Rebondissement dans la crise au conseil communal d’Allada : Toute la cité d’Adjahouto debout contre le maire Houngnibo et ses colistiers

Publié le par L'informateur

La commune d’Allada était en effervescence hier, lundi 25 octobre 2010. La crise qui secoue depuis peu cette cité historique, a connu un nouveau développement. Les populations exacerbées par la politique d’autruche des autorités préfectorales et ministérielles face au non respect des textes régissant la décentralisation, notamment les dispositions relatives au vote de défiance du maire, sont montées sur leurs grands chevaux hier. Elles sont massivement descendues dans les rues pour exprimer aux côtés des conseillers en dissidence avec le maire Lucien Houngnibo, leur désapprobation au sujet de la fuite en avant dont fait montre le Préfet de l’Atlantique-Littoral, Jules Honorat Hessou dans ce dossier. En effet, la procédure pour déposer le maire d’Allada a été enclenchée depuis quelques mois maintenant. La majorité des conseillers entendent lui retirer leur confiance. La raison évoquée par les contestataires est que l’administration Houngnibo pêche en méthode de gouvernance locale et en stratégie politique. Gestion solitaire, amalgame entre les biens de la commune et ses biens personnels, mauvais management des ressources humaines et financières… Tels sont entre autres les griefs que des conseillers Fcbe et Force clé dans leur majorité, portent contre leur premier responsable.

En de pareilles circonstances, les voies de recours que sont la médiation du Préfet, les solutions politiques, ont été engagées. Elles ont été épuisées sans issues favorables. Les conseillers dissidents ne sont pas prêts à revenir sur leur décision. Pour eux, le processus de destitution du maire Houngnibo amorcé en vue d’impulser un nouveau départ à la cité d’Ajahouto, est mis en branle et est irréversible. On comprend alors leur position de non retour face au collège de conseillers délégués par le chef de l’Etat pour tenter en vain une réconciliation entre les deux camps du groupe politique Fcbe nés du fait de cette crise.

 

La colère des populations contre le Préfet

Les textes régissant la décentralisation prévoient que lorsque des cas de refus de s’exécuter par rapport à la loi se présentent, lorsque le maire choisit de ne pas offrir à l’ennemi, l’arme  qui va ‘’l’abattre’’,   le Préfet, autorité de tutelle, ayant constaté l’échec de la médiation, ayant constaté l’échec de toutes les voies de recours, se substitue au maire et convoque la session extraordinaire qui va statuer sur la destitution du maire en disgrâce avec la majorité des conseillers communaux ; ceux élus sur la même liste que lui y compris. Mais depuis des mois maintenant que la crise dure, le Préfet ne prend pas ses responsabilités dans ce sens. Il fait comme si de rien n’était, pénalisant ainsi les populations puisque la commune tourne au ralenti. Or, dans d’autres communes limitrophes à celle d’Allada comme la commune de Toffo et puis récemment à Abomey-Calavi, il s’est empressé de jouer le tout pour le tout afin que la victoire soit du côté du pouvoir. Les populations d’Allada estiment que le Préfet Hessou est complice de la ruine de leur commune plongée dans une léthargie et une inaction depuis que cette crise a commencé.  « Nous disons non et non à la ruine de la commune d’Allada ; nous n’allons pas laisser faire ceux qui agissent dans le vil dessein d’arriérer notre cité », a martelé Ulrich Akplogan, porte-parole des jeunes ayant manifesté hier. Janvier Lokonon, conducteur de taxi-moto ne dira pas le contraire. Pour lui, le maire Lucien Hongnibo n’a pas honoré vis-à-vis de cette corporation (Zémidjan), les promesses qu’il leur a faites lors de la campagne électorale comptant pour les dernières communales et locales.

En matière de promesses non tenues, Coffi Akpahounka, Directeur de campagne du maire lors desdites élections, renchérit : « Lucien Houngnibo a promis mettre la commune d’Allada sur orbite ; est-ce qu’il l’a fait ? », lance-t-il à l’endrouit de la foule qui répond en chœur « non ».  M. Akpahounka ajoute que le maire contesté a l’art de ces coups fourrés. A savoir qu’il ne respecte jamais ses engagements. Il faut souligner que les forces de sécurité publique, ont fait preuve d’anticipation pour empêcher les populations mobilisées très tôt le matin à accéder aux locaux de la mairie. Mais très engagés qu’ils étaient, les manifestants ont trouvé les moyens de faire passer leur message et de crier haro sur le bodet. Ils ont lu leur motion de désapprobation et barré momentanément la voie inter-Etats Abomey-Cotonou, Cotonou-Abomey. Ils promettent de revenir à la charge d’ici la fin du mois d’octobre si le Préfet ne convoque pas la session extraordinaire qui va tabler sur le vote de défiance du maire Lucien Houngnibo. Aussi rendent-ils le Préfet, le ministre de la décentralisation, responsables des déconvenues politiques qu’engendrerait le triste sort fait à la commune d’Allada. Par ailleurs ils avertissent le chef de l’Etat de ce qu’il sera le gros perdant de ce bras de fer dans lequel l’autorité de tutelle désignée par ses soins soutient la minorité contre la majorité. Comme si Boni Yayi n’a pas besoin des suffrages d’Allada pour 2011.

Ignace SOGLO

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