Pour les avoir traités de corrompus : Les magistrats invitent Marie Elise Gbèdo à la démission

Publié le par L'informateur

Les magistrats  ont exigé, hier, la démission du garde des sceaux  au cours d’un point de presse à Cotonou. Ils ont jugé inopportun le maintien de Marie Elise Gbèdo à la tête du ministère de la justice.

Le torchon brûle entre la ministre de la justice et les magistrats. Ces derniers réclament la démission de leur ministre de tutelle. «Il n’est pas bon de garder à la tête du ministère de la justice quelqu’un qui dit que la justice est corrompue», a déclaré le président de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) Onésime Madodé.

En effet, la lune de miel entre la ministre de la justice et les hommes de toge rouge-noire est conjuguée au passé. Les magistrats ne veulent plus, en tout cas,  Me Marie Elise Gbèdo à la tête du ministère de la justice. Ils lui conseillent de déposer le tablier pour son honneur. Le bon sens doit la guider à quitter les choses ici et maintenant, estime le président de l’Unamab

La colère des magistrats est montée d’un cran. Une colère qui puise sa sève dans la récente déclaration de la ministre Marie Elise Gbèdo lors de la journée de lutte contre la corruption. «Je gère des magistrats corrompus», a laissé entendre la ministre de la justice. Comme on pouvait s’y attendre ces propos n’ont pas reçu un écho favorable au sein de la corporation indexée. Les propos de Marie Elise Gbèdo sont excessifs, indécents, inconvenants et provocateurs aux yeux des magistrats, estime Onésine Madodé.

La garde des sceaux est sommée de présenter les preuves de ses allégations «outrageantes» à l’égard des magistrats. Onésime Madodé et les siens lui ont exigé les statistiques des magistrats corrompus.  Marie Elise Gbèdo est tenue de présenter le nombre de magistrats en fonction, le nombre de plaintes enregistrées contre eux, le nombre de plaintes non avérées et le nombre de plaintes ayant fait l’objet de poursuite disciplinaire devant le conseil supérieur de la magistrature.

Les magistrats n’entendent pas s’arrêter à mi-chemin. Ils projettent une assemblée générale pour vendredi prochain. Là, ils vont décider du sort de la ministre de la justice. En dehors des propos « provocateurs » de Marie Elise Gbèdo, les récentes nominations à la tête des tribunaux vont être sur le tapis. Une mutation que les magistrats qualifient d’arbitraire.

Aziz IMOROU

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