Structures illégales de placement d’argents : Le gouvernement oppose les clients de Icc-Services

Publié le par L'informateur

Le dossier Icc-Services  a connu, hier,  un nouveau développement. Les déposants, qui ont perçu de l’argent  plus qu’il en fallait, doivent verser le surplus au trésor.

L’espoir des victimes des structures de placement illégal de fonds s’est estompé.  Le gouvernement utilise les manœuvres dilatoires en opposant les clients de Icc-Services. Le remboursement de plus de 100 milliards de francs Cfa aux  milliers d’épargnants  est  renvoyé aux calendes grecques.

« Les gens ont placé 1 million et ils ont pris déjà  près de 3 millions sous forme d’intérêt. L’intérêt là est venu d’où ? C’est l’argent que les responsables prenaient chez d’autres déposants. Il n’y a pas d’intérêt. Ceux-là  doivent payer le trop perçu.», a martelé Justin Gbènanmèto, le procureur de la République près le tribunal de Cotonou. « Ceux qui ne vont pas s’acquitter, la deuxième phase est la poursuite. », a poursuivi l’autorité judiciaire sur Canal 3 Bénin.

Selon le procureur, les responsables de Icc-Services ont pris l’argent des  épargnants pour payer le trop perçu à d’autres. On ne peut pas rembourser les déposants sans ces sous. Ceux qui sont dans le cas ont intérêt à se mettre en règle. Ils n’ont qu’à le faire dans un meilleur délai avant qu’il ne soit trop tard.

Le feuilleton Icc-Services et consorts livrent  les épisodes les plus spectaculaires que les autres. Une fois encore, le régime Yayi manifeste une « mauvaise foi » dans ce dossier. L’alibi est bien trouvé. Si les déposants « débiteurs »  ne paient pas le surplus financier, les autres clients ne vont pas rentrer en possession de leurs fonds. Le gouvernement se cachera derrière ce fallacieux prétexte autant que possible pour ne pas tenir sa promesse de « sauver » les victimes. Le remboursement des spoliés des structures financières irrégulières des capitaux n’est pas alors pour demain.

En effet, le gouvernement a emprisonné les responsables de Icc-Services, Guy Apklogan et Emile Tégbénou. Le pouvoir  a saisi leurs biens matériels et financiers. Suite à ce coup de force, le régime  a ordonné la vente aux enchères des véhicules et autres objets confisqués. Où sont passés les milliards de francs Cfa retrouvés aux domiciles de ces responsables ?  Où sont les millions de nos  francs issus de la vente des biens saisis ? Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas commencé à rembourser les petits déposants avec ces faramineux montants ? « Ils ont bouffé déjà tous nos sous », estime un spolié désespéré.

Loin de donner raison à ce désespéré, le pouvoir Yayi n’est pas clair dans ce dossier relatif aux structures de placement illicite de capitaux. Pour ne pas honorer ses engagements électoraux, les « faiseurs de K.O » usent d’un subterfuge. L’âme des spoliés morts crient, en tout cas, vengeance. Ceux, qui sont entre la vie et la mort, ont besoin de leurs fonds pour se soigner.  Mais ceux, qui sont en bonne santé, veulent les sous à eux volés pour se nourrir.

En fait,  Guy Akplogan et Emile Tégbénou ont fait, de 2006 à 2010, appel public illégal de fonds avec à la clé des intérêts mirobolants. Leur cause  a été entendue même dans les villages à deux cases. Les milliers de Béninois ont mordu à l’appât. Ils ont été dépouillés sur toute la ligne. Une bagatelle somme de plus de 100 milliards de francs Cfa a été « volée » aux citoyens. Le scandale s’est éclaté. Le régime Boni Yayi s’est empressé à  trouver une « solution » à cette vaste « escroquerie ». Mais l’emprisonnement et  la vente aux enchères des biens des promoteurs n’ont pas pu apporter le sourire aux milliers de victimes qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Aziz IMOROU

Publié dans Actualité

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