Suite aux manifestations consécutives au passage du ministre Abimbola à la Sobémap : 15 dockers déférés à la prison civile de Cotonou

Publié le par L'informateur

Depuis lundi dernier, des dockers sont interpellés puis présentés au procureur de la République. Pour la plupart d’entre eux, le sort est le même. Ils sont purement et simplement déférés à la prison civile de Cotonou. De sources proches des dockers et manœuvres à la Sobémap et au port de Cotonou, il ressort que plus d’une quinzaine de dockers sont déjà déférés. Ils sont la grande partie de tous ces ouvriers qui ont été interpellés certains depuis vendredi et d’autres seulement lundi dans la matinée. Mais de quoi est-il question ?

Le ministre en charge des ressources maritimes et portuaires a fait une descente dans les structures sous tutelle après sa prise de fonction. Dans cette logique il s’est rendu à la Société béninoise de manutention portuaire (Sobémap). Mais ce jour-là n’a pas été une vraie festivité. En lieu et place de dispositifs pour accueillir le ministre, les dockers employés par la structure se sont organisés pour manifester leur colère. On pouvait entendre « Non à la Sobémap » « Nous voulons les réformes », etc… Les forces de l’ordre déployées sur le terrain avaient réussi à éloigner les manifestants de la délégation ministérielle. Du moins pour un temps ; celui des discours et autres civilités entre le ministre et les autorités de la Sobémap. Mais chasser le naturel, il revient au galop, dit l’adage. Le ministre après les conciliabules avec les responsables de la Sobémap s’est décidé à rencontrer les dockers qui, entre temps, ont été rassemblée dans la grande salle de conférence de la structure.

Comme en de pareilles occasions il a fallu donner la parole aux dockers pour que ces derniers expriment les raisons de leur manifestation organisée alors que le ministre était en visite sur les lieux. Leur représentant a exprimé entre autres leur volonté de voir effectivement mises en œuvres les réformes lancées par l’ancien ministre, Issa Badarou. Mais il s’est fait qu’à la suite de ce représentant plus ou moins officiel, un autre docker a demandé de manière très impromptue mais persistante à parler aussi parce que dit il la position exprimée préalablement ne requiert pas l’assentiment de tous les dockers. Bruit, tapage et même tentative de bastonnade entre les deux camps de dockers. La délégation ministérielle n’a donc pas pu répondre de manière satisfaisante aux dockers. Le départ du ministre a laissé sur le terrain une situation délicate que les forces de l’ordre n’ont pas réussi à calmer cette fois-ci. Il y a eu du vandalisme et des casses. Les dockers ont donc pris la clé des champs depuis quelques semaines. Mais il y a quelques jours certains ont repris à fréquenter le port dans l’espoir qu’ils ne seraient plus poursuivis. Mais mal leur en a pris. Les enquêtes ont continué pour interpeller les fauteurs de troubles. Depuis lundi dernier donc des dockers sont mis aux arrêts puis présentés au procureur de la République. Après coup une quinzaine d’entre eux ont été déférés à la prison civile de Cotonou. S’il est vrai qu’il est normal que les forces de l’ordre procèdent à des arrestations lorsqu’il y a des manifestations suivies de vandalisme et de casses, il faut se demander cependant ce qui est à l’origine de cette crise qui ne fait que perdurer et qui prend de l’ampleur.

 

La réforme qui fait grincer des dents

Les dockers constituent un maillon très important de la chaîne portuaire. Mais étant donné que la manutention ne relève pas des prérogatives du port en tant qu’institution, c’est la Société béninoise de manutention portuaire (Sobémap) qui en a le monopole jusqu’à il a peu. Pour mener à bien ses activités de manutention portuaire, la Sobémap a besoin des dockers pour le chargement et le déchargement des bateaux qui encrent au port de Cotonou. Les dockers sont engagés comme des contractuels. Ils sont payés à la tâche. Mais c’est la Sobémap qui les recrute puisque c’est elle qui les emploie. Mais le ministre Issa Badarou, en bon connaisseur de la maison portuaire, sait que ce département de recrutement des dockers est souvent le lieu de grandes manipulations de chiffres qui entraînent bien évidemment la dilapidation d’importantes ressources qui échappent de ce fait à l’Etat. Mais l’ex-ministre sait que Boni Yayi a fait de la bonne gestion des ressources de l’Etat son cheval de bataille. C’est dans cet ordre d’idée qu’il a initié de retirer à la Sobémap le département de recrutement des dockers. Mais il paraît que de l’argent coule à flot dans les poches de beaucoup de dignitaire du pouvoir Yayi par le travers de ce seul département de recrutement des dockers. Mais comment ? Des milliers de faux dockers sont déclarés recrutés puis supposés payés et facturés à la maison Sobémap. Mais en réalité, tout cet argent allait ailleurs. Alors Issa Badarou a mis du pieds dans la fourmilière. La suite a été connue. Les responsables de la Sobémap ne veulent pas de cette réforme. Ils ne veulent pas que le Bureau Unique d’Embauche (BUE) se charge du recrutement des dockers à utiliser par leurs services. La Sobémap veut avoir la possibilité de continuer à recruter tout au moins les dockers que la structure utilisera pour ses activités de manutention au port de Cotonou. Mais le ministre Badarou lui a lancé le Bue pour non seulement permettre à l’Etat de pouvoir bénéficier des réels ressources que procure la Sobémap mais aussi pour que les dockers soient mieux traités. Au Bue les dockers ont un statut presque permanent. Mieux le traitement qui leur est fait est meilleur. Ils sont plus rémunérés avec le Bue. D’ailleurs la différence se constate lorsque les dockers recrutés par la Sobémap comparent leur rémunération avec leurs confrères recrutés par le Bue. C’est donc là le point d’achoppement entre la Sobémap et les dockers qui sont recrutés par elle.

Alors il y a quelqu’un qui ne veut pas des réformes initiées par le gouvernement de Boni Yayi entre la Sobémap et les dockers. Suivez mon regard !

 

Claude ALOFA

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