Révision de la constitution : Me Djogbénou, le poil à gratter de la mouvance

Publié le par L'informateur

La révision de la loi fondamentale  du 11 décembre 1990 a été en étude à l’hémicycle. La mouvance présidentielle fait de cette révision son cheval de bataille. Sur sa route, se dresse un homme : Maître Joseph Djogbénou. Il multiplie les sorties médiatiques et autres moyens de sensibilisation pour faire échec à  cette donne.

Maitre Joseph Djogbénou était invité en tant que conférencier au séminaire du parti du renouveau démocratique -Prd-. L’homme de loi est très virulent sur la révision de la constitution. En effet, pour Me Djogbénou la révision de la loi fondamentale pose deux problèmes: les questions préalables et les préoccupations substantielles. Selon lui, le temps n’est pas à la révision. Car, dit-il, la méthode est faite d’exclusion, d’opacité et d’inquisition.  «Pourquoi programmer une session extraordinaire sur la révision alors qu’une commission travaille encore?», s’interroge-t-il. Abordant les préoccupations substantielles, le communicateur dit ne pas comprendre les raisons pour lesquelles on ne met pas directement dans le code pénal, les aspects de l’abolition de la peine de mort, la constitutionnalisation de la Cena, de la Lépi, l’initiative populaire et l’imprescriptibilité des crimes économiques. Par ce projet de révision, l’on aboutira au renforcement des pouvoirs de la Cour Constitutionnelle et à l’affaiblissement de nos institutions. « Aujourd’hui, l’indépendance de la justice est limitée » a-t-il déclaré. C’est bien ce que dénonce Maitre Djogbénou.

Il faut dire qu’avant le séminaire du Parti du Renouveau Démocratique, Joseph Djogbénou s’était illustré de fort belle manière sur les différentes chaînes de télévision du pays. Il s’est particulièrement fait remarquer lors d’une émission avec le président de la cour constitutionnelle, Me Robert Dossou sur l’Ortb. Il n’a jamais éludé son acrimonie sur la révision de la constitution.  Pas que sur la constitution béninoise, mais sur les conditions et l’espace dans laquelle, cette révision est organisée. Il rejoindra, dans l’optique de défendre son idéal, des associations pour faire échec à la tentative du gouvernement Yayi. Il enregistre ne serait ce que cette semaine des sorties sur une radio de la place et également sur Lc2 pour toujours crier haut et fort sa réticence face à l’offensive de la mouvance présidentielle pour la révision de la constitution.

Mais la révision de la constitution répond à des préalables et à un état d’esprit où à De l’esprit des lois -Montesquieu- Va-t-on vers une nouvelle République? C’est bien la question pour laquelle nombre de citoyens Béninois cherchent une réponse, depuis l’annonce de la relecture de la Constitution du 11 décembre1990. La révision doit respecter un mode et une solennité. Pour établir une constitution, trois procédures existent. Ce sont la procédure référendaire constitutionnelle, la procédure du plébiscite constituant et le substantif amendement.

Au demeurant, Me Djogbénou a comme certains grands hommes trouvé sa mission. La trahir ou l’assumer ? Là est la question. Mais il reste si bien à son chevet que l’on ne peut se tromper sur la réponse. En 2006, il a bénéficié du soutien de Réckya Madougou. Cette dernière ayant répondu aux sirènes du large, il reste seul à défendre son idéal face à une mouvance très décidée.

Oswald DOSSEY

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