Succession à Yayi : Duel à distance entre Koupaki et Nago

Publié le par L'informateur

Bien que Boni Yayi n’ait pas encore dit son dernier mot dans la perspective de la présidentielle de  2016, on assiste  à une guerre de succession entre Pascal Koupaki et Mathurin Nago.

Le chef de l’Etat n’a pas renoncé totalement à un troisième mandat. Partira-t-il ? Ou ne partira-t-il pas ? Rien n’est plus sûr. Rien n’est moins sûr. Si Boni Yayi annonce  son départ pour 2016, ses actes sont en contraction avec ses propos. Il n’a pas abandonné ses velléités de réforme.   

Si on en tient à ses propos, le président de la République est prêt à partir en 2016.  Il l’a réaffirmé devant Barack Obama,  Benoît XVI, le corps diplomatique et le peuple béninois.  Il fait son « second et dernier » mandat présidentiel. Le chef de l’Etat n’entend pas solliciter un troisième quinquennat, à en croire ses déclarations officielles.

En dépit de cette volonté affichée de l’homme de la refondation, il pose des actes contradictoires. On se rappelle du vote à la va-vite de la loi interdisant la grève aux douaniers. En dehors des disciples de Saint Mathieu, les autres travailleurs  sont dans le viseur de Yayi. Le droit de grève est menacé. On s’achemine inexorablement vers la restriction des libertés. Ce n’est pas tout.

Le président de la République œuvre pour la révision de la Constitution. Il a les moyens financiers et matériels pour atteindre son objectif.  Il a mis en branle le parlement. La retraite des députés à Parakou en est une illustration. Ces parlementaires sont acquis à la chose. La modification de la loi fondamentale n’est plus qu’une question de jours. Le chef de l’Etat fait  tout cela pour qui ?  Le syndrome sénégalais n’est pas, en tout cas, loin du Bénin. Si le parlement révise la Constitution,  la probabilité est forte. Il n’est pas exclu que Boni Yayi revienne dire qu’il est élu conformément à la Constitution de 1991. Et s’il en est ainsi, il peut solliciter un autre  mandat au nom de la « nouvelle constitution ». Mais c’est sans compter avec les velléités de ses collaborateurs qui aspirent aux fonctions du président de la République.  

 

Guerre froide entre Koupaki et Nago

La bataille de succession à Boni Yayi a commencé. Le Premier ministre Pascal Koupaki et le président de l’Assemblée nationale Mathurin Nago se livrent à une guerre froide dans ce sens. La guéguerre entre le député Candide Azannaï et le numéro 1 du parlement s’inscrit dans cette logique. L’ami politique de Koupaki a fustigé  la retraite des députés à Parakou. Il  a voué aux hégémonies l’initiative de Nago.

Il n’a pas fallu plus pour que les proches de Nago sortent de leurs gongs. Le directeur de cabinet de l’Assemblée nationale  a démontré que le président du parlement  est dans ses prérogatives. En dépit de la réplique du Dc, Mathurin Nago est revenu à la charge pour remonter les bretelles à Azannaï. Le président de l’Assemblée nationale ne veut encaisser aucun coup sans en donner. L’élection  présidentielle oblige.

Certaines publications tentent de dédouaner Boni Yayi  en plongeant trois ministres dont Pascal Koupaki dans la signature du contrat entre l’Etat et Bénin Control.  Il n’a pas fallu plus pour que Candide Azannaï vienne défendre le Premier ministre. « On veut disqualifier le potentiel candidat pour 2016 », a déclaré le député Fcbe, allusion faite à l’information publiée dans la presse. On n’a pas besoin de rentrer dans le secret des dieux pour savoir qu’il s’agit du Premier ministre.  L’ancien baron de la Rb a précisé que tout ce qui se passe s’inscrit dans la logique de 2016.

En clair, le Premier ministre est candidat pour l’élection présidentielle prochaine.  La déclaration du bureau exécutif du parti de l’ex-argentier national ne prête plus à confusion. «L’Udbn  encourage le Premier ministre Pascal  Koupaki, dont l’intégrité, la probité et la compétence sont reconnues, à poursuivre inlassablement la mission qui lui a été confiée par le Président de la République », peut-on lire dans la déclaration. Le parti  dénonce les « cabales » en cours tendant à traiter d’éléphant blanc certains grands projets du gouvernement. Il s’agit de la construction de  l’aéroport de Glo Djigbé, du port sec de Parakou, de la route Cotonou-Ouidah et du  port  minéralier en eau profonde à Sèmè Kpodji.

Comme il est de son habitude, Pascal Koupaki ne dit rien.  Candide Azannaï  pose  les jalons électoraux. On comprend la brouille  entre le député Fcbe et Mathurin Nago. L’ex-secrétaire général de la Rb dénonce la « mauvaise gestion »  du parlement. Si l’image du président de l’Assemblée nationale prend un coup, cela profite au Premier ministre. En homme averti, Nago réplique du tac au tac.

La bataille  électorale  ne fait que commencer  entre Azannaï et Nago, sinon entre Nago et Koupaki. Comme on est encore loin de 2016, la guerre de succession à  Boni Yayi  est déclenchée au parlement.      

Aziz IMOROU

Publié dans Politique

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