Présence de deux ministres à la 3ème Université d’Eté du Prd ce samedi : Me Houngbedji, pose-t-il les bases de son nouveau centrisme ?

Publié le par L'informateur

Le Prd tient une nouvelle fois une université de vacances dans le but d’aider ses militants à mieux décrypter les contingences de l’heure. Seulement, pour cette fois-ci, il est attendu des invités, et pas des moindres. Deux membres du gouvernement. Il s’agit, selon nos sources d’informations des ministres Valentin Djènontin de la réforme portuaire et de Sabaï Katé en charge du secteur de l’agriculture. Ces ministres viennent pour donner aux militants du Prd plus d’éclairage sur les grandes préoccupations de l’heure. A savoir, les réformes dans le secteur portuaire avec le Programme de vérification des importations (Pvi) qui a été, trompette à la main,  remis en cause par le chef de l’Etat. Les réformes dans le secteur du coton avec le dessaisissement de l’Aic sont également au menu des discussions.

Faut-il le rappeler, ce sont ces deux remises en cause qui ont conduit à la brouille entre le chef de l’Etat et son principal allié, l’homme d’affaires Patrice Talon. Toujours pour le compte de l’université de vacances, le directeur de Bénin control sans oublier le Sg de l’Aic ont été conviés pour donner leur part de vérité. Le Prd a donc tenu à donner à ses militants une aubaine de débats éclairés sur les sujets d’intérêt national qui fâchent. Une initiative à saluer ; puisque c’est bien pour la première fois que les deux camps opposés auront l’occasion de « s’affronter » publiquement depuis que la crise s’est installée.

Au delà de cette démarche qui a tout l’air scientifique, on peut y soupçonner une volonté à peine voilée de s’afficher en centriste au niveau de sujet passionné. Si par exemple, seuls les membres du gouvernement avaient été conviés à ces échanges, certains observateurs de la scène politique nationale pourraient croire à une prise de position ; surtout que le rapprochement entre le leader du Prd et son tombeur de 2006, puis de 2011 se fait de plus en plus sentir. Le 1er août 2012, soit à la faveur de son polémiqueux entretien, le chef de l’Etat a réussi à ménager Me Adrien Houngbédji en même temps qu’il qualifiait la classe politique béninoise de « médiocre » et tous les Béninois de « petits », pis, de « trop petits ». Il a été constaté que cela ne l’a pas empêché, le Prd, face à l’avalanche de réactions au lendemain de l’entretien, de rendre public un communiqué qui ne prenait position ni pour la mouvance, encore moins pour l’opposition constituée de ses amis d’hier. Même si le communiqué a semblé condamné les sbires du chef de l’Etat qui, à travers déclaration, conférence de presse et marche de soutien ont diabolisé tous ceux qui ont trouvé à redire sur la sortie médiatique du chef de l’Etat, le même texte remonte un temps soit peu les bretelles à l’opposition. La plupart des observateurs y avaient lu une position quelque peu centriste. Ceci a été confirmé par l’absence totale du Prd à la création d’un front uni pour la sauvegarde de la démocratie. Un regroupement ayant pour dessein de "restaurer" une démocratie longtemps citée comme modèle dans la sous-région mais qui visiblement est en panne maintenant. Déjà ce parti s’était fait désirer lors des dernières assises de l’Union fait la nation qui l’a soutenu pour la dernière présidentielle où Boni Yayi a été réélu par KO.

On peut donc affirmer que le Prd a maintenant totalement pris ses distances vis-à-vis de ses amis et supporters de l’Un. Il n’est plus de ce regroupement politique et se refuse aussi à être totalement critique face aux agissements du pouvoir de Boni Yayi.

En revanche, on peine à le classer dans la mouvance actuelle ; même si on l’annonce dans le prochain gouvernement qui reste attendu de tous.

Me Adrien Houngbédji en tant qu’un ancien de la classe politique béninoise a certainement plus intérêt à jouer au centriste. Une nouvelle position qu’il entend conforter avec cette université de vacances. Ces assises permettront donc à sûr de confirmer la position du Prd dans l’échiquier politique. Rompre avec la bipolarisation de la classe politique : c’est peut-être la solution toute trouvée pour éviter de se retrouver dans les bras d’un Boni Yayi ayant creusé des plaies dont les cicatrices restent encore visibles même à l’œil nu.

F. Kpochémè

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