Renouvèlement des instances dirigeantes des confédérations syndicales : Mascarade et tripatouillage à la Csa-Bénin

Publié le par L'informateur

La Confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin) a tenu vendredi dernier son congrès statutaire. A cette occasion, les instances dirigeantes de cette bouillante confédération devraient être renouvelées. Mais malheureusement, 48h après, c’est bien difficile de dire si le renouvellement a été fait où pas. En tout cas, cette messe laisse un goût très amer. La rencontre de la mascarade et autre tripatouillage somme toute…

Deux ailes désormais pour conduire les destinées de l’unique Csa-Bénin ? C’est la question qui agite la plupart des congressistes du vendredi. Et pourtant, ils y croyaient encore en faisant le déplacement. A la sortie, les cœurs étaient remplis de chagrin. Tout le long du déroulement du processus, on a fait feu de tout bois pour donner du poids à la violation flagrante des textes de la confédération. Les exemples de violation sont légion. Morceau choisi : l’article 55 des statuts adoptés au 4ème congrès ordinaire des 24, 25 et 26 novembre 2006 de la confédération: « Le Président de la Csa-Bénin exerce les fonctions honorifiques. Il est élu par le congrès pour un mandat de quatre ans. Il préside les travaux du congrès et les assises du conseil confédéral. Il est consulté par le secrétaire général sur toutes questions d’ordre stratégique engageant la vie de la confédération ». Une disposition qui donne ainsi pleins pouvoirs au président de la Csa-Bénin de diriger les travaux des congrès et des assises du conseil confédéral. Aussi, revient-il de droit au président Guillaume Attigbé de présider les travaux du vendredi dernier. A la surprise générale des congressistes, le secrétaire général sortant de la Csa-Bénin, Dieudonné Lokossou, s’y est opposé. Dans son sac, un autre article 55, sorti on ne sait d’où qu’il a tenté d’imposer aux militants : « Le Président de la Csa-Bénin exerce les fonctions honorifiques. Il est élu dans les mêmes conditions que le secrétaire général par le congrès pour un mandat de quatre ans. Il préside les assises du conseil confédéral. Il peut être consulté par le secrétaire général sur toutes questions d’ordre stratégique engageant la vie de la confédération ». C’est la goutte d’eau qui a débordé le vase, puisque personne n’est au courant de cet article.

Le Sg sortant a donc usé de manœuvre pour empêcher Guillaume Attigbé de diriger les travaux, parce qu’il avait un plan. En dirigeant lui-même les travaux en violation des textes de la Csa-bénin, il a ainsi mis en marche sa machine de fraude électorale. Evidemment, si les choses devraient se passer comme dans le meilleur des mondes, M. Lokossou n’avait aucune chance de succéder à lui-même. Son challenger, Dossou Siméon Toundé, ingénieur des eaux et forêts et secrétaire de la fédération des syndicats du développement rural,  allait prendre le dessus sans coup férir. C’est pourquoi, il a préféré violer les textes pour se maintenir au pouvoir. Autre morceau choisi : la composition du présidium devant conduire les élections.  Le présidium était composé des membres du bureau sortant. Ce qui est injuste voire illégal

A la Csa-Bénin, les syndicats de base sont les propriétaires. Ils sont les seuls à avoir le droit de vote. Mais dans sa logique de rempiler par tous les moyens, Dieudonné Lokossou a violé l’article 6 du règlement intérieur de la confédération. Selon cet article, les membres des organes décentralisés que sont les unions départementales et les comités de femmes participent au congrès en qualité d’observateurs. Ils n’ont pas le droit de vote. C’est le conseil confédéral qui fixe leur quota de participation au congrès. Mais le Sg sortant en a décidé autrement, en leur permettant de participer au congrès, en votant au même titre que les syndicats. Ce qui est contraire aux textes. Il a mis les siens au niveau des structures d’animation pour faire son holdup électoral.

Par ailleurs, les congressistes se désolent également lorsqu’il leur a été imposé les membres du bureau sortant pour procéder au dépouillement alors que sur la question, les textes sont sans ambigüité. Il faut choisir dans l’assistance des scrutateurs.

En dehors, des textes, la tradition a été également foulée lors de ce congrès. Il est de notoriété publique que  lorsque le secrétaire général vient du privé, son adjoint vient du public et vis-versa. C’est la tradition à la Csa-Bénin. Mais actuellement, c’est le monde à l’envers. Les deux secrétaires viennent tous du même secteur.

Laurent Akouêyikou

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