Présidentielle et législatives de 2011 : Quelle Lépi pour quelles élections ?

Publié le par L'informateur

« J’appelle les populations au calme et à la patience par rapport aux dysfonctionnements observés autour de la réalisation de la Lépi ». Cette phrase lâchée récemment par le maire de Tchaourou (commune d’origine du président Boni Yayi), traduit à maints égards le bien-fondé des appréhensions de la classe politique et des organisations de la société civile par rapport à cette liste cuisinée dans le top secret de la Cps-Lépi par l’équipe d’Arifari Bako. En effet, les récriminations des uns et des autres sur cette liste qui, dit-on, va servir aux scrutins de 2011, font monter la peur dans tous les cœurs. Les plaintes et complaintes du genre : « Je n’ai pas été enrôlé », « Je n’ai pas retrouvé mon nom sur la liste affichée », « Mon nom a été retrouvé à un endroit autre que là où je me suis fait enregistrer », « On m’a donné un sexe que je n’ai pas », « Je ne sais pas encore où je vais voter », etc qui occupent les conversations des compatriotes de nos jours, suscitent une préoccupation légitime voire impérieuse : quelle Lépi, pour quelles élections ? Toute la question est là et il vaut la peine qu’on s’y penche. De quelle utilité sera cet « instrument de développement » que nous souhaitons de tous nos vœux, s’il doit conduire au déchirement du tissu social, à l’altération de la paix et à la remise en cause de notre processus démocratique ? La tension monte partout. La menace devient de plus en plus grande. Les populations oubliées ou exclues du processus de la Lépi à 6 jours de son terme, réclament leur droit au vote et un traitement juste et équitable.

La marche organisée lundi dernier par des milliers de Cotonois sur la Cps-Lépi, est symptomatique d’un malaise profond qui risque de dégénérer si on n’y prend garde. La Lépi du 15 février nous garantit-elle des élections pacifiques ? La Lépi Bako rassure-t-elle de la transparence des élections ? Pourquoi s’amuse-t-on à fournir les armes de notre autodestruction ? Ces différentes interrogations interpellent les gouvernants, la classe politique nationale, les organisations de la société civile, puis les diverses institutions de la République. Que chacun à son niveau fasse ce qui est en son pouvoir pour préserver la paix dans notre pays car, l’heure est grave et nul ne sera à l’abri en cas de violence ; de violence inutile. Comment veut-on gérer les conséquences des menaces qui montent d’Abomey-Calavi à Porto-novo en passant par Cotonou ?  Nous avons entendu le maire de Porto-novo dire que 210 mille de ses administrés sont en train d’être exclus du vote du 27 février et qu’ils ne laisseront pas faire. Nous avons suivi les populations de Togba dans la commune d’Abomey-Calavi massivement oubliées par cette Lépi, marteler que « sans elles, il n’y aura pas match ». C’est le cœur meurtri que nous avons suivi lundi dernier, des manifestantes réclamées leur droit au vote… La situation est décriée dans la quasi-totalité des communes. L’impasse est à nos portes. La date pour laquelle le corps électoral est convoqué, approche à grands pas. On ne sait réellement pas ce qui va advenir des oubliés de l’opération de la Lépi. On ne sait pas non plus quel crédit accordé à cette liste qui sera bouclée dans 6 jours. Une fois encore, l’heure est grave. Mais on fait comme si de rien n’était. Le maire de Tchaourou a demandé aux populations d’être patientes et de rester sereines face aux dysfonctionnements. Mais jusqu’à quand vont-elles attendre ? Qu’elles prennent leur mal en patience jusqu’au soir du 27 février ? Qu’elles acceptent d’être exclues du processus électoral pour les 10 prochaines années ? La situation est très délicate et mérite d’être examinée avec clairvoyance et esprit patriotique. Il vaut mieux agir ici et maintenant. Avant qu’il ne soit trop tard.Ignace SOGLO

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