Retour de la gestion du coton dans le gironde l’Etat : Une erreur que Yayi regrettera très vite

Publié le par L'informateur

Le feuilleton de la crise de la filière coton suit son cours. Hier dimanche, le chef de l’Etat a réuni les acteurs de cette filière pour mettre à la disposition du grand public le rapport de l’audit de la commission internationale de vérification des données de la campagne cotonnière 2011-2012. Mais ce fut aussi l’occasion pour le chef de l’Etat et son gouvernement de prendre des décisions hardies, du moins présentées comme telles. Encore une autre décision qui, à suivre son allure, risque de conduire à un revers spectaculaire. De quoi s’agit-il ?

Le gouvernement Yayi vient de décider de redevenir l’acteur principal après les producteurs. L’Etat reprend une part importante dans la gestion de cette filière. Le président de la République a affirmé que « L’Etat a décidé de tout prendre en main et de tout réorganiser ». Et de continuer « S’il plait à Dieu, la filière coton redémarrera et l’année 2012 ne sera pas une année blanche pour la filière ». « Tout prendre en main », c’est bien le clou de la décision surprenante. Le bénin a fait pendant des décennies l’expérience de l’Etat tout puissant dans la gestion de la filière coton. Les résultats ont été sur toute la ligne très négatifs. Le fonctionnariat de l’administration publique n’a jamais pu être extirpé de cette filière. Or il est clair que ce genre de comportement est contre-productif. Les producteurs ne sont peut-être pas aguerris pour la rudesse du marché des affaires qui est pratiquée par les acteurs de la l’AIC et de la CSPR, mais il est dangereux de les retourner dans un système qui les a affaibli de tout temps. Fuir au lieu de lutter, modifier ce qui crée problème et se remettre dans la danse pour se donner les moyens de la victoire nécessaire pour une survie à long terme de cette filière, cela peut être préjudiciable au point de faire disparaître à jamais une filière qui, comme le dit le chef de l’Etat, est la seule fiable sur laquelle le Bénin peut compter pour accroître son taux de croissance. Mieux lorsqu’on examine les décisions radicales prise depuis le changement, et ce, contre la position des observateurs avertis de la vie publique nationale, ont fait l’objet plus tard d’un revirement plutôt ridicule.

Vu la dérive qui pourrait survenir, il vaut mieux prier pour Boni Yayi et les producteurs, car une fin de cette filière risque de plonger le Bénin et les Béninois dans l’abîme économique.

Claude ALOFA

Le projet des décisions qui pourront être officialisées par décret bientôt

1- le décret 99-537 du 17 novembre 1999 instituant le transfert de l'approvisionnement des intrants coton aux privés est abrogé. Désormais l'Etat reprend ses responsabilités en assurant l'approvisionnement en intrants coton au profit des producteurs de coton

 

2- l'accord cadre permettant la délégation du pouvoir de l'Etat à l'Association interprofessionnelle du coton (AIC) pour la gestion de la filière est suspendu jusqu'à nouvel ordre et l'Etat s'occupe lui-même de la gestion de la filière coton. Ce qui signifie simplement que l'AIC et tous ces organes satellites deviennent des coquilles vides dont le contenu se réduit à la loi 1901 sans droit de regard dans la gestion de la filière coton. C'est une disparition non prononcée de l'AIC qui découle de ce point des décisions

 

3- l'Etat va assurer lui-même l'importation et la mise en place des intrants coton par les structures centrales et déconcentrées du Ministère de l'Agriculture, de l'élevage et de la pêche avec l'appui des préfets, des maires, et  de l'armée

 

4- la mise en place d'un cadre exceptionnel sous l'autorité de l'Etat pour la gestion de la filière coton pour la campagne 2012-2013. Ce cadre aura pour dénomination Comité national de suivi et de contrôle de la filière coton. Elle sera présidée par le Premier Ministre. Il y aura aussi à moyen terme une autorité de régulation de la filière

 

5- Un comité paritaire Etat et Secteur Privé sera mis en place en vue de créer un cadre de discussion dans une vision Partenariat public privé pour la filière coton.

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