Rencontre du ministre Abiola avec la communauté universitaire de Parakou : Les étudiants demandent à l’Autorité de nommer le prochain recteur

Publié le par L'informateur

Le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique François Abiola s’est entretenu avec les acteurs de la communauté universitaire de Parakou le samedi 24 décembre 2011 où il a écouté ces derniers sur le déroulement de l’élection du Recteur de l’Université de Parakou. Au terme de la rencontre il a été clairement prouvé que la seule liste a échoué et il revient au Ministre de tutelle de nommer le prochain Recteur de l’Université de Parakou.

Le ministre de l’enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique, le professeur François Adébayo Abiola a rencontré la communauté universitaire de Parakou ce samedi 24 décembre 2011. L’objectif de cette rencontre historique était de faire le point de l’élection rectorale qui a eu lieu le 14 décembre 2011 à l’Université de Parakou. Une occasion pour les différents acteurs de cette joute électorale de s’expliquer devant le ministre de tutelle sur  la confusion et les polémiques enregistrées au lendemain de l’échec de l’unique liste conduite par le professeur Nestor Sokpon pour le compte de ces deuxièmes électorales rectorales dans les universités publiques. Cette séance a débuté par la lecture du rapport de la commission de supervision. Le président de cette commission a présenté son rapport. Selon le Dr Sanni Doko, les élections se sont bien déroulées dans l’ensemble sans aucune perturbation. Toute fois le président de la commission a signalé un fait majeur, en l’occurrence le comportement du recteur sortant Akpona qui, le jour du scrutin a battu encore campagne pour son poulain Nestor Sokpon devant les camera. Dans son rapport, le président Doko a laissé entendre qu’il y a eu une seule liste pour les élections rectorales à l’université de Parakou. Ce qui obligeait les candidats de cette liste à avoir la majorité qualifiée c'est-à-dire les 2/3 conformément aux textes, avant  de se voir élire. Mais au terme du vote du 14 décembre 2011, la seule liste conduite par le Professeur Nestor Sokpon a obtenu 63 « oui » contre 61 « non » et 2 « abstentions ». Se conformant aux textes régissant cette élection rectorale, le président de la commission de supervision, a déclaré devant l’assistance qu’il revient au Ministre de Tutelle de nommer le Recteur vu que cette seule et unique liste a échoué. C’est après cette étape que le ministre a alors donné la parole aux membres de la liste unique et les autres composantes de l’UP. C’est le professeur Nestor Sokpon candidat au poste de Recteur qui a ouvert le bal des plaintes par des dénonciations visant à jeter le discrédit sur l’élection. Pour lui, la commission n’a pas bien joué son rôle. Ce candidat malheureux a trouvé qu’il y a eu de contre campagne. Il a insinué l’existence d’une certaine machine mise en place pour lui bloquer la voie. Le Professeur Nestor Sokpon a expliqué au Ministre Abiola qu’il y a eu des consignes de vote le jour du scrutin et qu’objectif était de tordre le coup au processus démocratique en cours dans les universités au Bénin. En lui emboitant les pas du haut de la tribune, Le professeur Marc Ayédoun a pleinement supporté son homologue de la même liste déchue en allant plus loin. Pour lui, cette question de majorité qualifiée qui obligeait sa liste à avoir 2/3 de « oui » n’est qu’une fausse note. Une astuce savamment glissée pour  empêcher leur liste de passer. Il a reproché à la commission de supervision de l’élection rectorale son impartialité. Marc Ayedoun a estimé que le président de cette commission voulait justement faire un règlement de compte. Il s’est justifié en indiquant que le président cette commission a personnellement faire la campagne. A la question de savoir pour qui, le Professeur Marc Ayedoun a répondu que le Dr Sanni Doko a fait sa campagne de façon à ce que la seule liste échoue royalement. A sa suite, la représentante du personnel s’est aussi plainte au ministre. Elle a déploré la guerre de leadership et l’autosuffisance intellectuelle qui caractérise l’équipe rectorale de l’Université de Parakou. Pour elle, la cause cette tension qu’on observe après ces élections est endogène. Elle a enfin exhorté le Ministre Abiola à trouver une solution idoine au grand bonheur de la communauté universitaire de Parakou. Le représentant des enseignants a abondé dans le même sens que le représentant des étudiants en saluant les efforts fournis par la commission de supervision qui a fait, selon lui, montre « d’une sagesse exceptionnelle ».

 Les vraies raisons de l’échec de la coalition Sokpon pour l’élection rectorale à Parakou

Prenant la parole au nom de ses pairs universitaires de Parakou, le Dr Alapini a remercié toute la communauté universitaire de Parakou. Selon cet enseignant, les résultats des urnes est la preuve tangible que la communauté universitaire de Parakou a dit « non » à l’équipe  conduite par le professeur Sokpon et ouvertement supportée par le recteur sortant Simon Akpona. Il s’est réjoui qu’au moins cette fois, la leçon est bien reçue. L’objectif de ce résultat est de faire comprendre au recteur Akpona et son équipe qu’ils ont échouée et qu’il n’est plus question de les laisser continuer de gérer les affaires rectorales de l’Up. A en croire ce dernier, c’est l’autosuffisance, le manque d’humilité, l’arrogance, l’absence d’égard et de considération vis-à-vis des collègues enseignants de l’Université de Parakou qui est à l’origine de l’échec de l’unique liste conduite par le professeur Sokpon au cours de cette élection. « …Lorsqu’on parle d’élection, cela ne signifie pas que lorsque dans une institution ou bien dans une communauté donnée ; il y a une seule liste, que cette seule liste doit nécessairement passer. Pourquoi ? Tout l’acharnement que l’on a mis, c’est pour montrer que cette liste là ne devrait pas échouer. Mais, on ne s’est jamais posé la question de savoir, où est-ce on a trébuché pour tomber ?  Ça fait dix ans que nous sommes au travail ici. Et qu’est ce qu’on a fait pendant ces dix ans ici ? Rien ! De cette période de 2006 à 2011, quels résultats peut-on retenir ? Et avant, entre 2001 et 2006 quel étape étions nous ? Ce sont des questions que nos autorités devraient se poser ? Et moi je profite de l’occasion pour dire lorsqu’il y a de cela un an et demi, le syndicat des enseignants a introduit une pétition pour destituer l’équipe rectorale sortante ; c’est le ministre qui les avait protégé. Monsieur le ministre, c’est votre faute. Parce que cette équipe était déjà désavoué un an et demi après son installation….», a déclaré le professeur Alapini qui pour la circonstance a interpellé la conscience des autorités et de tous les universitaires de Parakou. Il sera appuyé par le représentant des étudiants, M Sidi. Selon ce dernier, l’heure a été sacrifiée à ce qu’il a appelé « la triste vérité ». « Celle de la honte » a clairement martelé le représentant des étudiants de l’Université de Parakou. Pour lui, il y a trop de choses à dire de cette université. Tantôt, on parle de magouille, de la corruption etc. Il y a un problème profond, un malaise profond à l’université de Parakou, et les résultats sont là 63 Oui et 61 non. Les élections se sont déroulées dans la plus grande transparence » a-t-il déclaré devant ses professeurs et l’autorité de tutelle. Selon le porte-parole des étudiants de Parakou, la seule liste a échoué, il n’y a pas deux mots pour le dire. Aussi, a-t-il fait remarquer qu’il urge que les candidats inscrits sur cette seule liste acceptent leur défaite et cessent de ternir l’image de marque de l’Up par des revendications qui ne sont pas digne d’une université. Et  au terme des différentes interventions, le Ministre de l’enseignement supérieure s’est dit déçu par les attitudes des uns et des autres avant de les remercier très sincèrement pour leur participation à ladite séance. Pour le ministre Abiola, les différentes interventions ont donné la preuve que les élections se sont bien déroulées qu’il n’est plus question de reprendre ces élections car la communauté universitaire a décidé de rejeter la seule liste. Et il revient désormais au ministre de tutelle et aux autorités de ce pays de prendre leur responsabilité sur la suite à donner à cette élection. Tout en rassurant tous les acteurs de l’Up que le processus de démocratisation des universités au Bénin suit toujours son cours, le Ministre Abiola a promis revenir très prochainement leur faire part de la suite à donner à l’élection de l’Université de Parakou. En attendant, l’ancien recteur de Parakou reste au poste jusqu’à la nomination du prochain recteur de l’Up.

Vivien Mitchaï

Publié dans Actualité

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