Porto-Novo : Les gendarmes détruisent les affiches de ‘’Non à la Lépi truquée’’

Publié le par L'informateur

Hier aux environs de 20 heures, les forces de l’ordre, et plus précisément les gendarmes ont procédé à la destruction des affiches ‘’Non à une Lépi truquée’’ collées dans la ville de Porto-Novo. C’est le cas du panneau publicitaire situé devant la Haute cour de justice qui a attiré l’attention de plus d’un. Ils étaient au nombre d’une dizaine, trois d’entre eux, à l’écart, les doigts sur les kalachnikovs, étaient concentrés et guettaient le premier salopard. Deux autres en tenue kaki donnaient les instructions. Deux, moins gradés montent sur l’échelle pour décoller l’affiche. Le reste était en position de sentinelle. Ils ont même cherché des seaux d’eau pour forcer le décollage.  Ils étaient une dizaine environ rompus à cette besogne sous les regards impuissants de la population qui suivait le spectacle en retrait. Chacun y  allait de son commentaire.

Tous nos efforts pour joindre les hauts responsables de la gendarmerie pour en savoir sur ce nouveau rôle de la gendarmerie étaient vains. La plupart des portables étaient fermés. Un chef de brigade, son adjoint, encore moins son adjoint et même le directeur de la gendarmerie ne peuvent se lever pour poser les actes de telle facture. L’ordre est certainement venu d’en haut. C’est une hypothèse que nous vérifierons dans les jours à venir. C’est entre autre ce que se disaient les populations retirées à l’autre côté de la voie. On pouvait  aussi retenir de tout ce qui se disait que c’est déjà la descente aux enfers au Bénin. Contrairement à ce que fait croire le pouvoir en place, les libertés sont confisquées dans un pays démocratique comme le notre. Car l’affiche est une communication et la détruire de cette manière est une atteinte grave aux libertés d’expression. Le pouvoir de changement est décidé à priver les béninois de leurs libertés chèrement acquises au prix de haute lutte. Les affiches ‘’Touche pas à ma constitution’’ sont longtemps restées sur les panneaux publicitaires dans ce pays pour empêcher le général Mathieu Kérékou de procéder à la révision de la constitution pour se reconduire en 2006. Si le Général avait fait réviser la constitution, Yayi n’aurait pas été élu président de la République. Et si c’est sous son mandat que les choses du genre se passent, il y a lieu de s’alarmer et de crier au scandale. Avec lui, on aura tout vu. Peut-être qu’on n’a encore rien vu. Puisse Dieu nous prête vie pour qu’on voie toutes les dérives de l’ère démocratique sous le changement.  

Géoffroy Wusa

Publié dans Actualité

Commenter cet article