Réaction de l’ancien ministre Kamarou Fassassi suite aux sorties de l’Ige : « Koussé est devenu le procureur qui n’a pas peur de parler des gens… »

Publié le par L'informateur

Suite à la dernière sortie médiatique de l’Inspecteur général de l’Etat sur les dossiers déférés devant le parlement par le chef de l’Etat, l’ex ministre Kamarou  Fassassi a réagi sur la radio Océan Fm. A travers un entretien qu’il a accordé à nos confrères de cette radio, l’ancien ministre des mines de l’énergie et de l’eau du Général Mathieu Kérékou, s’est indigné des accusations portées contre lui par le numéro 1 de l’Ige, Alidou Koussé. Dans ses déclarations liminaires, Kamarou Fassassi se surprend d’une part que son nom soit cité aujourd’hui par l’Ige dans le dossier Sbee puisque, dit-il,  le rapport de l’audit ne l’avait aucunement inculpé. Par ailleurs, Kafas comme on se plait à l’appeler, estime que Alidou Koussé est très mal placé pour parler du dossier Sbee. Et pour cause ! En tant que commissaire aux comptes de la Sbee au moment des faits, c’est lui  qui donnerait à chaque fois son quitus au ministre avant que tout dossier relatif à cette société sous sa tutelle ne se transmette au conseil des ministres. Kafas insinue par là que Koussé ne peut pas être juge et parti dans le dossier Sbee et que par ailleurs, le fait de lui avoir confié l’audit de la Sbee est une démarche bancale qui ne garantit aucunement l’impartialité qui devrait caractériser une opération de cette envergure. Lire l’entretien qu’il a accordé à Océan Fm.

 

-Nous sommes très heureux de vous recevoir. Actuellement vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a une affaire dans le pays, l’affaire Icc Services, le Chef de l’Etat Yayi Boni a listé un certain nombre de personnalités, il a mis votre nom, mais vous, ce n’était pas l’affaire Icc. Comment est-ce que vous interprétez- ça ?

Non, le gouvernement et  Yayi Boni sont dans leur rôle, moi je les comprends. Tous les adversaires politiques, il faut les éliminer, les éclabousser ;  mais je puis vous dire et je vous demande de le dire au peuple béninois que je suis prêt. Je souhaite moi, Kamarou Fassassi,  aller devant l’Assemblée nationale, même la Haute cour de justice pour m’expliquer parce que trop c’est trop. Il n’y a pas de jour où on ne vous dit, il faut aller faire une déclaration à la radio, il faut aller voir Amos, tout ce qu’on me dit je peux le dire mais là n’est pas le problème. Il y a quelque chose que j’ai devant moi et je peux vous le montrer. Voici le rapport de Koussé. Il ne m’avait jamais impliqué. Mais jeudi dernier, d’après ce que  j’ai appris, il m’a formellement impliqué. Mes amis du Prd-Ng m’ont dit que dans leur compte rendu du conseil des ministres, au cours des réunions relatives à l’affaire Sbee, mon nom n’avait pas été  cité et puis dans le rapport, je vous le montre, il n’y a pas une seule fois mon nom. Mais  aujourd’hui, ils ont parlé clairement de moi, je croyais que c’était pour témoigner qu’on appelait mon nom et  je me suis tu pendant tout ce temps, mais maintenant, ça devient fatiguant. Quant aux autres affaires, je ne m’en mêle pas à ce stade,  mais je souhaite que Yayi Boni sache que les Béninois ont besoin de recouvrer leur argent. Mais ils l’auront. Nous allons les aider à recouvrer leurs sous.

 

-Certains commentateurs ont pu dire que c’est parce que vous ne soutenez pas le pouvoir  qu’il y a cet acharnement contre vous.

Mais écoutez, j’ai appelé comme beaucoup d’autres à voter pour Yayi Boni. Il a fait des promesses très vite on a appris ;  il disait un peu partout qu’il allait esquinter ceux qui, je peux donner des preuves, l’ont aidé à  téter à la classe politique. J’ai eu à le dire le 15 Mars 2009  si mes souvenirs sont exacts, sur l’émission «Zone Franche» de Canal 3-Bénin.           J’avais dit qu’il tente depuis, il veut  téter la classe politique. Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est les scandales. Moi je suis maître et je vais demeurer maître .J’ai demandé à voter pour lui, j’ai voté pour lui non pas pour être dans le système, mais pour aider. Moi en ce qui me concerne, nous avons creusé beaucoup de puits, on a amené l’électricité dans les faubourgs les plus reculés, j’ai pensé que ce sera comme ça. Les écoles, les hôpitaux, j’ai eu beaucoup de démagogie et je me suis dit que dans ces conditions, je ne peux plus continuer à soutenir le président Yayi Boni et son équipe. Moi personnellement, je n’ai pas voulu me mêler de ça mais je travaille beaucoup. Vous voyez à côté de moi mon assistant ;  c’est parti pour une journée. Je ne suis pas étonné, il y a trop d’acharnement. On envoie des militants Fcbe de Porto-Novo, on envoie mes amis plus proches qui sont hauts placés pour me demander il n’y a pas longtemps d’aller faire une déclaration

 

Déclaration pour quoi ?

(Rires) pour soutenir comme tout le monde, mais je l’ai injurié et insulté ; lui qui m’appelait  «Fofo» et qui est venu me parler. Disons que comme vous me voyez, je n’ai pas perdu ma sérénité, je suis prêt à servir mon pays. Je le démontrerai aux députés, le cas échéant à la Haute cour de justice. Non, il faut que le Bénin prenne une nouvelle orientation qui allie la justice à la paix et au développement. Nous allons nous y employer.

 

-Que le Bénin prenne une nouvelle orientation aujourd’hui, on ne sait pas celui que vous soutenez ; on ne connaît pas votre tendance.

Laissons passer cette histoire de ce qu’ils appellent l’affaire Sbee et à profusion, je vous parlerai ; ce sera pour l’intérêt du peuple béninois et de la jeunesse. Peu importe ce qui peut m’arriver, moi je ne suis qu’un simple Béninois parmi tant d’autres. Mon cas, c’est rien. Mais on veut détourner les populations des problèmes qui sont les siens. Comme vous me voyez, je ne veux pas de rancune, je veux la paix, je veux le développement. Je crois que je le pourrai. Je ne suis ni Jésus, ni Mahomet, encore moins Dieu. Mais tout de même ! Dans l’affaire Sbee, même dans le rapport, on ne m’a pas dit que les mis en cause ont été écoutés. J’aurais aimé qu’ils fussent écoutés. Le rapport en ce moment-là  sera beaucoup plus crédible au lieu de citer le nom de pères et mères de famille à la radio parce qu’on veut les éliminer. Ce  n’est pas comme ça. Il y a Dieu, le vrai au dessus et nous lui faisons confiance. Sinon, par rapport à cette question, je suis désolé que ceux qui ont vraiment travaillé, croyez-moi, soient traînés dans la boue comme ça. J’ai des trucs ici qu’ils n’ont pas vérifiés. S’ils avaient vérifiés, ils n’allaient jamais écrire. Je pense par exemple à maître Gbèdo et à Maître Latoundji. Cette affaire, ça dure depuis le début du Changement. Je veux vous souffler quelque chose à l’oreille, mon commissaire aux comptes, celui qui m’autorisait à écrire, à envoyer les dossiers en conseil des ministres, c’est Koussé Alidou. C’est Koussé Alidou qui me disait c’était bon. Koussé Alidou aujourd’hui est devenu le procureur qui n’a pas peur de parler des gens. Pour quel intérêt ? Je pense aussi à Toukourou quand il va vouloir aussi parler…

 

-Votre mot de fin, monsieur le Ministre

Je vais demander au peuple béninois de garder la sérénité car le combat ne fait que commencer.

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