Présidentielle 2016 : Nago veut prendre son indépendance vis-à-vis du pouvoir

Publié le par L'informateur

En prélude à la présidentielle de 2016, le président de l’Assemblée prend son autonomie vis-à-vis du chef de l’Etat, en privilégiant des actions sur le terrain politique.

«Ce n’est pas également inscrit dans la Constitution que le président de la République et les ministres doivent aller faire des tournées. », a déclaré Mathurin Nago. Il a attaqué le camp Boni Yayi qui voit dans ses sorties des élans électoralistes. Le numéro 1 des députés a justifié ses sorties à travers le pays.

«La retraite parlementaire, c’est  juste un forum des députés pour discuter d’un certain nombre de problèmes. De la même manière, nous venons ici pour vous entretenir sur un certain nombre de dossiers et on ne peut pas nous dire que c’est contraire à la Constitution. Il y a des missions qui sont les nôtres. Nous avons le devoir en tant que responsable, pour pouvoir atteindre les objectifs qui sont les nôtres, de développer des stratégies pour pouvoir les réaliser.», a déclaré le président de l’Assemblée dans les colonnes du quotidien Fraternité.

Mathurin Nago a privilégié, au cours de cette 6è législature, les actions sur le terrain. Il sort des quatre coins de son bureau. Le président du parlement  est, en tout cas, en contacts permanents avec ses mandants. Il a initié une série de tournées, histoire d’atteindre ses objectifs. Une telle innovation n’a pas reçu l’adhésion des proches du régime. Seulement,  Nago  a choisi l’occasion pour répondre à ses détracteurs. Il a légalisé  ses tournées qui sont sous les feux de la critique depuis la retraite parlementaire à Parakou.

 

Nago attaque le camp Yayi

Le président du parlement ne s’est pas arrêté en si bon chemin dans ses envolées lyriques.  Si lui, deuxième personnalité de l’Etat,  n’a pas le droit de descendre vers les populations, le chef de l’Etat et ses ministres n’en ont aucun  du point de vue constitutionnel.   « Ce n’est pas également inscrit dans la Constitution que le président de la République et les Ministres doivent aller faire des tournées. Non ! Ce sont des stratégies et des actions qu’ils doivent développer pour pouvoir atteindre les objectifs qui sont les leurs », s’obstine-t-il à défendre bec et ongle.

En attaquant les autorités au sommet de l’Etat, Mathurin Nago prend son indépendance vis-à-vis du pouvoir. Le divorce entre  Yayi et Nago est-il consommé ? Il est difficile de l’affirmer. Mais aussi laconique que puisse paraître cette portion de phrase de Nago, elle contient des impulsions d’indépendance. Il s’en est pris ouvertement au gouvernement et à son chef. Si les ministres et le chef de l’Etat sont libres de mener des actions sur le terrain politique, ils ne  peuvent pas  l’en empêcher. Encore que le président de l’Assemblée  est le numéro 2 de l’Etat. Il a rang d’un ministre, qu’il soit Premier ou non, et plus encore.

Mais qu’est-ce qui fâche Nago ? Certains gourous de la République  ont tenté de l’empêcher d’effectuer une visite à la maison d’arrêt de Cotonou. Il a expliqué que la 6ème  législature doit faire son travail et répondre aux besoins réels du peuple. « Ce n’est pas des visites folkloriques. J’ai mes mandants qui vivent des conditions en prison. Je veux aller  voir leurs conditions d’incarcération, pour pouvoir légiférer, et on veut m’empêcher d’y aller. On me dit que c’est électoraliste. Nous avons été à la prison civile de Cotonou», martèle-t-il sans détours. Il a dévoilé ainsi un secret.

En clair, on a tenté d’empêcher le président de l’Assemblée d’aller à la maison carcérale de Cotonou. Mais qui peut interdire à Nago de poser un tel acte ? L’opposition de Me Adrien Houngbédji n’en a pas la capacité. L’interdiction provient alors de la mouvance à laquelle appartient la deuxième personnalité de l’Etat. Seul, le pouvoir Boni Yayi est habilité à interdire le déplacement d’un citoyen ou d’une personnalité à l’intérieur du pays. Si l’exécutif en arrive à cet « extrême », il a ses raisons. Nonobstant cela, Mathurin Nago s’est rendu à la prison  en défiant l’autorité du chef de l’Etat.

Le président du parlement veut prendre, à quatre ans de la présidentielle de 2016, ses distances vis-à-vis du chef de l’Etat. Mais quel intérêt divise Yayi et Nago ? L’avenir nous édifiera.

Aziz IMOROU

Publié dans Politique

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