Satisfaction des revendications des travailleurs : A quoi ont servi les menaces de Yayi ?

Publié le par L'informateur

« Je ne peux pas donner ce que je n’ai pas », a martelé, en début du mois, Boni Yayi qui menace de radier les grévistes de l’administration publique. Eu égard au maintien des 25% accordés aux agents du Mef, on se demande à quoi ont servi les menaces du chef de l’Etat.

 Les travailleurs, qui sont en grève, ont eu gain de cause. Les 25% accordés aux agents du ministère de l’économie et des finances (Mef) sont maintenus. Mieux, ces privilèges financiers sont élargis aux autres travailleurs.

Pourtant, la satisfaction de cette plate-forme  revendicative  n’est pas gagnée d’avance. Le chef de l’Etat  a sorti  ses muscles sans détours. Maintes fois il a fait des déclarations et autant de fois il a haussé le ton.  Les mots utilisés relèvent d’un caractère va-t-en-guerre. « Cette-ci, je ne me laisserai pas faire.  Celui, qui ne veut pas travailler, sera purement et simplement radié », martèle l’homme de la refondation.

Sauf qu’aucun fonctionnaire n’est licencié de la fonction publique. Mieux à l’arrivée, les travailleurs obtiennent ce qu’ils réclament à cor et cri.  Les fameux 25% octroyés aux financiers et annulés ont été réhabilités sans autre forme de procès. Encore, leurs collègues des autres ministères bénéficient des mêmes traitements financiers de façon progressive.  Soit, 5% en 2012, en 2013 et en 2014. Et, 10% en 2015.

Ce qui prouve que les intimides et autres menaces de radiation n’ont pas servi à grand-chose. Le successeur de Mathieu Kérékou s’est plié devant la Cstb de Gaston Azoua, la Cgtb de Pascal Todjinou, la Csa/Bénin de Dieudonné Lokossou et la Cosi de Georges Kakaï Glèlè. Une énième fuite en avant  du gouvernement de Boni Yayi.

Une reculade coûteuse pour le pouvoir. L’Etat a perdu plusieurs milliards de nos francs dans cette crise de travail.  Sachant bien qu’il va satisfaire les revendications des grévistes, Boni Yayi laisse perdurer le mouvement de grève. Ses ministres ont attaqué ouvertement et vertement les agents permanents de l’Etat (Ape). « Le gouvernement ne peut pas satisfaire les besoins des travailleurs », dit Katè Sabaï. « Une minorité ne peut pas  prendre le pays en otage. Cette fois-ci, le gouvernement ne fera pas la marche arrière », radicalise Benoît Dègla

Comme le président de la République, les ministres de l’agriculture et de l’intérieur ont alors  réaffirmé l’incapacité du gouvernement à satisfaire les doléances des grévistes.  Mais Boni Yayi, qui n’a pas d’argent à donner aux travailleurs, a fini par le faire. Trop de bruit pour rien, somme toute.

 

Aziz IMOROU

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