Jeu de ping-pong entre l’Assemblée et la Cour à propos des lois électorales : Le député Ahouanvoébla dénonce les manœuvres de Nago et Aholou-Kèkè

Publié le par L'informateur

Maintes fois envoyées à la Cour constitutionnelle, les lois électorales 2010-33 et 2010-34  des prochaines élections sont autant de fois cassées sans commune mesure. Se prononçant sur cette situation, le député Augustin Ahouanvoébla a dénoncé, hier, au siège de l’Union fait la nation (Un)  la main invisible du président Mathurin Nago et de l’honorable Fcbe Hélène Aholou Kèkè dans ce jeu de ping-pong entre l’Assemblée nationale et la Cour constitutionnelle de Robert Dossou.    

En effet, l’honorable Augustin Ahouanvoèbla accuse à tort ou à raison le président Mathurin Nago de faire le jeu du gouvernement Boni Yayi. «Il y a une volonté manifeste de détruire la démocratie béninoise…», regrette-t-il amèrement. Pour lui, chaque fois, la Cour constitutionnelle demande des compléments d’informations à l’Assemblée nationale pour statuer sur la conformité ou non des lois. Mais le message ne circule pas au parlement. Le président de l’Assemblée nationale Mathurin Nago et la présidente de la commission des lois  Hélène Aholou-Kèkè envoient  alors à la Cour  les informations favorables à la mouvance présidentielle. «Le président Nago met l’embargo sur les informations. Il associe uniquement  l’honorable Aholou Kèkè à son jeu. Alors, ils transmettent à la Cour des informations qui arrangent les Fcbe. Et sur la base de fausses informations, ils manipulent la Cour qui casse  les lois électorales sans gène… », s’indigne le bouillant député qui souhaite que cette mal donne change.  «Je souhaite que le président Nago associe désormais au moins les présidents parlementaires  à la transmission des compléments d’informations à la Cour constitutionnelle… », suggère Augustin Ahouanvoébla.

En tout cas, le lieutenant de Me Adrien Houngbédji  met en garde tous ceux qui vont encore manipuler la  Cour constitutionnelle au sujet des lois électorales mises en conformité le mardi dernier. Il a expliqué  que la caution de 100 millions de nos francs exigée à tout  candidat présidentiel est maintenue. Il en est de même pour le nombre de  99 députés proposé dans le cadre de la prochaine législature. Idem pour la Céna qui est  composée de 11 membres. «Ce serait de mauvais goût que la Cour se substitue à l’Assemblée.  La fonction présidentielle est respectable et respectée. On ne peut plus permettre à n’importe qui de venir se présenter à l’élection présidentielle au Bénin. Pour ce faire, il faut maintenir la caution à 100 millions. En ce qui concerne le choix des 99 députés, le parlement s’est basé sur le poids démographique béninois. On a élu 83 députés  sur la base du recensement de la population de 2002. Mais la population a évolué. Mais une  Céna de 11 membres est la meilleure…», laisse entendre Augustin Ahouanvoébla.  Selon lui, la Cour ne peut pas casser les lois électorales mises en conformité sur la base de l’insuffisance de ressources. Le Bénin dispose des ressources qui permettent de supporter les 99 élus de la nation. Et contrairement à l’exécutif, le législatif a un budget autonome.

Concernant la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), le député a démontré qu’il n’est plus possible d’aller aux élections de 2011 avec cet outil électoral. Pour lui, sur la base de la loi 2009-10 en son article 31, la Lépi doit être établie au plus tard 60 jours avant le scrutin. On n’a plus alors le temps matériel qu’il faut en la matière. La Liste électorale informatisée provisoire (Léip) prévue à l’article 30 a aussi du plomb dans l’aille. «Il y a plus de 93000 électeurs inscrits dans les cahiers dans l’Ouémé. Il y a encore  des milliers d’électeurs non pris en compte dans tous les départements parcourus. Mais quand ces milliers de citoyens seront-ils enregistrés ? En dehors de tout cela, le crucial problème  de doublonnage reste entier… », précise l’ami politique de Eric Houndété.

En tout état de cause, le président Robert Dossou saura rester au dessous de la mêlée pour éviter d’écrire les pages sombres de l’histoire démocratique béninoise.  La Cour constitutionnelle ne doit pas distinguer là où la loi ne distingue pas.

Aziz IMOROU

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