Pour reprendre le chemin des écoles : Les enseignants exigent un acte administratif

Publié le par L'informateur

Le dialogue de sourds entre l’exécutif et  les enseignants continue au sujet  de la crise éducative. Le porte-parole des grévistes Paulin Gbénou a exigé, hier sur Canal 3 Bénin,  un acte pour reprendre le chemin des écoles.

«Nous, on n’est pas dans une dynamique d’une année blanche. Mais si le gouvernement fait l’option d’une année blanche, il endossera la responsabilité», précise Paulin Gbénou. Le syndicaliste a dénoncé la mauvaise foi de l’exécutif. « On ne peut pas sortir de cette crise sans un acte signé. Nous ne réclamons pas l’argent tout suite. Mais vous devez nécessairement prendre un engagement», renchérit le porte-parole. Il renvoie  la balle dans le camp du régime Boni Yayi.

Le spectre d’une année blanche plane sur le monde scolaire béninois. Mais au moment où les écoliers et les élèves sont abandonnés à eux-mêmes, les protagonistes de la grève  dans le secteur éducatif restent campés sur leur position. Ni les autorités gouvernementales ni les enseignants ne veulent faire de concession pour une sortie de crise.

« Le chef de l’Etat n’a pris aucun engagement », déclare la ministre des finances Adidjatou Mathys, allusion faite à la rencontre entre le président de la République et les enseignants au palais. Elle a fait savoir que Boni Yayi n’a dicté aucune ligne de conduite au Premier ministre Pascal Koupaki. « On ne peut pas bouger aujourd’hui. Sinon, nous allons signer notre arrêt de mort. », poursuit-elle en demandant aux hommes de la craie de reprendre le chemin des classes.

La ministre  des finances  n’a pas, en tout cas, bougé d’un iota. Sinon, elle a fait une marche à reculons. Elle rappelle que  le ratio normal est de 35% mais le Bénin est à plus de 47%. La trésorière nationale revient en arrière pour expliquer que les 25%  sur salaire sont contenus dans un décret antérieur. L’allocation d’incitation à la fonction enseignante est, dit-elle,  une nouvelle revendication.  Il n’est pas question de donner satisfaction à la revendication des grévistes. « Nous avons le dos au mur. », martèle-t-elle sans détours.

Le représentant des éducateurs rebondit. Paulin Gbénou a expliqué que ce ne sont pas les enseignants qui ont fait que le ratio est allé jusqu’à 47%. Il accuse à tort ou à raison le gouvernement d’être à la base de l’augmentation du ratio. Le syndicaliste rappelle que Barak Obama gagne 15 millions en Amérique, Nicolas Sarkozy perçoit 13 millions en France mais Boni Yayi empoche 17 millions au Bénin. Comme quoi, l’exécutif est appelé à revoir les indemnités des cadres de la présidence et des autorités au sommet de l’Etat.

Mais le pouvoir ne veut rien  concéder aux grévistes. La preuve est que le chef de l’Etat a demandé aux appelés aux services militaires de se faire recenser pour remplacer les enseignants. Les hommes de la craie demandent, en tout cas,   la prise d’un acte administratif pour reprendre le chemin des écoles. Cependant, le gouvernement oppose une fin de non recevoir à cette requête. L’argentière nationale est catégorique sur la question.

L’épilogue de la crise éducative n’est pas pour demain. On est à quelques jours d’une année blanche.  Une telle situation pénalise les écoliers et les élèves. Mais le gouvernement et les enseignants ne regardent pas, depuis 24 janvier, dans la même direction.

Aziz IMOROU

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