Piétinement des travaux de la route Pahou-Tori Bossito-Ouidah-Allada : Yayi menace de jeter les entrepreneurs en prison

Publié le par L'informateur

« Le préfet est là, le maire, les conseillers municipaux. Je vous demande d’être vigilants ; de même que  les populations et tout le monde pour que le démarrage des travaux soit effectif. Aucun  d’eux ne doit bouger. Il n’y a rien à faire. Pour cette fois-ci, si l’un d’eux bouge, il  n’y a rien à faire, il va directement en prison. Personne ne bouge, sinon  il va en prison directement. C’est pourquoi je suis venu moi-même  l’annoncer. Si vous constatez la moindre défection, signalez-moi ça directement à la présidence de la République. C’est la 3ème fois que je viens ici  et  je crois que c’est la bonne. Chères   populations, si vous constatez qu’il y a une défection de la part des entrepreneurs ou du bureau de contrôle, vous me signalez ça et c’est la prison directement ».  C’est en ces termes que s’exprimait vendredi dernier le président Boni Yayi à l’issue de la troisième visite infructueuse qu’il a effectuée sur le tronçon Pahou-Tori Bossito-Ouidah-Allada. Accompagné de son ministre en charge des travaux publics, Nicaise Fagnon, le chef de l’Etat a caché mal son amertume face au piétinement des travaux sur ce tronçon routier dont la construction est promise aux populations. Boni Yayi a vertement menacé de jeter les entrepreneurs et le bureau de contrôle en prison, au cas où le chantier n’aurait pas démarré dans de brefs délais. L’entreprise Yamen, adjudicataire de ce chantier,  est donc actuellement sous une forte pression du numéro 1 béninois. Ce dernier a subtilement désigné les boucs émissaires de cette promesse non tenue à inscrire dans le riche répertoire des éléphants blancs du régime du changement. Devant les populations de l’Atlantique, premières bénéficiaires de cette infrastructure, Boni Yayi a arboré son manteau de premier magistrat en brandissant, telle une épée de Damoclès, l’arme extrême de la prison sur la tête des entrepreneurs. Tout comme si le blocage est du fait de ces prestataires. De sources généralement crédibles, on apprend que si le chantier n’a pas démarré jusque-là, c’est pour trois raisons fondamentales :

D’abord, les travaux ont été lancés par le gouvernement sans que le marché n’ait été signé. La lenteur administrative de mise sous nos cieux, les procédures et les tralalas relatifs à la passation des marchés publics n’ont pas facilité la tâche à l’entreprise qui a gagné ce marché. Ensuite, il y a un préalable technique qui n’a été réglé que ces derniers jours. Nous voulons fait allusion au choix de la mission de contrôle. Ce n’est que maintenant que la mission de contrôle a été recrutée. Encore que c’est le gouvernement, à travers le ministère des travaux publics et des transports, ministère délégué auprès du président de la République qui se charge des formalités de sélection de ladite mission de contrôle. Quel est le tort de l’entreprise dans le retard accusé par le recrutement de la mission de contrôle ? Enfin, les impondérables que constituent les inondations, ne permettaient techniquement pas de lancer les travaux. On se demande alors si le banquier a tout ces éléments à portée de main avant de menacer de jeter les entrepreneurs en prison. On comprend que l’obsession du pouvoir peut amener la Haute autorité à jouer le tout pour le tout. Mais il y a des limites du populisme qu’il ne faut pas franchir de peur de paraître ridicule. Encore que le miracle n’est plus possible pour que le chef de l’Etat inaugure cette infrastructure avant la fin de son quinquennat. Et pour cause ! Après le faux bruit du chef de l’Etat, de nouveaux engagements ont été pris pour que le chantier soit livré dans un délai maximum de 8 mois. Et Dieu seul sait si Boni Yayi sera encore au pouvoir !

I.S.

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