Polémique autour du PVI : Yayi exprime sa déception

Publié le par L'informateur

Le chef de l’Etat, le docteur Thomas Boni Yayi s’est exprimé hier au sujet du programme de vérification des importations (PVI). Pour Boni Yayi, il n’y a pas de doute à avoir. Le Pvi entre désormais dans la chaîne des activités douanières au Bénin. Et là-dessus la chef de l’Etat répond à tous ceux qui croient encore qu’il puisse exister une pression pour le faire reculer. Il ajoute « J’ai lu dans certains journaux que la mafia veut contraindre YAYI BONI à reculer. Eh bien je vous le dis, je ne reculerai jamais. Et je ferai tout pour que le dispositif mis en place profite à tout le peuple béninois ici, maintenant et demain». Mais le président n’a pas fait que dire ce qui pense de ce programme, il a exprimé son désarroi, sa déception quant aux comportements de certains Béninois. Le chef de l’Etat ne comprend pas certains de ses compatriotes.

Boni Yayi ne comprend pas que des Béninois se rebellent contre l’intrusion du Pvi dans le système douanier béninois. Cette incompréhension trouve sa légitimité dans les réalités mêmes du fonctionnement de la douane béninoise. En effet il y a plus de 20 ans que les autorités gouvernementales du Bénin avaient lancé l’idée de la nécessité d’une informatisation des opérations de déclaration douanière aux différents postes douaniers. Il y a plus de 20 ans que les autorités béninoises ont exprimé l’importance des déclarations douanières informatisées. Il y a 20 ans que le Bénin a fait le choix de la vérification de tous les produits qui passent par les postes douaniers du Bénin par le scanner. Alors le président ne comprend pas que certains Béninois se dressent aujourd’hui contre la mise en place de ce mécanisme.

Boni Yayi ne comprend pas, d’autant plus que les attentes n’ont pas été comblées par la prestation des sociétés telles que Bivac et autres qui avaient pour mission d’aider le Bénin à gérer mieux le contrôle des produits qui prennent par les douanes du Bénin. Si tout le monde est d’avis que le contrôle douanier au Bénin doit être revu pour quitter les sentiers battus et se moderniser, le président ne comprend pas certains continuent de s’opposer à la mise en œuvre du Pvi.

Boni Yayi ne comprend pas les récriminations contre le Pvi. Il rappelle que le Bénin utilisait l’approche consensuelle de fixation des tarifs douaniers à appliquer aux produits à déclarer fait que les taux sont appliqués selon la tête du client, sa couleur, sa taille mais surtout la taille du pourboire à donner. Alors il était à espérer que les importateurs et exportateurs soient les premiers à applaudir l’arrivée du Pvi. C’est pour cela que Boni Yayi ne comprend pas.

Le chef de l’Etat rappelle aussi que la taxation par consensus entre le douanier et l’importateur défavorise les caisses de l’Etat.  Ceci se traduit par une différence de 3 milliards d’euros de taxes sur importations dont le trésor public ne bénéficie. Ainsi selon les sources du chef de l’Etat, la France aurait déclaré que le Bénin importe des produits pour 4 milliards d’Euros alors que le Bénin ne retrouve dans ses caisses que la modique somme d’1 milliards d’euros. Alors il ne comprend pas que des personnes qui se disent soucieux du développement de ce pays arrivent à s’opposer au nouveau système de vérification des importations.

Le docteur Thomas Boni Yayi ne comprend pas non les récriminations contre le fait que le Pvi soit confié à un de leurs compatriotes. En effet les opposants au Pvi  disent qu’il n’est pas normal que l’exécution de ce programme soit confiée à un Béninois à travers la société « Bénin Control Sa ». Et Boni Yayi de s’en offusquer.  Comment des béninois peuvent-ils s’opposer à ce que le gouvernement fasse confiance à un compatriote à eux pour la gestion d’un programme de développement tel que le Pvi. « Il faut que nous changions » dit Boni Yayi.

Le pire selon le chef de l’Etat réside en ceci que déjà des personnes parlent de l’augmentation des prix des produits de première nécessité. Comment des produits peuvent déjà connaître un accroissement de prix de vente alors qu’ils n’ont pas encore été dédouanés selon le nouveau système de vérification et de contrôle. S’agit-il d’une augmentation par avance ? Boni Yayi ne comprend pas.

Le Chef de l’Etat déplore la mesquinerie qui caractérise les débats. Le président recommande que nous allions tous  à plus de vertu et au changement de mentalité et de pratique.

« Il faut que les Béninois changent leur mentalité » demande le chef de l’Etat.

Claude ALOFA

Publié dans Actualité

Commenter cet article