Piétinement des réformes portuaires : Querelle de clocher au sommet autour du Pvi

Publié le par L'informateur

Les réformes portuaires mises en œuvre au Bénin depuis quelques mois maintenant et ayant conduit au Programme de vérification interne (Pvi) piétinent. Le contrat même a prévu le mécanisme devant permettre d’y remédier. Mais au sommet de l’Etat on préfère se rejeter la responsabilité sur l’auteur de ses réformes. Somme toute une querelle entre gens d’un même bord politique sur un sujet qui devrait réunir.

C’est carrément la cohésion gouvernementale qui risque de prendre un coup dans cette guéguerre relative au vrai auteur de la signature de la convention instituant le Programme de vérification interne (Pvi). Au sommet de l’Etat, soit par médias interposés, on préfère se livrer en pâture. Ainsi, il est distillé à loisir que les signataires du contrat concédant à Bénin Contrôle de mener ces réformes est signé par le 1er ministre, le ministre délégué chargé des réformes portuaires et son collègue des finances. D’un autre côté, on exhibe le décret présidentiel portant mise en œuvre du Pvi et signé par le président de la République.

Evidement, c’est l’article 41 du contrat signé par le 1er ministre et autres qui prévoit le décret de mise en application. A ce niveau, la question se pose de savoir qui a inséré cette clause dans le contrat. Dans tous les cas, il n’est pas inutile de rappeler que Boni Yayi, en prêtant serment pour un nouveau mandat avait clairement annoncé que celui-ci sera celui des réformes.

Mieux, lui-même l’a porté devant caméras et micro en déclarant qu’il ne sera pas question de reculer, quoi qu’en soit les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des réformes portuaires. Ceci, devant les acteurs portuaires.

Pour le moment, le chef de l’Etat n’a pas encore déclaré publiquement être en train de reculer. Mais les velléités sont bien perceptibles. De sorte que le courant passe à nouveau à peine entre le chef de l’Etat et le patron de Bénin contrôle, Patrice Talon.  Un peu comme au début du premier mandat de Boni Yayi à la tête de l’Etat béninois.

Tout se passe comme si au sommet, on veut s’en laver les mains, parce que pour le moment, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Nicolas Sarkozy a déclaré récemment, faisant un peu son bilan qu’à la tête de l’Etat français, qu’il a conduit a réussi à conduire à terme toutes les réformes qu’il a initiées.

Ce n’est pas parce que des difficultés ont été notées dans la conduite des réformes portuaires qu’on va s’y dérober. Non ! Le contrat même signé avec Bénin contrôle prévoit par exemple en son article 4 la conduite  tenir dans le cas d’espèce. Et au lieu de s’y atteler, on préfère les querelles de clocher. Encore que ces querelles s’écartent bien des conditions pouvant permettre d’obtenir des résultats.  Cet article prévoir la mise en place d’un comité composé des ministres concernés par le domaine portuaire, des douaniers et autres acteurs portuaires pour une évaluation afin de corriger les éventuels dysfonctionnements et repartir sur de nouvelles bases. Jusque là, au sommet de l’Etat, on est encore très loin à penser à la mise en place de ce comité. Silence, on se jette la pierre pour le moment. Un extrait de la déclaration publique de l’UDBN rendue publique hier seulement et qui prend fait et cause pour le 1er ministre dans cette guéguerre : « Si on convient que la plate forme portuaire de Cotonou est le poumon de l’économie nationale, et que celle-ci est essentiellement  fiscale, alors le bon sens nous oblique à nous interroger sur la sincérité et la bonne foi de ceux qui suscitent des commentaires, sabotent ou critiquent sans proposer des alternatives crédibles.

Avec quelles ressources l’Etat Béninois pourrait-il relever le point indiciaire des enseignants en grève aujourd’hui, continuer le programme de la Césarienne et de soins de santé primaire gratuits, subventionner les manuels scolaires, mettre en place le Régime d’Assurance-Maladie Universel ( RAMU), construire les hôpitaux, les routes et les résidences universitaires, créer des emplois, forer des puits, continuer d’accorder les microcrédits aux plus pauvres, poursuivre l’électrification rurale, construire les écoles et que sais encore ? ». le parti de Irénée Pascal Koupaki entame d’ailleurs dans les prochains jours une tournée d’explication à cet effet. C’est dire que les mouvanciers vont se tirer dessus sur le terrain.

Le contrat prévoit également le recours aux importateurs en cas de difficulté de mise en œuvre des réformes.

Ce qui est important de retenir est que les réformes s’imposent, comme l’a souligné le chef de l’Etat récemment. Même s’il recule aujourd’hui après seulement trois mois d’expérimentation de ces réformes, le prochain président n’aura pas le choix. Car, le développement du Bénin ne sera pas sans qu’on ne conduise efficacement ces réformes. L’état de déconfiture dans lequel se trouve le pays et qui a favorisé l’émergence du slogan Changement, puis celui de la Refondation impose ces réformes. Au risque de voir le port considéré comme le poumon de l’économie nationale s’asphyxier avant même la fin du mandat en cours.

F. Kpochémè

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