Raouf Affagnon au sujet de la gestion de la grève par le gouvernement : « Yayi a violé la constitution, son propre décret et le protocole d’accord … »

Publié le par L'informateur

Le secrétaire général du front des enseignements des trois ordres s’est prêté à nos questions hier tard dans la nuit. Au moment où les populations et la plupart des couches de la société appellent les enseignants à mettre de l’eau dan leur vin et à reprendre le chemin des classes en attendant que le gouvernement reviennent à de meilleurs, Raouf Affagnon explique que c’est plutôt le gouvernement qui fait preuve de mauvaise volonté dans la gestion de cette crise. Il rappelle que c’est le gouvernement qui a créé la présente crise en se refusant de partager aux enseignants le droit qu’il a accordé à tout le corps des agents permanents de l’Etat (Ape).

Interrogé sur la question de savoir si une rencontre a déjà eu lieu avec les autorités gouvernementales, le syndicaliste lève le ton et affirme que le gouvernement n’a pas daigné les inviter à une table de négociation depuis le début des grèves le 24 janvier 2012. Alors il en tire les conclusions suivantes.

Le gouvernement béninois est très peu soucieux de l’avenir de l’année académique 2011-2012. Raouf Affagnon a en outre tiré la conclusion que Boni Yayi et son gouvernement ont décidé de violer la constitution du Bénin. En effet, la Cour constitutionnelle avait été appelée à trancher sur la nécessité ou non d’élargir la promesse d’augmentation de 25% de salaire aux agents du ministère des finances et de l’économie à tous les autres agents de la fonction publique. A l’époque la Cour avait jugé inconstitutionnelle que le droit acquis accordé à ces agents des finances ne soit pas répercuté sur tous les autres agents de l’Etat. Donc que le gouvernement s’obstine à ne pas payer ces 25% aux enseignants est une violation flagrante de la constitution du Bénin. Mieux, le gouvernement a signé un décret qui octroie à tous les Ape une augmentation de 25% sur les salaires. En se refusant de payer cette augmentation aux enseignants, Boni Yayi et son gouvernement viole leur propre décret. Enfin, le gouvernement a signé un protocole d’accord avec les centrales syndicales sur cette augmentation salariale. Ne pas répercuter cette augmentation sur les salaires des enseignants serait une violation d’un protocole d’accord avec les partenaires sociaux. Et ceci ferait date dans l’histoire et constituerait un précédant que les syndicalistes n’oublieront désormais.

Claude ALOFA

Publié dans Société

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