Lépi contestée et lois électorales rejetées : A quand la mise en place de la Céna ?

Publié le par L'informateur

Le peuple béninois ira-t-il à la présidentielle de 2011 avec la Lépi ? Nul ne peut prétendre connaître la réponse. Mais avec quelle loi électorale ira-t-il aux urnes ? Bien malin qui saura le dire. On assiste à un véritable dialogue de sourds entre l’Assemblée nationale de M. Mathurin Nago et la Cour constitutionnelle de M. Robert Dossou. La  Liste électorale permanente informatisée (Lépi) est  contestée à l’étape actuelle. Les lois électorales sont  cassées  à maintes reprises. Mais à quand la désignation et l’installation des membres de la Commission électorale nationale autonome (Céna) ? Une question cruciale laissée aux oubliettes. Mais la session budgétaire s’ouvre bientôt à l’Assemblée nationale.  Une autre bataille va s’ouvrir autour des 1100 milliards de francs Cfa du budget de 2011. Et le délai de la mise en place de la Céna en souffre !

En effet, la loi est claire sur la question. Les membres de la Céna sont désignés et installés à six (06) mois avant les élections. La présidentielle prochaine aura lieu en mars 2011. On est alors à cinq (05) mois de cette échéance électorale.  Mais la Commission électorale nationale autonome (Céna) n’est pas encore mise en place. On est entrain de violer la loi sans état d’âme. Seulement que  personne ne s’en soucie outre mesure. La mouvance et l’opposition se livrent à une guerre sans merci autour  de la Lépi et des lois électorales. Le temps passe et la polémique s’en passe.

 Soutenue par une frange de la population, l’opposition conteste la manière dont la Lépi est conduite. Les irrégularités relevées au cours de l’enregistrement des donnés biométriques dans le département de l’Ouémé/Plateau ont confirmé les observations des contestataires. Il s’agit de l’envoi des kits défectueux sur le terrain, la disparition des noms des électeurs des bases de données et  la substitution des kits.  Sur ce, les milliers de militants  de l’Union fait la nation (Un) sont descendus dans les rues à Pobè et à Porto-Novo pour dire non à une Lépi aux couleurs Fcbe. Sous l’égide du chef de file de l’opposition Me Adrien Houngbédji, ils ont dénoncé une Lépi «truquée, tronquée, bâclée» et mise au service du pouvoir.

En tout cas, la réplique ne s’est pas fait attendre. Les  adeptes du «changement» réunis au sein des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ont battu le macadam à Porto-Novo pour dire oui à la réalisation de la Lépi.   Sous la houlette de la présidente de la commission des lois à l’Assemblée nationale Mme Hélène Aholou Kèkè, ils ont encouragé le superviseur général de la Cps/Lépi Nassirou Arifari Bako à conduire le processus à terme. La représentante du Pnud Nardos Thomas Békélé et l’Ambassadeur de la France Hervé Besancenot ne souhaitent pas mieux.

 

La Céna n’est toujours pas installée à 5 mois de la présidentielle

Loin de la polémique autour de  la Lépi, le nombre des membres de la Commission électorale nationale autonome (Céna) ne fait non plus l’unanimité. Les députés de l’opposition ont réduit de 17 à 11 le nombre des membres de cette institution en charge de l’organisation des élections au Bénin. La caution présidentielle est porté de 15 à 100 millions de francs Cfa. Ces  modifications des textes électoraux  n’ont  pas reçu l’adhésion des députés de la mouvance qui ont saisi la Cour constitutionnelle de Robert Dossou.  Autant de fois soumises à la Cour constitutionnelle, les lois électorales ont été autant de fois cassées sans commune mesure.  Les  sept (07) sages semblent faire le jeu du pouvoir Boni Yayi, estime l’opposition. Le président Robert Dossou n’ont pas cédé à la pression. Soumises aux législateurs pour une relecture, les lois électorales  sont restées à l’état. Curieusement, la Cour constitutionnelle recasse ces lois  qui, dit-elle, ne sont  pas conformes  à la Constitution du Bénin.

Somme toute, le temps presse mais les acteurs ne se pressent pas dans le cadre de la présidentielle prochaine. Sinon, comment interpréter la polémique autour de la Lépi  et des  lois électorales. Entre la contestation de la Lépi et le rejet des lois électorales, le peuple croise les bras.  La mise en place  de la Céna  se fait toujours attendre. Surtout, l’autre problème est que la session budgétaire va s’ouvrir à l’Assemblée. Les députés n’auront pas le temps matériel pour discuter des désignations des membres de la Céna. Les attentions des parlementaires vont se focaliser sur les 1100 milliards de francs Cfa du budget exercice 2011. Le pire est à craindre, estiment les observateurs politiques.

Aziz IMOROU

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