Sit-in au palais des gouverneurs hier : Les enseignants en croisade contre la loi antigrève

Publié le par L'informateur

Les enseignants réunis au sein des syndicats des enseignements maternel et primaire venus de tous les départements du pays ont  manifesté leur mécontentement face à la proposition de loi portant  droit de grève en république du Bénin. Ils l’ont fait savoir à travers une gigantesque  marche suivie de sit-in au palais des gouverneurs. A travers une déclaration  lue et déposée dans les mains du directeur de cabinet du président de l’Assemblée Nationale, ils ont demandé le retrait pure et simple de cette proposition de loi afin d’éviter le pire à notre système éducatif.

Dans une gigantesque marche depuis la bibliothèque nationale jusqu’ à l’Assemblée Nationale, les enseignants regroupés dans tous les syndicats des enseignements maternel et primaire ont manifesté leur mécontentement avec  des slogans hostiles à la proposition de loi portant droit de grève et aux députés de la  6ème législative.

« La grève est la mère de la démocratie et nous venons de commencer. Vous savez que tout commence par les enseignants et quand ça commence par Porto-Novo, c’est grave car ça prend toujours »  a dit Paul Essè Eko pour lancer les interventions. Son collègue  Paulin Gbénou  dira par la suite que les enseignants ont fait le déplacement  du parlement pour éviter l’année blanche à notre pays car il n’y a pas un seul individu sur cette terre qui peut voter cette loi et avoir la paix. Il ajoutera que cette lutte des enseignants est bien différente de celle des douaniers et autres car il persiste et signe qu’ils ne reculeront devant rien et que tout ce qu’ils demandent, c’est le retrait pure et simple de la fameuse proposition de loi portant droit de grève en république du Bénin.

 Le syndicaliste Bakari Martin secrétaire général de Cosi abonde dans le même sens que ces prédécesseurs mais sera beaucoup plus précis. 

« Les enseignants n’ont pas amené le chef de l’Etat pour que sa majorité parlementaire s’en prenne aux intérêts de tout un peuple. Si le chef de l’Etat veut la paix dans ce pays, il n’a qu’à faire retirer la proposition de loi du circuit du parlement.

Après cette période d’animation,  place a été faite à la lecture d’une déclaration  par Ekpo Philomène.   Elle fait une similitude entre la période dictatoriale de 1972 à 1990 et celle de 2006  à nos jours. « Nous rencontrons sur notre chemin depuis 2006, un régime dont les tendances s’apparentent à celles que nous avons connues de 1972 à 1990 ».  On peut par ailleurs retenir que le droit de grève a été obtenu ans la rue avec le mouvement de 11 décembre 1989  avant d’être confirmé au cours des sessions  de 2002  assorti de la loi 2001-09 du 21 Juin 2002. Les enseignants pensent que la route a été longue et périlleuse.

Par rapport à cela, on retiendra que des enseignants  ont été emprisonnés, certains sont morts, d’autres ont été en exil. Avec la lutte de 1989 tout est rentré en ordre et désormais le droit à la parole, le droit d’aller et venir d’expression et tout autres droits liés aux droits universels de l’homme ont été acquis.

A travers la déclaration, les enseignants  demandent  si l’Assemblée Nationale a pu vraiment délibérément choisi de remettre en cause les acquis démocratiques obtenus au prix de lourds sacrifices. Dans ce cas, le parlement  s’apprête ainsi  à contraindre légalement  encore à la misère, à la mendicité et à la déchéance morale et physique. Ils  concluent que  « c’est cynique, c’est inique, c’est méchant et c’est fasciste »A son tour le directeur de cabinet de Nago venu recevoir la déclaration fait observer que la proposition de loi dont il est question est envoyée à toutes les centrales syndicales pour des propositions. Il ajoute qu’il faut un processus avant tout vote de loi et pense que la suite tiendra forcément compte des propositions des centrales syndicales.

 

Geoffroy Wusa

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