Port de Cotonou : Yayi met sa réforme entre parenthèses (300 camions sortis sans formalités)

Publié le par L'informateur

Le chef de l’Etat a effectué, hier, une descente musclée au port de Cotonou.  Sur ses instructions,  300 camions chargés de marchandises sont sortis sans les formalités d’usage.

Situation exception, mesure exceptionnelle, dit-on. Le chef de l’Etat  a été à l’école de ce dicton. Sans les formalités liées à la réforme portuaire, plusieurs centaines de véhicules chargés de marchandises ont été enlevés pour le Niger, le Burkina et le Tchad.  Boni Yayi   a sorti ces véhicules pour contourner les usagers du port qui se mettent à travers de sa réforme.

« Nous n’avons pas évolué.  Avec toute la mobilisation, nous n’avons pas pu sortir un seul camion », a déclaré le Dg/port Joseph Ahanhanzo Glèlè. Il a fait remarquer que les véhicules ne sont toujours pas dégagés de l’enceinte portuaire.

Une telle situation d’encombrement du port ne peut pas perdurer. « Je prends les choses en main. Mais que ce soit la dernière fois que de telle chose se passe dans l’enceinte portuaire. Les 300 camions vont partir avec 300 militaires », a rétorqué Boni Yayi.   

Sur ce, la grande muette s’est mise à la tâche.  Chaque camion a à son bord un militaire armé. Un a un, les 300 titans sont sortis du port. Sans les formalités à proprement parler, les chauffeurs se sont exécutés. En file indienne, ces véhicules ont pris la route des pays de l’Hinterland.

«On remplit d’habitude les formalités ici.   On ne peut pas quitter le port sans papier. Je ne sais pas comment ça va se passer en chemin », a lâché un chauffeur.

La réforme portuaire est mise entre parenthèses pour l’heure. La situation oblige. L’objectif de Boni Yayi est de déjouer le plan des acteurs du port qui bloque sa réforme. Comme on ne faire d’omelette sans casser des œufs, le président de la République a mis de côté le tracking et le scanning. Une manière de vite évoluer.

Un hélicoptère a pris la direction du convoyage. Le rôle de cet appareil volant est de surveiller le convoi de ces  véhicules jusqu’à destination. Les militaires vont finir leur mission à la frontière. Une fois à Porga ou à Malanville, ils vont se retourner. Les chauffeurs vont prendre la route pour leurs vraies destinations.   

Ces titans sont bloqués au port de Cotonou depuis peu. Les transports sont à couteaux tirés avec la Sobemap pour une affaire de sous. Les 300 camions ont encombré la maion portuaire. Le président de la République a invités les protagonistes à la table de négociation. Les uns et les autres ont promis de décanter la situation. Mais rien n’a bougé. Boni Yayi a pris ses responsabilités.

Aziz IMOROU

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