Suspension du Pvi : Comment le gouvernement a fait perdre inutilement des milliards au trésor public

Publié le par L'informateur

La mise en œuvre du programme de vérification des importations n’a pas été  faite sans préjudices pour les caisses de l’Etat. Face aux grèves perlées des douaniers, la flambée des prix, et la résistance de certains acteurs portuaires, les caisses de l’Etat a subit une saignée financière énorme qui se révèle de nos jours inutile.

La suspension du Programme de vérification des importations (Pvi) intervenue la semaine dernière continue de tarauder les esprits quant aux raisons qui justifient ce basculement dans les reformes portuaires. Avec les milliards de francs qui ont échappé au trésor public, l’on peut penser que les raisons qui motivent une telle décision sont plus profondes que celles avancées officiellement par le gouvernement. Au lendemain de la mise en œuvre du Pvi, les douaniers ont entamé une grève illimitée qui n’est pas sans conséquences sur les ressources de l’Etat. Selon les cadres du ministère de l’économie et des finances, une journée de grève des douaniers coûtent des centaines de millions ou simplement près du milliard à l’Etat.  Avec plus d’une dizaine de jours de grève, les ressources ayant échappées à l’Etat  peuvent être évaluées à des milliards de francs Cfa. En son temps, l’on ne pouvait pas trop en regretter car l’espoir se pointait à l’horizon.

« Avec le Pvi, les faux frais, les tracasseries et les pertes seront conjugués au passé. Le port de Cotonou sera plus compétitif Les marchandises destinées aux pays de l’hinterland seront suivies, on aura plus les fausses déclarations, les conteneurs seront passés au scanner et l’on verra réellement ce qu’ils contiennent ». Ce sont des propos de l’ancien ministre de la reforme  portuaires qui nourrissaient de l’espoir malgré les grèves coûteuses des douaniers. Les réformes ont un prix. Et le prix à payer, c’était ces grèves et les tournées de sensibilisations organisées à travers toute l’étendue  du territoire national. Les frais de missions et autres indemnités accordés aux membres d’une délégation ministérielle en déplacement à l’intérieur du pays ajoutés les dépenses et autres libéralités octroyés aux  dignitaires, rois ou chefs religieux des communautés visitées lors de ces descentes des membres du gouvernement sont d’énormes ressources qui viennent de se révéler sans impact.

Toutefois, une analyse profonde de ce revirement dans les reformes portuaires montre qu’il ne s’agit que d’une conséquence d’un système de gouvernance qui peine à retrouver ses marques.

Constant ADJAHOUNGBA

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