Signature du relevé de conclusions des négociations : Enfin l’accalmie sur le front social

Publié le par L'informateur

Les syndicats l’exigeaient, le gouvernement l’a signé. Il s’agit du relevé de conclusions des négociations sur le front social. Ce document qui relance les activités dans le secteur public, préparé et soumis  en Conseil des ministres  le 31 juillet dernier à Natitingou, a été finalement  paraphé  et signé par l’exécutif et les partenaires sociaux.  Au grand bonheur de tous, les signatures  donnant à ce relevé sa validité ont été apposées  par les deux parties  ce vendredi à l’Infosec de Cotonou.  Le gouvernement sonne ainsi  momentanément la fin des débrayages dans la fonction publique. Il obtient  l’engagement  ferme qu’il  pourra asseoir  sa  politique de refondation  dans un climat social apaisé. Le moins qu’on puisse dire est que l’administration publique retrouve son ambiance des beaux jours. Les organisations syndicales sont en partie satisfaites pour ce qui est de leurs  diverses revendications  et s’engagent à se mettre résolument au travail pour accroître la richesse nationale.

Il faut préciser qu’avant de parvenir au consensus  entre le gouvernement et les organisations syndicales, la situation a failli mal tourné. Le 1er ministre qui s’était entre-temps retiré  de la salle des négociations tardait  à rejoindre les syndicalistes. En réponse, les partenaires sociaux ont vidé la salle. Le calme revient  quelques minutes après  avec le retour de Pascal Iréné Koupaki.  Sur instance des secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales,  une relecture du relevé des conclusions a été faite  pour vérifier la conformité.  Ensuite, les parties prenantes procèdent  à la signature du document.

 

Les grandes lignes et les exigences de l’accord

L’accord  du vendredi 05 Août 2011 consacre  entre autre la revalorisation  de 25% de l’indice de traitement  au profit des  agents  de l’administration publique.  Cette revalorisation  prend effet à compter  du 1er janvier  2011  pour les travailleurs du ministère de l’Economie et des Finances, mais sera échelonnée  sur quatre années  pour les agents des autres ministères  à savoir : 15% de 2011 à 2013  et 10% en 2014. Cet accord prend également en compte l’harmonisation des primes et indemnités  dans la fonction publique, la correction des disparités   catégorielles  et  la question  de la décrispation  sociale.

Par cet accord, le gouvernement s’engage à  mobiliser  les  ressources  nécessaires  pour faire face  aux dépenses programmées  sur une période de quatre ans. Les travailleurs s’engagent à aller au travail  et  travailler effectivement  pour permettre au gouvernement  de mobiliser  ces ressources.

Pour le 1er ministre et président de la commission ayant connu du dégel de la crise sociale,  la signature du présent relevé  exige des agents de l’Etat  un travail effectif et productif. « Dans les quatre années à venir, nous devons donc travailler davantage  dans toute l’administration publique  pour garantir  une augmentation  des recettes de l’Etat pour faire  face non seulement   à ces charges salariales programmées  dans un cadre de dépenses à moyen terme , mais aussi  pour faire face aux besoins  de financement des investissements publics. Nous  avons aussi indiqué  que ces différentes  augmentations demeurent  les seules  sur la période  sus-référencée, c’est-à-dire  sur la période 2011-2014. . Nous avons aussi noté que pour d’autres revendications éventuelles d’ordre administratif,  le dialogue social doit être  l’instrument majeur  et doit être privilégié  au recours à des grèves  qui paralysent  l’action administrative et qui amoindrissent  l’efficacité de  l’administration. Il me semble  maintenant  que les conditions sont remplies  pour une reprise  normale du travail  dans un climat  social durablement  apaisé », ajoute Pascal Iréné Koupaki.

 

L’incidence financière annuelle  de la mesure de revalorisation salariale

Pour faire face aux besoins des travailleurs au cours des quatre prochaines années, le gouvernement devra débourser en plus des salaires, une colossale somme d’argent de 22, 5 milliards de francs Cfa. C’est en tout cas ce que révèle la ministre de l’Economie et des Finances. Pour Adidjatou Matthys, les travailleurs du ministère de l’Economie et des Finances qui s’en sortent bien des négociations  recevront  en ce qui concerne la revalorisation  des traitements indiciaires  de 25%    la somme  de un milliard 5. Les autres agents percevront 2,92 milliards au titre de l’année 211 ; 5,84 milliards au titre de l’année 2012 ; 8,76 milliards au titre de l’année 2013 et 14,60 milliards de  francs Cfa au titre de l’année 2014. « Pour les autres agents de l’Etat, l’incidence financière échelonnée se présente comme suit : Au titre de l’année 2011 2,92 milliards ; 2012 : 5,84 milliards ; 2013 : 8,76 milliards ; 2014 : 14,60 milliards de francs Cfa. Il s’agit d’une incidence financière cumulée.  Le gouvernement a accepté cette mesure, alors même qu’il ne dispose pas encore des ressources nécessaires », clarifie Adidjatou Matthys.

 

La  trêve sociale en suspens

La question de la trêve sociale n’a pu être vidée à l’occasion de la signature du relevé de conclusions des négociations entre le gouvernement et les organisations syndicales ce vendredi à l’Infosec de COtonou. Elle fera l’objet d’une séance qui sera programmée et convoquée par l’exécutif. Pour les centrales et confédérations syndicales, les conditions ne sont pas réunies pour accorder une trêve sociale  au gouvernement. « Le gouvernement a insisté  qu’on décrète une  trêve sociale.  Nous autres  avons estimé  que la trêve sociale se  négocie  dans des conditions d’apaisement.  La trêve sociale ne se négocie pas  dans des conditions d’appel  au haut commandement militaire  et dans des conditions d’appel  aux féticheurs, aux têtes couronnées  pour vilipender les travailleurs.  Donc nous avons  estimé que cela  doit faire objet  d’une préoccupation après »,  déclare Pascal Todjinou, Secrétaire général de la Cgtb.

L’exécutif exige une trêve  qui favorisera  un climat social apaisé  pour la prospérité. Les syndicalistes restent perplexes. Ils conviennent  tous d’une séance pour débattre de la question.

 

Parfait BOCO

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