Réalisations d’infrastructures de développement : Le régime Yayi compte ses éléphants blancs

Publié le par L'informateur

Le régime du président Boni Yayi serait-il devenu celui des éléphants blancs ? Et pourtant, on se le rappelle comme si c’était hier, à l’entame de son premier quinquennat à la tête du Bénin, le ton a été ferme. La semaine écoulée, les ministres ont été envoyés sur le terrain. Objectif,  répertorier et  faire le point de tous les chantiers réalisés, en cours de réalisation ou abandonnés dans le cadre des programmes d’investissement publics (Pip).

 

« Il n’y aura pas d’éléphants blancs sous mon mandat » ; soit qu’il y aura zéro éléphant blanc  sous  Boni Yayi. Dans l’euphorie de son plébiscite en 2006, Boni Yayi a été clair dans ses premières adresses vis-à-vis de son peuple.  En son temps, il avait même innover en créant au palais un poste de chargé du suivi des grands chantiers. Cinq après, tout porte à croire que le régime est à l’épreuve de ses éléphants blancs. Il fait tristement face à la réalité. Mais pour le moment, Boni Yayi est loin de savourer vaincu face à la mauvaise foi de nombre d’entrepreneurs. C’est évidemment le sens qu’il fait donner à la tournée gouvernementale actuellement en cours.

En effet, la semaine écoulée, la plupart des membres du gouvernement ont été renvoyés dans leur région d’origine à l’effet d’évaluer les chantiers en souffrance sur toute l’étendue du territoire national. Ils ont donc été contraints d’abandonner en l’espace de 48h à 72h les lourdes et contraignantes occupations liées à leur département ministériel pour aller faire le décompte des éléphants blancs.

Sur le terrain, ce que les ministres ont observé est ahurissant. De Malanville à Kétou et de Matéri à Grand-Popo, les éléphants blancs ayant vu le jour sous le régime Yayi sont légions. Quelques morceaux choisis.

 

Chantiers d’écoles, de gendarmerie en souffrance à Sakété

Au terme de la visite des chantiers  ouverts au titre des Pip dans les communes d’Ifangni et de Sakété, le ministre Abiola, a constaté que certaines infrastructures qui sont supposées être achevées et livrées ne le sont pas. A Sakété, il y a eu des situations assez particulières, lorsque l’on voit des salles de classes déjà livrées sans tables et bancs où les enfants sont obligés de s’asseoir par terre. Des écoles où des efforts doivent être faits pour  les doter de modules de classes. De même, des écoles, où les chantiers déclarés achevés sur papier sont en réalité abandonnés. Comme par exemple l’Ecole primaire publique Ita-Kpako où l’entreprise Ecoba-International Sarl, chargée de la construction du logement pour enseignants avec dépendance et clôture, a abandonné les travaux et est portée disparue depuis des années. Toutes les tentatives pour retrouver les traces du responsable de cette société sont restées vaines. A la brigade d’Ifangni, aucune fourniture de mobilier de bureau n’a été livrée selon le Cba rencontré sur les lieux hier. Par contre, au poste avancé de police de Baodjo-Itassouba,  il ne reste que la peinture pour finir les travaux. Idem sur le site de construction de la recette perception d’Ifangni où les responsables de l’entreprise Etoray-Btp ont promis livré le chantier d’ici fin décembre 2011. Dans la commune de Sakété, c’est la désolation totale. Plusieurs éléphants blancs ont été relevés par le ministre Abiola. Au marché de l’arrondissement de Yako par exemple, seuls les cinq hangars de type M2 de deux modules sont achevés ; les latrines de quatre cabines, la guérite et les quatre douches sont abandonnés depuis des années par l’entreprise CECOGE. La brigade de Sakété n’a pas bénéficié  jusque-là du mobilier de bureau promis. A l’Epp d’Agonsa, l’école est dans une brousse, inachevée et abandonnée depuis des années. Au même moment, les responsables communaux affirment que l’entreprise a déclaré avoir fini et livré le chantier. Idem à l’Epp Houègbo où les travaux du module de 3 classes lancés depuis 2004 sont en souffrance. A l’Epp Igbo-Akpa, le module de trois classes est achevé mais sans mobilier. Les quelques tables et bancs retrouvés sur le site ont été prêtés ; ce qui fait qu’au moment où certains écoliers sont assis à trois ou à quatre sur un banc, d’autres sont obligés de rester à genoux avant de trouver où poser leur cahier pour recopier les leçons.

Dans la même logique, le ministre en charge de l’environnement était en tournée dans le département du Zou. Tout comme partout ailleurs, les éléphants blancs pullulent. Plusieurs chantiers orphelins de leurs entrepreneurs à Abomey et à Bohicon, sans oublier les autres communes. Blaise Ahanhanzo-Glèlè a fait le constat sur le terrain. Il a promis rendre compte au gouvernement pour des mesures idoines à prendre contre ces fossoyeurs de l’économie.

Il faut préciser que l’ancien maire d’Abomey s’inscrivait déjà dans cette logique d’inspection des chantiers. Au lendemain même de sa nomination, il a effectué en juin 2011 une tournée dans les départements de l’Ouémé et du Plateau. Objectif, voir l’évolution du projet de construction des 10.000 (dix mille) logements sociaux et, recenser les difficultés liées au blocage des chantiers ouverts. C’est dans le souci d’éviter que son département ministériel soit le nid d’éléphants blancs logés dans les projets et programmes que le Ministre de l’Environnement, de l’Habitat et de l’Urbanisme, Blaise Ahanhanzo-Glèlè a initié cette tournée pour vivre lui-même les réalités du terrain en vue de prendre les décisions requises appropriées pour combler les attentes du Président Boni Yayi et du peuple béninois. 

A Adjarra et Avrankou par exemple, les travaux de construction de cinquante (50) logements respectivement sont bloqués faute du non respect de l’engagement pris par ces promoteurs.

A l’étape du quartier Donatin à Akpakpa, la délégation ministérielle a constaté de visu le niveau des travaux en cours dans le cadre de la lutte contre l’érosion côtière. Malheureusement, c’était un désordre qui est enregistré. Blaise Ahanhanzo-Glèlè a constaté tout simplement le piétinement de la réalisation des épis pour arrêter l’avancée de la mer.

 

Les éléphants blancs du 1er août

Il ne serait pas exagéré de dire que depuis l’entame à nouveau de l’expérience de la célébration rotative de la fête de 1er août, chaque localité a eu son lot d’éléphants blancs. C’est Abomey qui a donné le top des chantiers abandonnés dans le cadre de la célébration de la fête nationale. Puis Parakou a pris le relai. A ce niveau, on a relevé plus d’éléphants blancs. Des clôtures abandonnées par-ci, de gros œuvres inachevées par là…Bref, les chantiers abandonnés dans la cité des Koborou dans le cadre du 1er août sont trop visibles. A Lokossa, n’en parlons plus.

A Natitingou, les nombreuses missions matérielles n’ont pas pu malheureusement limiter le nombre d’éléphants blancs dans cette localité à la faveur de la célébration du 1er août 2011.

 

La clôture du Ceg Akamkpa abandonnée

Dans la commune de Glazoué, soit à l’école primaire publique de Gomé A et B,  le ministre a constaté que toutes les salles de classes n’ont pas été achevées. Le constat est le même au centre des impôts et au Collège d’enseignement général de Aklankpa où la clôture des 400 mètres linéaires débutés plus de 3 ans est abandonnés par l’entrepreneur. Le ministre de l’intérieur, de la sécurité publique et des cultes s’est donc rendu au stade municipal de Glazoué, au centre de promotion social, à  l’hôpital de zone de Glazoué, à l’unité de transformation du manioc à Thio où les mêmes tristes constats ont été faits.

Bientôt des mesures contre les entreprises indélicates

A Touï, Kilibo et à Ouèssè, en compagnie des élus locaux dont le maire de Ouèssè, Samuel Ataïo, du président des jeunes, le ministre Benoit Dègla a visité des écoles, des centres de santé, le pont de Gbeffa, le centre pour la coopération et la production agricole (CeCPA). Il a à cet effet, face aux constats, insisté sur la fermeté du gouvernement pour ce qui est des mesures à prendre contre les entrepreneurs indélicats.

Quant aux maires, dans la plupart des communes visitées par le ministre en charge de l’intérieur, ils proposent au gouvernement leur implication dans la mise en œuvre du programme d’investissement public (PIP) pour le suivi des projets car les entrepreneurs font des travaux ce qu’ils veulent. Aussi, le ministre a-t-il demandé à la population de prendre soins de ces joyaux Il a surtout promis de rendre compte au gouvernement pour que des mesures idoines soient prises face aux entreprises perfides. Des décisions tomberont très certainement dans les jours à venir contre les entrepreneurs indélicats.

Pourvu que la tendance soit renversée pour qu’il y ait zéro éléphant blanc sous le régime Yayi. C’est le souhait de tous.

Franck Kpochémè

Publié dans Actualité

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