Primes et accessoires salariaux dans les sociétés d'Etat : Yayi avait reculé pour mieux sauter

Publié le par L'informateur

Le gouvernement du docteur Boni Yayi vient de décider  de relire les conventions collectives de toutes les sociétés et offices d’Etat. Un seul objectif en toile de mire. Le gouvernement tient à supprimer les primes et accessoires salariaux des agents en activité dans les sociétés et office d’Etat. Cette décision a été prise suite à l’étude de ce dossier par le conseil des ministres. Le gouvernement de Yayi  pense que « la situation économique des Sociétés d’Etat, des Sociétés d’Economie Mixte, des Offices et Etablissements publics au Bénin se dégrade de jour en jour. Les taux de profitabilité quasi-nulle et parfois négatifs qu’affichent toutes ces unités de production sont l’illustration tangible de leur situation », déclare le conseil des ministres. Mieux les ministres annoncent que le « Conseil des Ministres a par ailleurs noté que les pratiques de mauvaise gouvernance, sur fonds d’octrois anarchiques de primes et d’indemnités, gonflant les charges d’exploitation sans commune mesure avec les ressources, et ayant conduit à une époque donnée à la faillite et à la dissolution de nombreuses entreprises publiques dans notre pays, ont encore cours dans ces sociétés d’Etat et menacent dangereusement leur survie ».

L’autre aspect qui crée la polémique est que le gouvernement déclare que la « Convention Collective générale ainsi que les Conventions Collectives particulières sur la base desquelles fonctionnent les Entreprises d’Etat ont besoin d’actualisation pour être en conformité avec les règles et pratiques de gouvernance dans la sous-région, notamment celles de l’Organisation pour l'Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA) »

 

Les mesures semblent bien décidées mais draconiennes

Le gouvernement s’est dit très préoccupé «  de préserver la vie des entreprises publiques de notre pays ainsi que l’emploi et la survie des travailleurs et de leurs familles respectives ». Alors il décide « d’instaurer de nouvelles pratiques visant la meilleure gouvernance possible au sein de ces entreprises publiques par l’actualisation du cadre juridique et la mise aux normes des règles de l’OHADA de la Convention Collective générale et des Conventions Collectives particulières qui régissent la gestion de ces unités de production ». En plus il est question « de mettre en place sous la supervision de l’Inspecteur Général d’Etat, un Comité qui sera chargé de procéder à la relecture de toutes les Conventions Collectives et de proposer au Conseil des Ministres de nouvelles règles visant l’assainissement de la gouvernance au sein des Entreprises publiques de notre pays et prenant en compte la nécessité de définir un nouveau mode de rémunération et d’octroi de primes et indemnités de toutes sortes ».

« Le Conseil des Ministres saisit la présente occasion pour rappeler au peuple béninois en général et aux travailleurs des entreprises publiques en particulier, que ces entreprises sont des Sociétés d’Etat qui n’appartiennent pas à des individus, mais restent les propriétés de la communauté nationale et de l’Etat béninois qui en est l’actionnaire principal et l’employeur de tous ceux qui y travaillent. En conséquence, ces entreprises doivent être bien gérées pour permettre aux générations présentes et futures d’en tirer le meilleur profit, et d’assurer la prospérité de la nation béninoise ».

A y voir de très près, Boni Y quand même Yayi et son gouvernement veulent contourner les problèmes évoqués par les syndicats et leur central. La suppression des primes et indemnités sera renégociés pour   avec les conclusions.

 

Claude ALOFA

Publié dans Actualité

Commenter cet article