Enlisement de la grève dans l’enseignement : Les grévistes obligés d’interdire l’accès des établissements aux élèves

Publié le par L'informateur

Hier, le Collège d’enseignement général (Ceg) « Le Plateau » a été le lieu d’un spectacle qui aurait pu tourner au drame n’eût été l’esprit pacifique dont ont fait preuve élèves et commerçantes de l’établissement. De quoi est-il question ?

Des élèves avaient cours dans l’établissement à 7 heures du matin déjà. Ceux-là étaient dans les classes et sur les terrains de sport avec certainement leurs professeurs vacataires. En effet ces professeurs eux sont des honoraires et donc ne peuvent se permettre le luxe de participer au débrayage des classes observé par les enseignants agents permanents de l’Etat. Mais ils ont été surpris par les envoyés des enseignants grévistes qui avec des cris violents demandaient l’arrêt des cours et surtout le déguerpissement de l’enceinte de l’établissement. Avec les bruits organisés par les vandales, les enseignants vacataires et les élèves ont dû purement et simplement ramassé et plié leurs affaires pour vider les lieux.

Pire a été la situation des femmes qui ont pour commerce de vendre à manger aux élèves et enseignants de l’établissement. Elles ont été purement et simplement boutées hors de l’établissement. La cruauté de ces envoyés des enseignants grévistes n’a pas tenu compte du fait que ces femmes ont utilisé de l’argent pour préparer ces mets qu’elles ne pourront plus vendre. Les conséquences de cette mévente vont certainement être ressenties par de nombreuses familles et pendant plusieurs jours.

Sur le terrain la tension est montée. Les élèves se sentent agacés par ce qui se passe. Que les enseignants se mettent en grève, ils ne peuvent rien contre cela, mais ils disent ne pas comprendre qu’on leur interdise l’accès aux salles de classe et même à l’établissement alors que leurs professeurs vacataires sont sur les lieux et prêts à leur donner les cours.

Grève ou vandalisme ?

La grève est reconnue comme droit en République du Bénin. Mais l’arrêt de travail ne doit pas être forcé. Le pire est qu’il est interdit lors des grèves que les grévistes bloquent d’autres acteurs de la société dans l’exercice de leurs fonctions. Lorsque ces principes élémentaires ne sont pas respectés, l’autorité est obligée d’intervenir pour que force reste à la loi.

Le défaut de prise de ses responsabilités par l’autorité pour assurer la sécurité des personnes qui ne font pas la grève, il y a des risques que le pire survienne au Ceg « Le Plateau ». Pour un collège réputés pour son insécurité il est de l’intérêt de tous que des dispositions soient prises pour maîtriser la situation.

Risque d’un embrasement généralisé

Aux dernières nouvelles, le Ceg Houèto connaîtrait les mêmes situations. Les enseignants grévistes auraient même pris des dispositions pour que leurs collègues vacataires se joignent au débrayage. La potion magique consiste à les faire émarger pour leurs heures habituelles de cours afin qu’ils ne perdent rien.

Le bruit qui coure dans la plupart des établissements permet de dire que la situation est la même partout.

Les parents d’élèves menacent aussi d’accompagner en personne leurs enfants dans les écoles. Quelle suite logique doit-on espérer ?

Vivien MITCHAÏ

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