Pour défense d’une hypothétique autorité de l’Etat : La jeunesse scolaire sacrifiée, le savoir bradé

Publié le par L'informateur

Le gouvernement a décidé le jeudi dernier, à la veille des congés de pâques, que ces congés étaient rapportés et que les congés ne tenaient donc plus du 6 au 23 avril 2012. Les enseignants, tout en courroux, se sont offusqués et ont répliqué au gouvernement : les congés sont sacrés, on n’y touche qu’après négociation entre le pouvoir et les syndicalistes. Au moment où la polémique s’enfle, l’école elle se meurt. Et…

Les ministres des enseignements primaire et secondaire passent le meilleur de leur temps à expliquer par-ci par-là que c’est du droit et du devoir du gouvernement d’élaborer le calendrier scolaire et d’en informer les responsables des enseignants. Pour les enseignants il n’est pas question que le gouvernement décide de changer un programme sans que tout au moins les acteurs enseignants ne soient associés. Dans ce cadre les enseignants disent ne pas être prêts à échanger leurs jours de congés contre la continuité dans les activités académiques dans les écoles et collèges de Cotonou. Alors le problème devient crucial.

Le gouvernement tient et affirme que les congés de pâques ne se tiennent plus cours et donc que les enseignants sont tenus de se rendre dans les écoles et collèges pour que tout au moins une partie des deux mois de grève observée par les enseignants. Dans ce vacarme d’adultes, les élèves et écoliers eux sont juste sacrifiés. Et pour cause !

Du fait de cette mésentente les enseignants ne se présentent pas au cours. Ils sont en congé. Le gouvernement lui fixe, ici aussi de manière unilatérale, les dates de tenue des divers examens qui sanctionnent la fin des activités académiques. Les apprenants eux sont toujours présents dans les écoles et collèges. Ils attendent la probable et hypothétique apparition de l’enseignant qu’ils ont au programme. En vain ils attendront. Et les jours se suivent et se ressemblent dans la désolation pour ces jeunes espoirs du développement du Bénin. Mieux ils ne reçoivent pas d’enseignement, pire il est créé du trouble, de la confusion dans leur tête quand à l’issue que connaîtra cette crise persistante.

Dans ce jeu bien flou, le gouvernement se contente de ce que les enseignants vont au cours dans leur grande majorité. Soit ! Et alors, est-on tenté de dire ? Quel sort réserve-t-on à la "petite minorité" (selon le gouvernement) des apprenants qui ne reçoit pas d’enseignants pour leurs cours ? le gouvernement se satisferait-il de ce qu’une grande partie des enseignants répond présent aux cours pour sacrifier la minorité ? Sommes-nous dans un système où on ne reconnaîtrait que ceux-là qui ont la chance d’avoir des enseignants qui répondent toujours à leurs cours quelques soient les situations ? Que va-t-il se passer maintenant où il est clair que certains enseignants observent bien leur congé sans se soucier de mettre pied dans les écoles et établissements publics ?

Claude ALOFA

Publié dans Société

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