Première session extraordinaire de l’année 2012 : Difficile entente de coulisse autour de la révision de la constitution

Publié le par L'informateur

Parmi les 5 points inscrits à l’ordre du jour  de la première session extraordinaire de l’année qui s’ouvre aujourd’hui lundi 19 mars  2012, figure en bonne place le projet de révision de la constitution. Depuis un moment, le sujet est sur toutes les lèvres mais avec des positions divergentes de part et d’autres. A  la veille de l’ouverture de la session qui doit être consacrée entre autres  à cette affaire,  une voix politique s’est officiellement élevée pour dire non à une révision de la constitution à la va vite. Cette voix venant de l’opposition n’a fait que dire haut ce que certaines voix d’une certaine catégorie de la mouvance disent bas. Quoi de plus normal pour clamer que la révision tant vantée par certains béninois a du plomb dans les ailes surtout que la société civile venait aussi de partager ses réserves avec le peuple béninois.

Sur l’émission télévisuelle Zone franche  d’hier dimanche 18 mars 2012 d’une des chaines de télévision de la place, l’honorable Eric Houndété a donné la position de l’opposition face à la révision de la constitution. Et on peut retenir  que l’opposition n’est pas d’accord pour la révision de la constitution telle qu’elle est pilotée actuellement. Pour lui, le sujet doit susciter un débat national qui accouche d’un  consensus sur le sujet. Pour le député de kpomassè qui avait déjà fait une communication sue ce thème lors de la retraite parlementaire des députés tenue du 6 au 8 février 2012,  ce sujet quoi qu’opportun  n’est pas aussi urgent pour qu’on brûle tant d’étapes en l’insérant  dans une session extraordinaire comme point à débattre. Il est d’accord que la constitution béninoise a des lacunes qu’on doit évacuer. Il apostrophe l’angle de la cour des comptes et celui de la haute cours de justice et pense que ces sujets peuvent faire l’objet d’étude particulière par les politiques qui peuvent décider de trouver une solution à ces points. Mais vouloir toucher tout le texte pose un problème et cache quelque chose. C’est pour ces analyses qu’il annonce que l’opposition n’est pas partante pour la révision précipitée de la constitution. L’opposition n’est pas seule dans cette position.

Elle  a déjà fait l’objet d’un atelier  des organisations de la société civile  la semaine écoulée. Les participants ont attiré l’attention des élus de la nation que sont les députés. Ils en appellent à leurs sens d’écoute et de responsabilité et les invitent au dialogue. Ils leur demandent ainsi de renoncer à une révision telle que c’est piloté  à la va vite surtout que c’est programmé pour la session extraordinaire qui s’ouvre aujourd’hui 19 mars 2012. A  en croire aux participants de cet atelier, cette affaire requiert un délai minimum d’un an pour de véritables échanges entre les leaders d’opinion, les autorités traditionnelles, morales et religieuses, les associations diverses même des sociétés non organisées, bref un débat  entre toutes les couches de la société béninoise.

En bref, ils suscitent un amendement éclairé de cette bible de la nation béninoise afin que tout le monde s’y retrouve. 

A côté de ces deux positions clairement affichées, se trouve une autre position. C’est celle de certains députés de la mouvance qui se concertent en ce moment  pour faire échec à ce projet. Ils sont majoritairement du septentrion.  Pour le moment, ils préfèrent  rester dans l’ombre.  Ces derniers sont choqués par la précipitation qui caractérise  ce dossier et pense que cela cache certainement quelque chose. Parmi eux, les jeunes sont plus pointues  et méfiants dans leurs arguments. A en croire  l’un d’entre eux, «  ils faut faire très attention avec nos aînés qui sont entrain de nous conduire vers une destination inconnue. Rien ne presse pour la révision de la constitution. Et nous devons éviter de nous lier les mains quand bien même nos yeux sont pour le moment bandés ». Il ajoute que jusqu’ici, il n’a pas encore une idée du contenu  du projet. Tous les jours, il est remodelé et il y a trop de discours pour l’enjoliver.  Pour conclure, il pense qu’il faut faire très attention quand l’emballage se présente sous cette forme. 

Avec ces différentes positions  émanant de l’opposition, de la mouvance et de la société civile, nous pouvons dire qu’il reste beaucoup à faire pour que la constitution du 11 décembre 1990 soit révisée. Toute chose qui pousse à dire qu’elle ne passera pas au cours de cette session extraordinaire. Sauf miracle. 

Geoffroy  Wusa

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