Yayi aux trousses de ses anciens collaborateurs : Armand Zinzindohoué, Jérôme H. Dandjinou et Cyriaque Atti-Mama dans le viseur

Publié le par L'informateur

Le conseil des ministres du mercredi 20 juillet a démontré une fois encore que plus rien ne sera comme avant. La gestion faite par les cadres nommés à des postes de responsabilité est passée au scanner par les agents de l’inspection générale d’Etat. Et les résultats tombent à compte goûte mais ils sont révélateurs de la situation de dégénérescence morale des cadres béninois, du moins ceux-là qui sont épinglés à ce jour. En tout cas les personnes les plus respectables et les moins suspectes sont tombées dans le panneau. Qui l’eût cru ? Jérôme H. DANDJINOU et Cyriaque ATTI-MAMA seront sanctionnés pour mauvaise gestion ou complicité de mauvaise gestion. Ils avaient pourtant été présentés pendant longtemps comme des cadres compétents et irréprochables. Compétents ? Peut-être ! Mais irréprochables ? Le communiqué de ce conseil des ministres dit tout le contraire. « Le Ministre de l’Economie et des Finances et le Ministre Délégué auprès du Président de la République Chargé de l’Economie Maritime, des Transports Maritimes et des Infrastructures Portuaires à prendre des mesures disciplinaires conformément aux textes en vigueur  à  l’encontre des différents acteurs impliqués dans la gestion de ce dossier afin d’éviter la réédition de tels agissements. Il s’agit notamment : des Directeurs Généraux à l’époque des faits, Messieurs Jérôme H. DANDJINOU et Cyriaque ATTI-MAMA ; du Président du Conseil d’Administration du Port Autonome de Cotonou (PAC) au moment de la passation du marché et de la signature des contrats avec la Société PALMARES de la période d’avril 2008 à mars 2010, Monsieur Armand ZINZINDOHOUE ; de l’ex-Directeur National des Marché Publics, Monsieur Isidore K. TOSSOU.

Le Conseil des Ministres a instruit le Ministre Délégué auprès du Président de la République Chargé de l’Economie Maritime, des Transports Maritimes et des Infrastructures Portuaires à l’effet de faire renouveler le Conseil d’Administration et de transmettre le dossier à l’Agent Judiciaire du Trésor pour l’avis juridique dans la perspective des poursuites à engager à l’encontre des intéressés» dit le relevé du conseil des ministres de ce 20 juillet.

Pour ce qui est de l’ancien ministre Armand Zinzindohoué, les choses semblent s’empirer. L’homme était déjà présumé coupable dans le dossier Icc-Services et consorts. A l’époque le chef de l’Etat avait envoyé à l’assemblée nationale une demande de levée de l’immunité et d’envoie à la Haute Cour de justice. A l’époque aussi le ministre avait écrit un mémorandum pour se défendre et accuser le chef de l’Etat, le président Boni Yayi. Avec les nouvelles affaires qui sont soulevées contre lui, on doit se demander si ce sera encore l’occasion d’autres déballages et d’autres contre-accusations.

A y voir de très près, le président Boni Yayi lui est décidé à revoir la gestion faite par ses anciens collaborateurs à qui il avait fait confiance à la tête de certaines sociétés d’Etat et à d’autres postes de responsabilité.

Le feuilleton ne fait que commencer. Avis aux amateurs de grands suspens ! Ils seront servis. (Lire le communiqué du conseil des ministres)

 

Claude ALOFA

 

Extrait du communiqué du conseil des ministres

(…) Le Conseil des Ministres a aussi examiné et approuvé le compte rendu des travaux de la Commission d’enquête créée par le décret n° 2010-100 du 26 mars 2010, chargée de la vérification des conditions de passation et d’exécution du contrat de confection de cartes d’accès sécurisées et mise en place de dispositifs de contrôle automatique des accès piétons et véhicules au Port Autonome de Cotonou (PAC).

En effet, suite aux informations persistantes qui lui sont parvenues courant le mois de mars 2010, au sujet du caractère non transparent des conditions dans lesquelles a été passé et s’exécute le marché de Confection des cartes d’accès sécurisées et de mise en place de dispositifs de contrôle automatique des accès piétons et véhicules au Port Autonome de Cotonou (PAC), notamment des cas de détournements de fonds au sein de cette structure, le Président de la République a dépêché la Commission d’enquête suscitée dans cette entreprise d’Etat pour vérifier le bien-fondé desdites informations.

La décision du Chef répond à son souci permanent d’instaurer la meilleure gouvernance au sein des entreprises publiques afin d’accroître leur performance et relever sensiblement leurs capacités contributives aux efforts de construction nationale dans un contexte où le budget national est essentiellement fiscal.

De l’examen de ce compte rendu, il ressort qu’aucun indice formel ne permet de confirmer les allégations faisant état d’acte de détournement de fonds. Toutefois, la commission a relevé que la gestion du dossier nonobstant le prétendu souci d’éviter le déclassement du Port Autonome de Cotonou (PAC) par les gardes côtes américains, a été conduite dans des conditions qui ne sont pas de nature à préserver les intérêts financiers du Port Autonome de Cotonou (PAC), voire de l’Etat béninois.

Le projet de contrôle d’accès au Port Autonome de Cotonou (PAC) retiré précipitamment du Programme MCA-Bénin, qui devait en assurer le financement, par les Autorités portuaires pour le financé sur fonds propres sous le prétexte de conformité immédiate exigée par les gardes côtes américains au Code International de Sureté et de Sécurité Portuaires (Code ISPS), a fait l’objet du contrat de marché n°494/MEF/MDCTTP-PR/PAC/DNMP/SP du 30 mai 2008 qui comporte deux volets.

Les deux volets ont été marqués par de graves insuffisances dans les différentes phases de la conclusion et de l’exécution de ce contrat de marché à savoir :

- le défaut d’études de faisabilité préalables à la conclusion du contrat ;

- la non pertinence des motifs évoqués pour recourir à la procédure de gré à gré ;

- la gestion quasi exclusive du dossier ;

- le manque de suivi, la complaisance, voire la démission du Conseil d’Administration dans la gestion de ce dossier ;

- la non communication par la Société PALMARES, attributaire du contrat de toutes les informations utiles relatives à l’objet dudit contrat au maître d’ouvrage, le Port Autonome de Cotonou (PAC) ;

- la déconnection entre la formulation de l’objet et les prestations contenues dans le contrat n°494/MEF/MDCTTP-PR/PAC/DNMP/SP du 30 mai 2008.

En approuvant ce compte rendu, le Conseil des Ministres a instruit :

- le Ministre Délégué auprès du Président de la République Chargé de l’Economie Maritime, des Transports Maritimes et des Infrastructures Portuaires aux fins de :

§     inviter la Société PALMARES à réaliser l’effectivité de l’automatisation autonome du dispositif des portails automatiques conformément à l’objet du contrat pour parachever ce projet. La société PALMARES devra s’exécuter sous huitaine après sa saisine par le Port Autonome de Cotonou (PAC) et informer ce dernier des diligences faites à cette fin ;

§     remettre en l’état et sans aucune servitude tous les sites, réalisations et informations au titre de la sécurisation des accès du Port Autonome de Cotonou (PAC) au MCA-Bénin afin de permettre à notre pays de bénéficier de la contrepartie du marché à coût forfaitaire en cours d’exécution par ce Consortium UTL/SPML ;

§     faire engager par le Directeur Général du Port Autonome de Cotonou (PAC) des poursuites en cas de refus de la Sociétés PALMARES de s’exécuter pour d’une part, faire rembourser les montants indûment perçus au titre de l’automatisation effective et autonome du système et de faire d’autre part, déclarer par l’Autorité compétente la Société PALMARES inéligible au marché publics en République du Bénin ;

§     procéder à une refondation de la gouvernance du Port Autonome de Cotonou (PAC) afin de permettre à cet outil de développement de jouer pleinement son rôle de poumon de l’économie nationale ;

§     procéder au renouvellement des membres du Conseil d’Administration du Port Autonome de Cotonou (PAC) et de transmettre le dossier à l’Agent Judicaire du Trésor dans la perspective des poursuites à engager.

-                      Le Ministre de l’Economie et des Finances et le Ministre Délégué auprès du Président de la République Chargé de l’Economie Maritime, des Transports Maritimes et des Infrastructures Portuaires à prendre des mesures disciplinaires conformément aux textes en vigueur  à  l’encontre des différents acteurs impliqués dans la gestion de ce dossier afin d’éviter la réédition de tels agissements.

Il s’agit notamment :

1- des Directeurs Généraux à l’époque des faits, Messieurs Jérôme H. DANDJINOU et Cyriaque ATTI-MAMA ;

2- du Président du Conseil d’Administration du Port Autonome de Cotonou (PAC) au moment de la passation du marché et de la signature des contrats avec la Société PALMARES de la période d’avril 2008 à mars 2010, Monsieur Armand ZINZINDOHOUE ;

3- de l’ex-Directeur National des Marché Publics, Monsieur Isidore K. TOSSOU.

Le Conseil des Ministres a instruit le Ministre Délégué auprès du Président de la République Chargé de l’Economie Maritime, des Transports Maritimes et des Infrastructures Portuaires à l’effet de faire renouveler le Conseil d’Administration et de transmettre le dossier à l’Agent Judiciaire du Trésor pour l’avis juridique dans la perspective des poursuites à engager à l’encontre des intéressés. (…)

 

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