Transition à la tête de l’Institution consulaire au Bénin : Comment Pierre Zocli gagne bien sa vie à la Ccib

Publié le par L'informateur

Le président de la Commission spéciale de transition de la Chambre d’industrie et du commerce du Bénin (Ccib) lors de son passage sur une chaîne de télévision dimanche dernier laissait croire qu’il faisait du bénévolat  à la tête de l’institution consulaire. Pour l’heure, on n’a pas la preuve qu’il gagne un salaire. Mais toujours est-il qu’il gagne beaucoup d’argent depuis qu’il est dans ce rôle. Par ces temps de crise économique, on ne saurait mieux gagner sa vie.

« Les fonctions de membres de la Commission Spéciale transitoire sont bénévoles. Toutefois, ils ont droit aux frais de transport et de représentation aux séances. Ils sont entièrement pris en charge par la Chambre au cours des missions officielles ». Ainsi donc, l’article 14 de l’arrêté n°460/Micpme/Dc/Sgm/Sa concède des droits aux membres de la Commission spéciale transitoire. Pierre d'Alcantara Zocli et les siens sont donc autorisés à percevoir quelques cachets dans le cadre de leur déplacement, de même que des frais de représentation lors des sessions.  A la réalité, ce n’est pas grand-chose. Selon nos sources d’information, ce n’est pas une fortune. Par exemple pour les frais de représentation, juste 50 000F. Mais là où cela peut paraître une fortune, c’est que si on paie par exemple les 50 000F par jour, l’enveloppe peut bien être épaisse si la Cst/Ccib travaille tous les jours ouvrables dans le mois.

Les seconds frais prévus par le même article 14 sont relatifs aux frais de transport. Par mois, le président Pierre d’Alcantara Zocli perçoit 200 000F contre 130 000 pour la plupart des autres membres de la Cst. Tous ces frais ont un caractère légal. C’est donc à juste titre qu’il les perçoit. Question : pourquoi alors continuer par déclarer à la face du monde qu’il est en train de faire du bénévolat à la tête de la Cst ?

Mais plus grave, c’est que le président s’est autorisé d’autres facilités non prévues par les textes. Comme par exemple les « frais exposés ». Le président reçoit 350 000F par mois à cet effet. Peut-être, on dira que l’ancienne équipe percevait ces frais. Mais les textes qui régissent la Cst ne les prévoient pas. En plus, M. Zocli laisse croire qu’il ne fait que du bénévolat à la faveur de la mission à lui confiée.

Par ailleurs, au delà des frais de représentation, il perçoit également des frais de participation. Ces frais sont payés par jour. A raison de 50 000F par jour.

Le comble est que M. Zocli perçoit également des frais dits « indemnités d’usure du véhicule ». Par mois, il est à plus du million. Or, c’est pour éviter ces frais que l’arrêté a prévu des frais de transport.

Ainsi donc, M. Zocli gagne à la tête de la Cst/Ccib plus de 2 millions si les frais de représentation sont multipliés par 15 dans un même mois.

Que dire finalement des provisions de voyage du président de la Cst/Ccib ?

Selon nos sources d’information, si le président voyage en direction de l’Europe ou de l’Amérique, la provision de voyage peut atteindre 5 000 000F Cfa ; sans compter les frais d’achat de billet d’avion et autres frais de mission. Faut-il le rappeler, le président Zocli est actuellement en direction de la Turquie pour une réunion de la Chambre islamique.

En dehors des frais de transport et de séance, les textes actuels n’ont pas prévu tout ce que M. Zocli perçoit. Mais il faut reconnaître que c’est la pratique avant qu’il ne soit aux commandes. Un président d’une telle institution doit travailler dans des conditions minimales, même s’il est venu pour faire des réformes. Mais qu’on cesse de faire croire qu’on fait du bénévolat alors que ce n’est point la réalité.

Laurent Akouêyikou

Publié dans Société

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