Rebondissement dans la crise royale à Djimè : Le palais du roi Béhanzin fermé

Publié le par L'informateur

Le conflit royal au trône de Béhanzin prend une nouvelle tournure à Abomey. Le préfet du Zou/Collines Armand Nouatin a pris, mercredi 28 décembre, un arrêté pour fermer le palais du Kondo le requin.

Tout accès au palais de Béhanzin est interdit à toute personne à Djimè. Une décision préfectorale vient fixer les prétendants au trône du héros national. Par arrêté n° 4/265/Pdz-p/Sg/Stccd du 28/12/2011 portant interdiction de toute cérémonie de libation attentatoire à l’ordre public dans la collectivité  royale de Béhanzin, le préfet Armand Nouatin a fermé ce palais. Il a mis en garde les protagonistes contre tout débordement. 

Il n’est plus permis aux prétendants au trône de Béhanzin de pénétrer le palais  du onzième roi du royaume du Dahomey.  Les rois Houédogni, Fingnankou et Houéwou Wèkèhon, qui se disputent  le trône du Kondo le Requin, n’ont plus le droit d’accéder audit palais. Jusqu’à nouvel ordre, ils vont sursoir à  toute activité rituelle sur ces lieux royaux. Il en est de même pour leurs partisans. Tous les  contrevenants vont subir les rigueurs  de la loi. 

Ce conflit royal à Djimè puise sa sève dans l’infirmité du 1er roi.  Houédogni intronisé sur le trône de Béhanzin, en 1995, est frappé actuellement d’une infirmité. Souffrant d’un mal, il a été évacué en Europe. Il est rentré au bercail avec la jambe droite amputée. Eu égard aux us et aux coutumes du royaume de Dahomey, Houédogni est « disqualifié » pour occuper le trône. Le roi ne doit, dit-on, souffrir d’aucune infirmité ou maladie invalidante. 

Une majorité des princes a envisagé la succession du roi Houédogni.  Le choix du prince héritier n’a pas reçu l’adhésion de tous les descendants de Béhanzin. Le prince  Fingnankou (2ème roi) est installé sur le trône. Un autre groupe de princes a intronisé Houéwou Wèkèhon sur le même tabouret royal.  Houédogni a deux successeurs, sinon, sa majesté Béhanzin dispose de trois successeurs. Chacun se dit légitime et rejette la légitimité de son challenger.

On assiste à un désordre à Djimè. On a eu droit aux  intronisations à coup de jets de pierres et de gourdins. En dehors de cela, la division a quitté les trois rois pour la strate des partisans. Les princesses et les princes se regardent en  chiens de faïence. Chacun guette une étincelle pour  laisser libre cours  au trouble. En vue de sauvegarder la paix, le préfet ferme le palais. 

Le roi Béhanzin  (Gbêhanzin ou Bédazin Boaijéré Honu Bowelé) est né en 1844. Onzième roi d’Abomey (Dahomey), il a régné  de 6 janvier 1890 au 15 janvier 1894, date de sa reddition.  Il s’est marié  avec  12 femmes et a eu  plus de 50 enfants.  Sa majesté  Béhanzin a lutté farouchement contre les  envahisseurs coloniaux. Il  a ouvert plusieurs fronts pour combattre les colons dans leur dernier retranchement. Mais déporté en Algérie, il est mort le 10 décembre 1906 à Blida.

Mais fils de Dada Glèlè,  Béhanzin est d’abord connu sous le nom de prince Kondo le requin.  Sacré roi, il a porté plusieurs titres  comme  Dada (père de toute la communauté), Dokounnon (détenteur et dispensateur de biens), Sèmèdo (maître du monde), Aïnon (maître de la terre) et  Jèhossou (maître des perles).  Son totem est le léopard. Ses insignes de pouvoir sont le kataklè (tabouret tripode), les afokpa (sandales), l’avotita (pagne tissé et décoré de motifs appliqués), l’awè (parasol), le mankpo (récade) et le hwi (sabre).

La fermeture du palais de Béhanzin peut-elle permettre de dénouer la crise royale à Djimè ?

Aziz IMOROU

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