Prison civile de Cotonou : Déjà 9 ans de détention préventive pour un agent de la Sbee (Cela se passe dans un Etat de droit comme le Bénin)

Publié le par L'informateur

Au sein des pensionnaires de la prison civile de Cotonou, notamment ceux qui sont en détention préventive, on en a dénombré un dont le cas inquiète de plus en plus. Il s’agit de celui d’un compatriote, Clément Alladagbin. Depuis le 4 décembre 2003,  ce dernier est gardé en détention préventive à la prison civile de Cotonou pour détournement de deniers publics.

Le nom de Clément Alladagbin, alors agent de la Société béninoise d’électricité du Bénin a été cité dans le dossier n° 7389/RP/03/107/RI/03.

En effet, ce monsieur est gardé dans les liens de la détention préventive pour avoir mal gérer des sous au niveau de la structure de gestion de l’énergie électrique. Là n’est pas le problème. Chaque citoyen doit pouvoir répondre de ses actes. C’est plutôt le constat qui est effrayant.

Dans ce dossier, toutes les étapes de la procédure ont été suivies. Ainsi, après l’instruction préparatoire, le prévenu a été régulièrement présenté à un juge d’instruction. C’est d’ailleurs ce dernier qui a décerné un mandat de dépôt contre le sieur Alladagbin.  Ainsi commence en 2003, le calvaire pour cet agent de la Sbee, c’est-à-dire la détention préventive pour le présumé coupable de détournement de deniers publics. 9 ans après, il en est encore là…attendant toujours d’être jugé.

Or la détention préventive n’est nullement la règle au Bénin, quoi qu’en soit le code de procédure pénale auquel l’on se réfère. « La détention préventive est une mesure exceptionnelle… », selon le code béninois de procédure pénale. On sait aussi selon le même code que le juge d’instruction peut prolonger la détention préventive par ordonnance spécialement motivée ; mais en tout état de cause, « aucune prolongation  ne peut être prescrite pour une durée de plus de six mois ».

Eu égard à tout ceci, comment peut-on interpréter qu’une personne soit en détention préventive depuis environ 10 ans maintenant. A-t-il été jugé en catimini c’est-à-dire à son insu ? Non !

De manière plus réaliste, doit-on soupçonner que son dossier s’est égaré à l’occasion par exemple des nombreux déménagements connus par le tribunal de 1ère instance de Cotonou ? Non ; même dans le cas d’espèce, une solution doit être trouvée ; ne serait-ce qu’une liberté provisoire puisque il n’est pas reconnu auteur de la disparition de son dossier.

Le médiateur de la République, le professeur Albert Tévoédjrè est passé dans la plupart des prisons que compte le pays. Il n’a pas non plus manqué de dénoncer le surpeuplement et autres cas de violation flagrante des droits de la personne humaine dans ces maisons d’arrêt. Avec un peu plus de recul, on se rend compte entre autres, des causes de ce phénomène. Clément Alladagbin ne doit pas être le seul dans le cas. Une victime innocente. Peut-être qu’il y a même pire.

Les autorités en charge de l’appareil judiciaire doivent le plus tôt possible corriger ce grave dysfonctionnement qui ternit l’image d’Etat de droit pour laquelle des nobles fils de cette nation ont travaillé ardemment au prix de mille et un sacrifices.

F. KPOCHEME

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