Victor Topanou à propos de son ralliement à l’opposition : « Je ne veux pas cautionner la dictature du développement »

Publié le par L'informateur

Le président du Front uni pour la République (Fur) refuse de donner une caution à la « dictature du développement » du chef de l’Etat. Une position qui justifie son ralliement à l’opposition.

Topanou ne cache pas son opposition farouche à Yayi, son ancien maître. Il entend lutter contre les dérives du régime en place pour l’enracinement de la démocratie.

Le numéro 1 du Front uni pour la République fait partie des anciens ministres de Yayi qui tirent à boulets rouges sur le gouvernement. Cette position de l’ex-garde des sceaux étonne plus d’un des Béninois. Le président du Fur ne manque pas, en tout cas, d’arguments pour justifier son acte. Le motif est tout simple.

« Je ne veux pas cautionner la dictature du développement », a précisé, hier sur Canal 3, l’ancien ministre de la justice et des droits de l’homme du gouvernement Boni Yayi.

L’ex- ministre a expliqué que son revirement n’est pas un orgueil. Il a rappelé que certains anciens ministres sont restés fidèles à Boni Yayi. Si, lui, il fait le contraire, il a ses raisons. Encore que d’autres anciens sont rentrés en opposition au régime. Topanou choisit de faire l’opposition pour ne pas favoriser l’enracinement de la dictature, qu’elle soit du développement, au Bénin.

Les résultats escomptés du changement ne sont pas atteints, à l’en croire. L’ex-grade des sceaux a démontré que la « marche verte » de Yayi contre la corruption n’a servi à rien. Sinon, cette marche a favorisé la multiplication des scandales financiers au sommet de l’Etat. Le numéro 1 du Fur met l’accent sur le rocambolesque dossier Cen-Sad de plusieurs milliards de francs Cfa.

Topanou condamne les privilèges accordés aux candidats de certaine région du pays dans le cadre de l’organisation des concours dans la fonction publique. Il trouve anormal que des gens aient 6 de moyenne pour réussir, au moment où d’autres échouent avec15 de moyenne.

Le président du Front uni pour la République dénonce un certain régionalisme au sommet de l’Etat. Il précise que le Bénin n’a pas voté, en 2006, pour un tel changement. Il promet de mener le combat politique pour le respect des normes démocratiques.

Le professeur Victor Topanou, ancien conseiller du chef de l’Etat, a occupé le poste du ministre de la justice dans le gouvernement de Boni Yayi I. Le président de la République l’a sorti, entre temps, de son gouvernement.

Le patron du Fur a déclaré alors son opposition au chef de l’Etat. Mieux, Victor Topanou s’est présenté, en 2011, à la présidentielle contre son ancien maître. Le K.O de Yayi intervenu au premier tour de l’élection a brisé le rêve de tous les opposants au régime.

L’échec présidentiel n’a rien enlevé à la détermination de l’ex- porte-parole du gouvernement Boni Yayi. Il a fait dos à ses anciens alliés pour créer le Fur. Tout en combattant le régime, Topanou met le cap sur l’élection présidentielle de 2016.

Aziz IMOROU

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