouvelable ne doit pas être touchée à estimer l’universitaire Aïvo. Il n’en doute pas et il attend de voir. Pour lui, il faut une vulgarisation et un large consensus autour des nouvelles donnes qui seront intégrées à la constitution béninoise estime-t-il.

Bref, les deux hommes ont un point de vue divergent sur la finalité de la démarche. Mais il faut signaler que pour le commun des béninois il s’agit de révision de la constitution et non de refondation.

Oswald DOSSEY

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