Résolution du congrès du Parti du Renouveau Démocratique : Formalisation de l’Un : le Prd n’est pas partant

Publié le par L'informateur

A la faveur de son troisième congrès ordinaire tenu le week-end dernier, le Parti du renouveau démocratique (Prd) a clairement affiché à la face du monde ce qu’il pense de l’Union fait la nation. Alors qu’il reste le parti qui a le plus profité de ce grand regroupement politique, le Prd n’est pas prêt pour de nouvelles aventures.

Dans son discours d’ouverture du congrès, le président Adrien Houngbédji a déjà balisé le terrain de la réflexion pour les congressistes par une série de questions: « En son état actuel, marqué par l’échec et les désaffections, l’UN constitue-t-elle encore une réponse appropriée aux préoccupations qui l’ont fait naître ? Quelles perspectives ? Quelles capacités de mobilisation ? Quelles ressources humaines ? Quel type d’alliance ? Quelles règles de fonctionnement ? ». Puis, il continue : « Le PRD est membre de l’UN. Il reste certes attaché à ce rêve d’union ; ses militants continuent d’y croire. Mais en même temps, le PRD est soucieux de son propre devenir, à l’heure où s’amorce pour l’ensemble du Bénin, une nouvelle recomposition du paysage politique ; à l’heure où il doit lui-même relever le défi du renouvellement et de la modernisation ».

Le candidat malheureux à la dernière présidentielle se lance ensuite dans un long développement. Ce qui lui a permis de repréciser la place qui doit être celle de son parti dans le paysage politique béninois. « Un tel parti, le PRD, ne peut se résoudre, ni à fusionner, ni à disparaître, aussi longtemps qu’un substitut crédible ne lui est pas proposé. Il peut s’associer, nouer des alliances, participer à des fronts, concéder une partie de son autonomie.

Mais il ne peut pour l’instant renoncer ni à son identité, ni à sa visibilité. Ainsi s’explique entre autres, la constitution de notre groupe parlementaire ; tel en est le sens profond ». Me Adrien Houngbédji pense qu’en 20 années d’existence, le Prd a accumulé suffisamment d’expériences pour disparaître sans un « substitut crédible ».

Les réflexions des congressistes sont allées dans le même sens que le discours inaugural. Comme en témoignent les résolutions issues du congrès qui laissent croire que tout projet de fusion à l’état actuel des choses est prématuré et rejeté. Au contraire, il faut réviser les statuts et règlement intérieur pour permettre à chaque parti de faire son travail et d’avoir une visibilité et de prendre ses responsabilités. Aussi, le congrès du Prd invite-t-il à une révision des statuts et règlement intérieur de l’UN dans le sens de préserver l’autonomie des partis et en faire un cadre politique de concertation.

Faut-il le rappeler, cette messe du Prd intervient à un moment où certains ténors de l’Union fait la nation ont opté pour la formalisation portant constitution de celle-ci. Une correspondance a été même envoyée au ministre de l’intérieur dans ce sens en janvier 2012. Si cette formalisation est faite,  les partis composant l’Un perdront leur autonomie juridique, politique et organisationnelle. Ce pour quoi le Prd n‘est pas d’accord. Pour ce parti, l’Un doit rester juste un cadre de concertation politique. Mais la question qui se pose à ce niveau est de savoir si le Prd n’était pas représenté lors des débats à l’interne ayant conduit à la demande de la formalisation de l’Un.

Une autre résolution, notamment celle sur les prochaines communales et municipales prévoit déjà l’éventualité d’aller aux élections dans certaines localités du pays sans le logo de l’Un au cas où il y aura mésintelligence autour de l’établissement de la liste.

Le Psd, Force clé et le Madep vont-ils faire l’Un sans le Prd après le départ de la Rb ?

F. Kpochémè

Publié dans Politique

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