Révision de la Constitution du 11 décembre 2012 : Le consensus est au-delà des débats télévisés

Publié le par L'informateur

On doit modifier la constitution, entend-on dire par-ci par-là ! On va modifier la constitution, le rouleau compresseur des révisionnistes, est en route. Malheureusement il y a une tendance de plus en plus élargie qui laisse croire qu’il y a un consensus national autour de la nécessité de relire et de modifier des aspects de la Constitution du 11 décembre 1990. Mais ce consensus dont on parle ressemble bien à de la prestidigitation. Et pour cause !

Quels sont les débats publics qui ont été menés et où à propos de la révision de la constitution ? C’est vrai le président de la République a mis sur pied une commission ou des commissions à ce sujet. Mais toutes ces commissions sont constituées de haut cadres et intellectuels. C’est vrai aussi qu’avec le cri d’alarme de certains citoyens il est de plus dit que le président de l’Assemblée nationale a envoyé dans les communes le texte à lire ou encore la dernière mouture de la nouvelle constitution à adopter et aurait souhaité que les maires organisent des séances publiques d’étude de ce texte. Mais c’est là où le bât blesse. Car il semble bien que le chef de l’Etat, le président de l’Assemblée nationale et les amis souvent invités pour organiser des débats radio et ou télévisés ont compris le consensus nécessaire comme étant celui obtenu entre copains et intellectuels de même entendement. C’est hélas ce qui se comprend à travers tout ce qui s’organise ça et là.

Il faut que le consensus soit recherché au sein du bas peuple. C’est d’ailleurs par ici que le consensus devrait commencer. Autrement le débat serait biaisé et la satisfaction sera pour la matière grise de ceux-là qui trouvent bonheur à se faire entendre et à défendre des théories. Le débat restera intact et si la révision était faite dans ces conditions ce ne sera pas pour que le Bénin se tourne résolument vers l’avenir mais plutôt pour qu’on dise un jour que c’est Boni Yayi qui a fait modifier la Constitution et que le président Nago qui a dirigé les débats à l’Assemblée nationale pour que le vote soit réalisé.

Cela dépend de là où on veut se trouver. Mais le peuple lui n’est pas sur les plateaux des débats actuels.

Claude ALOFA

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