Révision de la Constitution du 11décembre 1990 : Nago fait des confidences au peuple béninois

Publié le par L'informateur

«… J’ai eu l’occasion d’échanger avec le Chef de l’Etat et dans son esprit, c’est son deuxième et dernier mandat. Un jour, le Chef de l’Etat m’a dit : ‘’Quelle langue je vais pouvoir parler pour que les gens me croient’’(…) Il y a des choses qu’on peut faire ailleurs et qu’on ne peut pas faire au Bénin. Au regard de tout ce qui est déclaré par le Chef de l’Etat, donnons-lui un minimum de bonne foi… » Ainsi s’exprimait hier le professeur Mathurin Coffi Nago devant les populations du littoral à l’occasion de la tournée parlementaire démarrée hier 1er mars 2012.

Ces propos de la deuxième personnalité du pays  est pour dissiper les inquiétudes des populations soulevées par rapport aux probables conséquences qui pourraient découler de la révision de la constitution du 11 décembre 1990. Il apaise le peuple béninois et avance qu’avant toute révision de notre constitution, le parlement doit initier l’organisation des débats autour de cette question de révision de la Constitution à travers des émissions télévisées, les foras, et autres espaces d’échanges. Ceci, avant même l’examen de ce point en séance plénière à l’Assemblée nationale. Par rapport à cela,  il  invité les élus locaux à être dans la dynamique et dans le feu de l’action en  en sensibilisant les populations sur la bonne foi du Parlement à garantir les acquis de la Conférence nationale des forces vives de la Nation de février 1990, début du renouveau démocratique au Bénin. Il parle ainsi de la limitation du mandat à  un  renouvelable une seule fois. Les échanges ont eu lieu à la mairie de Cotonou et au siège du troisième arrondissement de Cotonou. Et sur les lois, projets de loi et propositions dont les explications ont été données, c’est le projet de la révision de la constitution qui a focalisé les attentions. 

En bon président d’institution qui a commencé par se mettre depuis peu dans le charisme d’homme d’Etat, Nago a joué à la carte d’apaisement en rassurant les populations. En plus de la confidence  faite au peuple,  il pense qu’à des niveaux donnés, notre constitution doit être retouchée. Il n’en prend pour preuve que la nécessité d’institutionnaliser la Chambre des Cour des Comptes dans la Constitution de la République du Bénin comme l’ont déjà fait la plupart des pays de l’Union économique monétaire ouest africaine (Uemoa), la nécessité d’institutionnaliser la Commission électorale nationale pour la pérenniser. A en croire au président Nago, la révision de la Constitution de la République du Bénin vise surtout à faire avancer le pays dans son processus de développement. Pour plus de sécurité en la matière, la délégation parlementaire.

Enfin, pour rassurer ses interlocuteurs, ont clamé que ce n’est pas possible d’aller de façon fantaisiste à la révision de la constitution du Bénin parce qu’il y a trop de garde -fous qui ne l’autorisent pas. Il  rappelle la mise en conformité de la Loi organique sur le référendum en République du Bénin, suite à une décision de la Cour constitutionnelle qui précisait que le référendum ne modifierait  pas le principe du mandat de 5 ans renouvelable une seule fois pour le président de la République. D’autres arguments sont venus peser dans la balance. Et les populations qui étaient au départ inquiètes sont rentrées rassurées.

Geoffroy Wusa

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