Présidentielle de 2016 : Topanou veut combattre Koupaki et Nago

Publié le par L'informateur

L’ex-ministre de la justice Victor Topanou souhaite une alternance au sommet de l’Etat en 2016.  Il a promis, hier sur Canal 3 Bénin, de combattre le camp Boni  Yayi lors de la prochaine  présidentielle. En bon antirévisionniste, il veut que le pouvoir change de main et de camp.  

Le fameux «K.O»  de Boni Yayi à la présidentielle écoulée  a étourdi Victor Topanou. L’ex-garde des sceaux ne s’en revenait pas dès l’annonce de la «victoire» du chef de l’Etat au premier tour du scrutin présidentiel. « J’ai été abasourdi. Je me suis dit si cela se  passait dans mon pays», a-t-il révélé sans détours.

L’ancien ministre de la justice ne se trouve pas dans la «victoire» du chef de l’Etat. Comme une frange de Béninois, le «K.O» est tombé sur sa tête. Un résultat  qu’il n’a pas consommé jusqu’à présent. N’ayant pas digéré cette « victoire », l’ancien candidat malheureux à la présidentielle n’entend plus travailler avec le président de la République. Il veut animer la vie politique aux côtés de certains politiciens pour prendre le pouvoir. Il rêve d’une alternance au pouvoir en 2016.  

Ni le Premier ministre ni le président de l’Assemblée nationale ne peut prétendre prendre la place de Boni Yayi en 2016, estime Victor Topanou, allusion faite à la guéguerre entre Pascal Koupaki et Mathurin Nago dans la presse. Une guéguerre qui s’inscrit dans la perspective de la prochaine présidentielle. « Le pouvoir n’est pas héréditaire. Nous allons  les combattre tous deux », a-t-il martelé. Il n’est question que le pouvoir retourne dans le camp Yayi, à en croire le professeur de droit. Il épouse  la logique des opposants qui n’entendent pas voir le camp du chef de l’Etat diriger le Bénin pendant plus de dix ans. Là, il revient au  peuple d’en décider.

Topanou, un antirévisionniste

La Constitution de 1991 est assez souple pour s’adapter à toutes les situations, selon l’ancien ministre de la justice de Yayi. Il s’oppose à toute révision «opportuniste» ou de «réconfort» à la veille du départ du successeur de Mathieu Kérékou. « Si on veut réviser, il faut que l’Etat soit dans une situation non prévue dans la Constitution. Mais on n’est pas dans le cas», a-t-il expliqué. Il reconnaît que la loi fondamentale contient des insuffisances. Mais la Constitution n’est, dit-il, parfaite nulle part.     

Le professeur de droit craint que la situation sénégalaise gagne le Bénin.  La probabilité que  le chef de l’Etat  triche avec une « nouvelle constitution » est forte. L’ancien garde des sceaux a cité les fameux exemples du Sénégal, du Burkina, du Gabon et d’autres pays africains qui ont emprunté cette «dangereuse» voie de modification de la loi fondamentale. « On a dit que le K.O n’est pas possible au Bénin. Mais ça été fait. », a rappelé l’ex-ministre de la justice. Une fois la Constitution révisée, les proches du pouvoir vont demander  au chef de l’Etat de se représenter à la présidentielle pour un troisième mandat illégal. Sur ce, Victor Topanou condamne la position de l’Union africaine qui, avant la présidentielle sénégalaise, propose une transition si Abdoulaye Wade gagne l’élection. Selon lui, rien ne prouve que le vieux Wolof cède le pouvoir s’il remporte la bataille électorale.

La refondation sous les feux de la critique

Topanou jure de n’avoir rien compris de la «refondation» de son ancien maître. Il trouve que la première année du second et dernier de Yayi est particulièrement difficile. L’ancien porte-parole du gouvernement met l’accent sur la cherté de la vie et la grogne syndicale. Il qualifie cette situation d’une crise à répétition. « Je ne peux pas parler de la refondation parce que je ne sais pas ce que c’est. », a juré le professeur la main sur le cœur. Le mot  ne lui est pas étranger  mais le concept. Il n’est pas imprégné de ce concept de l’homme de Tchaorou.  

L’ex-candidat malheureux de la présidentielle voit deux principes s’affronter dans la réforme. « L’objectif de faire la réforme sans que personne ne s’y oppose. Mais la réforme n’atteint pas les résultats escomptés. », se désole-t-il. Il dénonce la position tranchée de certains collaborateurs du chef de l’Etat au sujet la résiliation ou non du contrat de Bénin Control. Seulement parce que le gouvernement n’a dit nulle part qu’il veut résilier le contrat en question. Il ne comprend pas pourquoi les «réformateurs» défendent le Pvi en s’opposant à la résiliation dudit contrat.  Topanou soupçonne un malaise politique au sommet de l’Etat. «Il faut un bilan à mi-parcours», a-t-il conseillé au président de la République.

L’ancien porte-parole du gouvernement ne partage plus les idéaux du changement encore moins de la refondation. Topanou est prêt pour insuffler un nouveau dynamisme au développement du Bénin. Le professeur de droit entend alors œuvrer pour que le pouvoir change de camp en 2016.

Aziz IMOROU

Topanou désavoue le gouvernement dans Icc-Services

«Les gens ont placé 1 million et ils ont pris déjà  près de 3 millions sous forme d’intérêt. L’intérêt là est venu d’où ? C’est l’argent que les responsables prenaient chez les nouveaux déposants. Il n’y a pas d’intérêt. Ils doivent rembourser le trop perçu. Ceux qui ne vont pas s’acquitter, la deuxième phase est la poursuite», a martelé Justin Gbènamèto, le procureur de la République près le tribunal de Cotonou, au sujet du  dossier Icc-Services et consorts.

Mais l’ex-ministre de la justice ne voit pas d’un bon œil cette  sortie médiatique du procureur de la République dans l’affaire relative aux structures illégales de placement d’argent. « Je n’ai pas compris la déclaration du procureur. On ne peut pas condamner les déposants », a répliqué l’ancien garde des sceaux. Selon Victor Topanou, si dans le contrat, on place  100 mille francs pour prendre 150 mille francs et qu’on a pris 150 mille francs, il n’y a pas de trop perçu. On peut parler de trop perçu si on dépose 100 mille francs et on a pris 200 mille francs.

Le gouvernement ne peut pas poursuivre, selon le professeur de droit,  les clients de Icc-Services et consorts pour le trop perçu. Il n’y a pas de trop perçu qui tienne. Le régime Boni Yayi use d’un subterfuge  pour ne pas rembourser les spoliés.  Le pouvoir a mis sous le boisseau les milliards de francs Cfa retrouvés aux domiciles de Guy Akplogan et Emile Tégbénou. Le régime ne parle non plus des millions de francs issus de la vente des véhicules et autres  biens des responsables de Icc-Services. En vue de ne pas payer les spoliés, le gouvernement se cache dernière un faux débat de trop perçu.    

 Aziz IMOROU

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