Election présidentielle de 2011 : Icc-Services : un os dans la gorge de Yayi

Publié le par L'informateur

S’il est un dossier qui va peser lourd dans la balance lors de la fatidique élection présidentielle de 2011, c’est bien l’affaire Icc-Services. Il s’agit de cette vaste escroquerie du siècle qui a plongé des dizaines de milliers de Béninois dans le désarroi total. Une histoire de placement d’argent protégé par le pouvoir central (même si les changeurs s’en défendent) mais qui a mal tourné au grand dam des populations spoliées.

 Il est vrai qu’au sommet de l’Etat, on parle de moins en moins de cette affaire. Après le limogeage du ministre Armand Zinzindohoué, l’arrestation du Procureur général Constant Amoussou et le mémorandum de l’ex-ministre de l’intérieur qui dit tout le contraire du discours de dédouanement de l’Exécutif et de son chef dans cette forfaiture, c’est le silence radio. Les membres des nombreux comités et commissions mis en place pour gérer ce dossier ont subitement perdu leur latin. Le remboursement des spoliés après les opérations de recensement qui, du reste, ont été un autre fardeau pour les populations, est toujours à l’étape des multiples effets d’annonce dont le gouvernement du changement a seul le secret. On n’entend officiellement plus rien sur le sort que le gouvernement, à travers les commissions qu’il a créées, réserve à l’argent récupéré chez la bande à Guy Akplogan, Emile Tégbénou et consorts. Plus rien non plus sur les biens matériels saisis. Disons d’emblée que l’assurance de remboursement dont le gouvernement a gavé les victimes de cette escroquerie, s’étiole chaque jour que Dieu fait. Parallèlement, les dernières semaines du quinquennat de Boni Yayi s’égrènent aussi. Et les spoliés de Icc-Services à qui il a été miroité l’espoir de remboursement, tels des chrétiens attendant le retour du Christ, ont leurs yeux rivés vers le ciel, l’air désemparé. De leur côté, la menace est de plus en plus grande. Déjà floués en octobre dernier parce que la promesse de remboursement avant la rentrée des classes n’a pas été tenue, les spoliés de Icc-Services nourrissent dorénavant l’espoir d’être remboursés tout au moins avant les fêtes de fin d’année. Le compte à rebours a déjà commencé. Dans moins de 4 semaines, c’est déjà la fête de Noël. Nous venons d’amorcer le dernier mois qui conduit droit à la Sainte Sylvestre. Et beaucoup sont ceux qui espèrent de ce côté-là pour bien passer ces fêtes.

 

La bataille de 2011

Il n’y a pas que les fêtes de fin d’année qui s’annoncent à grands pas. Les échéances législatives et présidentielles aussi sont à nos portes. Et il n’y a visiblement pas de discours pour convaincre les milliers de Béninois grugés dans cette affaire de Icc-Services à orienter leur vote en faveur des gouvernants actuels qui, malgré tout, n’ont pas pu se dédouaner de leur complicité dans ce dossier de centaines de milliards. C’est dire que l’affaire Icc-Services est un os pointu dans la gorge du président Boni Yayi ; lui qui cache mal son obsession à briguer un second mandat. Sur le dossier, certaines langues préparent déjà l’opinion à accepter une éventuelle incapacité du gouvernement qui a fait de ce dossier privé son affaire, à honorer sa promesse vis-à-vis des spoliés. Il se susurre dans certains milieux que pour rendre effectif le remboursement des spoliés de Icc-Services, il faut se battre pour donner un second mandat au président Boni Yayi.  Cet argument fait déjà des remous au sein des victimes de ce plan d’escroquerie qui a alourdi la note de réprobation du régime du changement. Icc-Services reste collé à la peau de Yayi telle une sangsue. Malgré tout…

Ignace SOGLO

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