Quatrième session extraordinaire de l’année de l’Assemblée Nationale : Où est passé le projet de loi sur le droit de grève ?

Publié le par L'informateur

Les députés se retrouvent encore ce jour lundi 19 septembre 2011 pour la quatrième session extraordinaire de l’année. 7 points sont inscrits à l’ordre du jour mais le projet de loi portant droit de grève en république du Bénin n’y figure pas. C’est un grand étonnement eu égard au débat national. En effet, depuis environ deux semaines, l’actualité annonce que le gouvernement a déposé un projet de loi sur le droit de grève et que son étude est imminente. C’est l’option faite par le gouvernement pour mettre la lutte syndicale sous le boisseau. Mais  contre toute attente  ce point ne figure pas sur  la liste  7 points inscrits à l’ordre du jour de cette quatrième session extraordinaire qui démarre ce matin  alors qu’apparemment le gouvernement veut désormais empêcher les travailleurs béninois d’aller en grève de la façon dont ça se passe au Bénin. Le chef de l’Etat détient désormais une majorité parlementaire qui ne lui donne aucun souci par rapport au vote de cette loi. Seulement les travailleurs menacent déjà de commencer par violer cette loi depuis le jour où il sera voté. Ils l’ont fait savoir par l’intermédiaire de certains de leurs différents responsables syndicaux qui n’hésitent pas à dire tous les jours qu’ils vont allègrement  violer la loi en question parce que son contenu est parti pour la restriction des libertés des travailleurs. Cela veut dire qu’avec le vote de cette loi, la tension sociale que l’appareil gouvernemental peine à enterrer va refaire surface de la façon la plus belle. Or ce n’est pas de ça que le pays a besoin aujourd’hui. Mieux, le Bénin a connu trop de mouvement de débrayage suivis d’énormes  pertes ces derniers temps. Le dernier en date est celui des douaniers qui a connu un succès éclatant. Et si cela se généralise sur tous les secteurs d’activité, c’est la mort programmée du gouvernement de Yayi  Boni. Il a certainement compris  qu’il tirait le diable par la queue. Et c’est vrai car avec le vote de cette loi, Yayi Boni aura à dos les travailleurs jusqu’au retour normal des choses. Or à quoi bon de voter une loi et ne pouvoir en faire usage ? Et comment faire usage d’une loi qui restreint la liberté syndicale jusqu’à ce point dans un pays où les travailleurs ne commencent leurs revendications que par des mouvements de grèves et les marches de protestation. Voilà des préoccupations qui ont certainement fait baisser les bras au chef de l’Etat qui est pourtant décidé à faire dérouler toute sa bande de réformes afin de gouverner un Pays où il sera le seul à tout dire et celui dont les pensées et propos ne doivent aucunement être contredits. Malheureusement pour lui, il devra attendre encore un peu car les travailleurs n’entendent pas se laisser faire.  Après Laurent Mètognon du syndicat du ministère des finances et du syndicat de la douane, le tonitruant syndicaliste Pascal Todjinou est largement revenu sur cela hier  sur l’émission zone franche de la chaine de télévision Canal 3. C’est peut-être les raisons qui expliquent la reculade du gouvernement. Mais il se peut qu’il ait reculé pour mieux sauter après. L’un dans l’autre, la loi sur la grève doit encore attendre un peu. C’est du moins ce qu’on note après les points à l’ordre du jour de cette quatrième session extraordinaire de l’Assemblée Nationale.

 

Geoffroy Wusa

Publié dans Politique

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