Reconduction de la grève de l’Unamab à partir de ce jour : Le bras de fer se durcit entre les magistrats et le Garde des sceaux (Échange de violentes correspondances entre Me Gbèdo et le présid

Publié le par L'informateur

Ça y est ! La grève déclenchée par l’Union nationale des magistrats du Bénin (l’Unamab) est reconduite pour 72h à compter de ce jour mardi 31 janvier 2012. Ainsi donc, les tribunaux et cours ne fonctionnent que deux jours dans la semaine, soit lundi et vendredi.

Et pour cause, les magistrats n’ayant pas obtenu gain de cause après trois jours de débrayage, ils ont décidé de reconduire le mouvement.

Mais ayant  eu vent de ce que les magistrats ne sont pas encore prêts pour mettre de l’eau dans leur vin, le ministre de la justice a écrit aux procureurs leur enjoignant de réquisitionner quelques magistrats pour la poursuite du service public pendant la période de débrayage. Mais l’Unamab s’y est opposée. Dans une autre correspondance à l’allure quelque peu violente, le président Onésime Madodé répond au garde des sceaux. Pour lui, suivant les textes régissant la corporation des magistrats, lorsque la grève est légitime, on ne saurait imposer une réquisition. Il traite la lettre du ministre Marie Elise Gbèdo de « nulle et non avenue »

En conséquence, l’Unamab, selon la correspondance signée de son président, a décidé de la reconduction de la grève sans réquisition à partir du mardi et par tacite reconduction.

Pour rappel, le jeudi 8 décembre 2011, en marge de la cérémonie marquant la « Journée de lutte contre la corruption », le Garde des sceaux a déclaré que les magistrats sont tous corrompus. Cette déclaration n’a pas été du goût de ces derniers, qui après avoir tenté d’amener le Garde des sceaux à revenir sur ces propos, ont déclenché une grève de 72h reconductible par tacite reconduction.

Les magistrats exigent que soit le ministre présente des excuses publiques, où alors le chef de l’Etat doit se désolidariser de son ministre de la justice, puisqu’il avait déclaré lors de l’audience accordée au président de l’Unamab que les propos mis en cause n’engageaient pas le gouvernement béninois.

Le 22 janvier 2012, soit à la veille du déclenchement de la grève, Me Gbèdo a fait une nouvelle sortie bien médiatisée pour tenter de faire ramener la paix dans la maison Justice : « … certaines personnes ont voulu comprendre que je mettais en cause toute la magistrature de notre pays, oubliant un peu vite que, depuis ma prise de fonctions à la tête de ce ministère, j’ai nommé des magistrats pour me seconder dans l’accomplissement de ma mission, certains comme collaborateurs directs au sein même du cabinet ministériel, d’autres dans les différentes juridictions de notre pays… Je ne peux donc, ni de près ni de loin, juger que toute la magistrature de notre pays, ni que tous les magistrats, sont touchés par la corruption… ». Mais pour l’Unamab, à défaut des excuses publiques, le ministre doit rendre son tablier parce qu’il ne saurait continuer par gérer une corporation dont elle a honte.

Mercredi dernier, le président de la Cour suprême, préoccupé par la crise est allé s’entretenir avec le chef de l’Etat.

Mais pour le moment, le gouvernement peine à trouver une solution à la crise.

F. Kpochémè

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