Monnaie unique pour l’Afrique en 2020 : Juste des rêves !

Publié le par L'informateur

On attendait d’eux l’élection d’un nouveau président de commission ou tout au moins la reconduction de l’actuel Jean Ping. Incapable de satisfaire cette attente légitime des peuples d’Afrique, ils ont lancée une idée grandiose de création de la monnaie unique de l’Afrique à l’horizon 2020.

L’histoire sonne anachronique et contre courant. Et pour cause !

Pour arriver à instaurer une monnaie unique, il faudra satisfaire des minima économiques tout au moins de réduction du déficit intérieur des budgets des 53 pays membres de l’Union africaine mais aussi et surtout la fixation d’un niveau maximum de 3% d’inflation. Ceci n’est envisageable qu’avec des Etats dont les gouvernements réussissent tout au moins à équilibrer leurs budgets en recettes et dépenses. Ces Etats doivent pouvoir avoir une économie qui puisse soutenir la monnaie face à la pression des monnaies étrangères. Bref un certains nombre d’agrégats que les économies africaines n’arrivent pas encore à se fixer comme objectif. Bien entendu que les difficultés liées à la gestion des problèmes de famine, d’assistance financière étrangère et autres principes économiques qui dénotent bien du retard qu’accusent les économies africaines sur l’économie mondiale.

Si ce désir de création d’une monnaie unique pour l’Afrique était juste une envie de copier l’Union européenne, les chefs d’Etat sont suffisamment informés pour savoir que l’Europe, plus structurée, plus indépendante, plus responsable peine à s’imposer des minima économiques. Au moment où beaucoup d’Etat africains peinent à rassembler leur peuple autour de projet de développement, il est illusoire de poser des échéanciers comme celle de création d’une monnaie unique.

Qu’une telle idée arrive à être lancée laisse en plus de tout à désirer. Cela laisse croire que les rencontres des chefs d’Etat aux sommets de l’Union africaine sont plus des rencontres de bavardages et rêveries que des séances de réflexions responsables et sérieux. Il y a quelques années, les nations unis ont adopté les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). L’horizon 2025 a été retenu. Et si le monde est presque sûr de na pas atteindre ces objectifs, c’est surtout parce que les Etats africains sont incapables d’atteindre ces objectifs. Il importe de se souvenir que pour ces Omd la communauté internationale a mobilisé d’énormes ressources financières qui sont mises à la disposition de chaque Etat selon ses capacités à les consommer. Malgré tout cela l’Afrique peine à se mettre au pas.

Des négociations de coulisses peu encourageantes

« L'Union africaine (UA) a décidé de créer un Institut monétaire en Afrique pour étudier les politiques à mettre en œuvre avant la création d'une Banque centrale africaine et d'une monnaie unique pour tout le continent en 2020, a déclaré lundi le commissaire aux Affaires économiques de l'UA, Maxwell Mkwezalamba.
Le commissaire aux Affaires économiques de l'UA a déclaré que la Banque centrale africaine dont le siège sera établi au Nigeria, permettra à la plupart des pays africains de commercer librement et va contribuer à réduire les pertes relatives aux taux de change. Un groupe d'experts de l'UA travaille actuellement pour développer des stratégies afin de créer la Banque centrale continentale et des plans plus drastiques de convergence économique sont en cours d'élaboration. L'Institut monétaire d'Afrique sera le fer de lance des études sur les repères clés qui doivent être fixés avant qu'une feuille de route ne soit convenue sur la monnaie unique et la Banque centrale. "Une Banque centrale africaine n'est pas une chose facile. Le projet doit obtenir l'adhésion de tous les pays sur cette question car elle implique une certaine perte de souveraineté. Nous avons des discussions houleuses avec l'Association des gouverneurs des Banques centrales africaines sur la question", a déclaré M. Mkwezalamba aux journalistes.

S'exprimant en marge de la réunion des Représentants permanents de l'UA (COREP) qui s'est ouverte lundi pour discuter des préparatifs du sommet des chefs d'Etat (29-30 janvier), le responsable de l'UA a déclaré que des mesures de sanctions doivent aussi être convenues avant la création de la Banque centrale.

"Nous devons nous accorder sur les critères de convergence économique, un ratio de déficit budgétaire de 3% et des objectifs d'inflation à accepter et la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux", a-t-il déclaré.

Le projet d'une Banque centrale africaine intervient après les problèmes causés par la crise de la dette européenne qui devrait affecter les économies africaines sur une grande échelle en raison des liens commerciaux entre les deux continents. "Nous avons retenu de la crise de la dette européenne la leçon suivante: la nécessité d'une Banque centrale africaine et de la monnaie unique. Notre travail sur cette banque prendra en considération ces questions", a souligné le commissaire aux Affaires économiques de l'UA» selon l’agence de presse PANA.

Au total, le souhait de  création d’une monnaie unique ne saurait occupée l’esprit des chefs d’Etats africains.

Claude ALOFA

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