Polémique autour des lois électorales : «Nous faisons confiance à la Cour», dixit Tidjani Serpos

Publié le par L'informateur

La loi 2010-33 des règles générales et la loi 2010-34 des règles particulières des prochaines élections suscitent une vive polémique au Bénin. Les honorables Karim Chabi Sika, Hélè Aholou Kèkè et consorts (mouvance) prédisent que la Cour constitutionnelle va casser ces lois qui, selon eux, violent la Constitution. Cependant, invité sur l’émission «Zone franche» de Canal3 hier, le député Ismaël Tidjini Serpos (opposition) se dit confiant.  Contrairement à ses collègues Fcbe qui donnent l’impression qu’ils sont dans le secret des délibérations de la Cour,  le député de l’Un fait confiance aux 7 sages avec leur tête Robert Dossou. «Les parlementaires ont fait leur part de travail. Le chef de l’Etat et la Cour constitutionnelle vont également faire leur part de travail. Toute décision prise par la Cour ne constitue pas le travail des parlementaires. Nous faisons confiance à la Cour… », a déclaré l’honorable Tidjani Serpos. Suite à cela, il a justifié le bien fondé des dispositions transitoires querellées. «Nous voulons que notre système électoral soit le plus transparent possible et que les institutions en change de l’organisation des élections soient les plus performantes possibles… », a-t-il précisé. Tidjani Serpos a rappelé que des députés sont élus avec 8 mille voix tandis que d’autres sont élus avec 14 mille voix.  Toutes ces inégalités doivent être corrigées, indique-t-il. Concernant la caution présidentielle passée de 15 à 100 millions de francs Cfa, il a évoqué la raison qui sous-tend cette position des élus de la nation. «Ça paraît trop. Mais ce n’est pas la philosophie qui est à la base.  Le candidat doit avoir des groupes politiques derrière. Si on a 04 à 06 candidats, c’est largement suffisant. Il en a qui ont proposé 150, 200, 300 millions et même plus…», a expliqué le baron du Prd de Me Adrien Houngbédji.  Sur la même lancée, Ismaël Tidjani Serpos a précisé que  les mobiles qui ont guidé les députés à fixer les dépenses du candidat présidentiel à 2,5 milliards de francs Cfa. «On veut faire vrai. On veut jouer vrai. Au lieu de faire la comédie pour dire que les dépenses s’élèvent à 500 millions, on veut tenir un langage de vérité. On a fixé à 2,5 milliards pour qu’on  ait un meilleur système de compte des dépenses. Progressivement, on arrivera à l’appel des fonds comme aux Etats Unis d’Amérique… », s’obstine-t-il à défendre. Partant de là, Tidjani Serpos a énuméré les arguments qui sont à la base du couplage des élections et de la réduction des membres de la Céna de 17 à 11. «Au lieu de tendre la main aux bailleurs pour nous faire élire, il faut compter sur les groupes politiques du candidat. On aura les élections présidentielles, législatives, communales et locales en série. Le taux de la participation va en souffrir. Il faut faire l’économie pour l’Etat.  La Céna passe de 17 à 11. Ce n’est pas au niveau national qu’il faut contrôler les élections. C’est au niveau départemental, communal, local qu’il faut les contrôler. Nous avons fait l’option de renforcer le niveau inférieur… », a-t-il dit. Poursuivant son argumentaire, il a démontré que l’Assemblée n’a pas taillé la part de lion au détriment du gouvernement. «Le chef de l’Etat a un (01) représentant. Mais qu’on soit de  la mouvance ou de l’opposition, toutes les sensibilités sont représentées… », a insisté Ismaël Tidjani Serpos. Selon lui, l’Exécutif dispose d’un représentant mais les groupes parlementaires de la mouvance s’en sorte chacun avec un représentant dans la Céna. Le fait de dire que le Législatif, sinon l’opposition parlementaire, taille la part du lion au sein de la Céna est un faux débat.

Aziz IMOROU

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