Correction de la Lépi : Vers le report des prochaines communales

Publié le par L'informateur

A moins d’un miracle ou d’un compromis de dernière minute des politiques, les prochaines élections municipales et communales ne pourront se tenir à bonne date.  L’actualité de ces derniers jours au sujet de la liste électorale permanente informatisée (Lépi)  peut autoriser une telle projection même si elle est de très mauvais goût.

D’après la rencontre du 29 mai dernier qui a regroupé toutes les composantes de l’Assemblée Nationale, il a été donné de constater que toute la classe politique est d’accord que notre Lépi est de très mauvaise qualité d’une part et de l’autre, la mouvance et l’opposition sont tombés d’accord pour la correction de cet instrument. Mais pour respecter la procédure en la matière, la concertation a convenu que le débat retourne en plénière afin que les commissions compétentes, en occurrence la commission des lois   en soit saisie pour que la question soit examinée. Cela veut dire que le professeur Mathurin Nago, président de l’Assemblée Nationale doit jouer sa partition. C’est à dire faire en sorte que les commissions compétentes soient saisies. Ce n’est qu’après cela  que la commission se réunit afin de produire un rapport qui sera discuté en plénière. Voilà la procédure qui s’impose sur le plan législatif. Mais ayons le courage de dire que ce ne sera que le premier pas vers la correction de cet instrument. Puisque le tout dépend du contenu du rapport de la commission  des lois et de la tournure que prendront les débats en séance plénière. C’est d’autant plus vrai que quoi que nous disions, nous sommes sur un terrain politique où la ruse est le premier mot. C’est un terrain où il n’y a d’ailleurs pas de cadeau pour l’adversaire.

On apprend d’ailleurs qu’après le parti du renouveau démocratique de maître Adrien Houngbédji, les forces cauris pour un Bénin émergeant soutenant les actions du chef de l’Etat sont entrain eux aussi de projeter un séminaire sur le même sujet. En tout cas, deux possibilités pourraient se présenter. Corriger ce qui  peut l’être sur cette Lépi actuelle ou  reprendre carrément  une autre liste. L’un dans l’autre, ce serait à la fois  une affaire  de consensus des politiques, de la perspicacité des techniciens,  du facteur temps et enfin de ressources financières. Comment arriver à bout de tout ceci tout en restant dans le délai des 9 mois qui restent.  .Prenons chacun de ces facteurs et voyons ;

Le consensus, comme toujours ne s’obtient pas aussi facilement au sein de notre classe politique enclin à des calculs à n’en point finir.  Les techniciens, eux autres, s’ils sont vraiment bons, ils ne doivent pas cette fois ci bâcler le travail. Cela veut dire qu’ils doivent prendre le temps qu’il faut pour réussir le travail. Il faut reprendre le travail au niveau de toutes les étapes depuis la cartographie censitaire jusqu’à l’établissement des cartes d’électeurs en passant par les portes à portes. Que cela reste dans le délai serait vraiment surprenant. Et c’est ici qu’intervient le facteur temps qui joue sérieusement contre les choses en ce sens que les élections, pour se tenir à bonne date, doivent se dérouler l’année prochaine et plus précisément dans le mois de mars.. Et visiblement, le travail qu’il y a à faire pour enlever toute susceptibilité ne peut rester dans ce temps à moins d’être bâclé. Et n’oublions pas que nous devons faire face aussi au problème de financement. A en croire le président du groupe parlementaire Union fait la Nation, la Lépi actuellement contesté par tout le monde  avait couté une bagatelle somme de 41 milliards de francs cfa  financés majoritairement  par les partenaires techniques et financiers. Même si pour cette fois ci, le coût  de l’instrument sera minimisé, il faudra un temps pour mobiliser les ressources qui doivent servir à sa réalisation. C’est peut être pour cela  que certainement une certaine organisation de la société civile demande déjà que l’on commence par penser au report des prochaines consultations municipales et communales. Le président Idji Kolawolé disait aussi le mardi dernier que même si la correction de la Lépi doit coûter le report  des élections communales, il le faut. Sur la question de report, l’honorable Ahouanvoébla Augustin, président du groupe parlementaire Prd Union fait la nation dira ce même mardi que  l’organisation des élections à bonne date est le baromètre de la démocratie, mais son parti avisera dès que le problème sera posé. il n’y aura pas de mal à le faire si c’est pour régler un problème d’intérêt national. Pour beaucoup d’autres personnalités politiques, le report des élections est préférable à l’organisation des élections à bonne date avec un outils qui ôte le droit de vote à des milliers de citoyens en âge de voter  pendant qu’il en donne soit à ceux des citoyens qui ne sont pas encore en âge de voter. C’est des situations analogues qui ont envoyé certains  pays de la sous région et d’ailleurs dans des tourmentes aux conséquences incalculables. Cela ne vient pas qu’aux autres et nul ne peut savoir à quel moment  notre valse sera débordée.  Les politiques devraient déjà commencer par anticiper sur cette situation afin que tout ne se fasse à la va vite et la précipitation afin de mettre le pays à l’abri des déconvenues qui pourraient en découler. D’une manière ou d’une autre, c’est le gouvernement qui a le dernier mot car c’est lui qui convoque le corps électoral. Mais avant, les partis politiques ont un grand rôle à jouer dans le sens de l’animation politique.

Geoffroy Wusa

Publié dans Politique

Commenter cet article