Quelques mois seulement après son départ du gouvernement : Sale temps pour le député Nicaise Fagnon

Publié le par L'informateur

Du changement à la refondation, il a juste fallu un pas sur le chemin de la gouvernance pour que les choses se compliquent pour l’ancien ministre Nicaise Fagnon. L’ardent défenseur de Boni Yayi aux heures de gloire du « Bénin émergent » souffle le chaud et le froid ces dernières semaines. L’homme a en effet quelques ennuis par rapport à sa gestion au poste de ministre délégué auprès du président de la République, chargé des travaux publics, des transports terrestres et des transports aériens.  C’est d’abord dans le dossier d’attribution de marché de vitre teintée que le président Boni Yayi et ses services auraient découvert des anomalies ; des anomalies conduisant le premier magistrat à remettre en cause cette adjudication  en abrogeant l’arrêté ministériel pris par Fagnon et en recommandant au successeur de Fagnon,  de relancer le processus d’appel d’offres qui avait attribué le marché cité supra à la Société Graco-Sa. C’est là une première gifle que le chef de l’Etat a infligée à son ancien collaborateur. Alors que ce député Fcbe élu dans la 9ème circonscription électorale prend du temps à démentir les accusations dont il fait l’objet dans cette affaire bien noire de vitre teintée, il est rattrapé par un autre dossier : la création de l’entreprise Yamen-Bénin.

Selon certaines indiscrétions, cette entreprise adjudicataire de plusieurs marchés de construction d’infrastructures routières dans notre pays aurait été montée de toutes pièces lors du passage de Nicaise Fagnon à la tête du département des travaux publics et des transports.  Le vrai problème ne résiste pas dans les formalités d’attribution desdits marchés à l’entreprise Yamen-Bénin. C’est dans l’exécution desdits marchés que se trouve le hic. En effet, que ce soit sur l’axe Jah-Ohodé que sur le chantier Ouidah-Tori, Yamen n’a pas permis à l’Etat béninois de dire amen par rapport au remplissage par elle de son cahier des charges. Maintes fois déjà, le président de la République a piqué une de ses colères face au piétinement des travaux. Boni Yayi a même menacé de déposer le promoteur de l’entreprise Yamen à la prison civile de Missérété, sans manger, sans boisson s’il ne prend pas les dispositions idoines pour accélérer les travaux et mettre ces infrastructures routières au service des populations qui attendent depuis des années.  La dernière descente du président Boni Yayi sur le chantier Tori-Ouidah remonte au lendemain des dernières élections législatives. Le numéro 1 du Bénin avait même subordonné l’entrée au parlement de l’ex-ministre des Transports à la finition des travaux sur cet axe routier. Il aurait signé au premier magistrat qui en parle, « un acte notarié à cet effet ».

En début de semaine, Lambert Kotty  a fait l’amer constat que la Société Yamen-Bénin a abandonné les chantiers à elle confiée. Et c’est dans ce méli-mélo que le nom de l’ancien ministre Fagnon est cité. Faut-il le rappeler, le chef de l’Etat, face aux Inspecteurs généraux des ministères nommés par ses soins, a fait des déclarations relatives à une certaine supercherie qu’il aurait découverte lors de son premier mandat. Boni Yayi a déclaré devant micro et caméra qu’on avait tenté de le rouler dans la farine par rapport aux dettes de l’Etat vis-à-vis des prestataires. Le chef de l’Etat parlant de la connivence qui s’établissait entre les ministres et les Igm qu’ils nommaient, a déclaré qu’au niveau des Btp, on aurait majoré les montants dus aux entreprises de plusieurs milliards et que ce n’est qu’après qu’il a découvert le pot aux roses. Toutes ces situations mises ensemble,  ne sont pas de nature à faciliter le sommeil au député Nicaise Fagnon. Et pour cause !    On ne sait pas quel sort Boni Yayi va réserver à son féru défenseur Fagnon. Surtout qu’il a pris le ferme engagement de faire en sorte que « Le parlement ne soit pas un refuge de bandits, de corrompus et de malfrats ».

Ignace SOGLO

 

Les ministères délégués en question

Jusqu’à preuve du contraire, notre compréhension des ministères délégués auprès du président de la République, renvoie à l’idée selon laquelle, toutes décisions importantes liées auxdits ministères doivent être soumis à l’approbation du président de la République. On se surprend donc que le chef de l’Etat en vienne à remettre en cause des décisions prises par le ministère des Tp qui se trouve être un ministère délégué.  Et à ce sujet, on se demande ce qui n’a pas bien fonctionné dans la collaboration entre le ministre délégué et le président de la République. Est-ce le ministre qui prend des décisions unilatérales sans se référer au chef de l’Etat ? Est-ce le président de la République qui se dédouane et jette en pâture son ancien collaborateur parce qu’il a aujourd’hui maldonne ? Se trouve-t-on devant un cas de crise de confiance ? Voilà autant d’interrogations qui laissent à dire et à redire sur les portefeuilles de ministères délégués créés par le pionnier du changement.

I.S.

 

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