Perspective de la présidentielle de 2016 : Bio Tchané et ses lieutenants portés disparus !?

Publié le par L'informateur

Alors que les uns et les autres ont fini de digérer le KO qualifié d’«amer » par l’honorable Issa Salifou, au niveau de l’état major de Abt et surtout de son chef, Abdoulaye Bio Tchané on est encore à la traîne quand à la reprise des activités politiques. Tout se passe comme si le président du mouvement « tabatitaba » a perdu son latin et préfère s’occuper de sa carrière internationale.

C’est déjà fini ! Les visites dans les maisons des électeurs dans les quartiers périphériques de Cotonou sont du passé. Les joggings à la plage  et autres actions fédératrices du peuple sont révolus.

Bref, le mouvement entre temps très populaire baptisé « tabatitaba » n’a plus cours. Et cependant, la réalité sur le terrain nécessite une présence médiatique qu’active sur les grands dossiers de la nation.

Les Abt semblent avoir donné leur langue au chat. Contrairement par exemple à  l’Union fait la nation (Un), qui, à défaut de mieux s’organiser pour les prochaines échéances, signale au moins sa présence par ses divergences internes de plus en plus profondes.

Aujourd’hui, il est difficile de préciser là où se situe à Cotonou, la plus grande ville du pays, le siège du mouvement Abt. Un constat ubuesque. Pour un aspirant à la magistrature suprême, c’est inquiétant.

Il faut reconnaître qu’on peut ne pas avoir de siège  et s’illustrer positivement sur le plan politique le temps de mettre en place un cadre de rencontres. Sur le plan politique, on note rarement des activités à grande portée électoraliste.

Même s’il y a des activités, elles ne sont pas perceptibles au niveau de « Tabatitaba ». Ce regroupement politique est quasi absent sur les grands sujets d’intérêts (mise en place des réformes institutionnelles). On ne note avec grand retard que de rares communiqués, souvent laconiques.

A la vérité, Abdoulaye Bio Tchané est bien occupé. Au grand désarroi, seulement sur le plan international. Peut-être que son destin y est, mieux que sur les combats à l’interne. Qui sait ?

Alors, qu’il arrête son rêve de devenir président de don cher pays le Bénin. S’il n’a pas de temps pour se consacrer à la politique intérieur qui demande plus d’investissement, plus de sacrifice. Si sa carrière internationale passe avant tout, qu’il s’y consacre.

A la veille de la présidentielle de 2011, on avait senti trois grandes forces politiques dans le pays. Mais depuis sa raclée, on sent difficilement deux forces. On peut croire qu’au niveau de Abt, le KO se digère difficilement.

Pourtant, d’autres politiques ont réussi à surmonter le cap. On a vu Me Adrien Houngbédji qui a même déclaré récemment être forclos, mais malgré cela il tient encore le coup. Il travaille à réorganiser son parti politique et s’oppose même à une union des partis ayant adhéré à l’union fait la nation. Il tient encore  à ses militants, et veut remonter la pente à partir des prochaines échéances électorales.

Depuis les présidentielles de 2011, du côté de Abt, juste quelques actions sporadiques. Une présence timide dans la presse, le parrainage de tournoi de volley ball.

Franchement Abt veut-il vraiment gouverner le Bénin après Yayi soit dans moins de 4 ans ? Il n’en donne pas l’air. Car, demain, c’est aujourd’hui que ça se construit. Freud dit que l’enfant est le père de l’homme. Pour faire terre à terre, l’homme de demain c’est d’abord l’enfant d’aujourd’hui. Autrement dit, le président de la République de demain, c’est le militant actif, combattant et prospère que l’on retrouve sur le terrain, qui mouille le maillot, se sent proche des populations. Dans un autre sens, Abt ne conjugue pas ses ambitions dans le présent.

Or aujourd’hui, Abt a tout l’air d’un général de guerre qui a détalé, abandonnant sa troupe au désarroi, à la perdition. Le hic, c’est que les députés qui ont sacrifié leur carrière pour le suivre dorment de leur plus profond sommeil.

La leçon laisse de mauvais souvenir. Aucun d’eux n’a été élu député ; donc un mauvais souvenir. On peut comprendre que c’est douloureux de se relever. On comprend l’honorable Eloi Aho qui a perdu son titre et ses affaires dans ce combat, dame Affo Djobo qui est obligée de s’occuper de son commerce, Dassoundo qui pourra se consacrer à son bistouri, Alia pour la restructuration de son Ong, Adambi, Zoumarou et les autres caciques du mouvement de Abt pendant la présidentielle de 2011 qui souffrent au lendemain de cette joute contre Yayi.

Ils sont déplumés, entièrement déplumés (aussi bien dans les idées que dans les actes). Pourtant, grands politiciens qu’ils sont, ne devraient t-ils pas savoir que la chose la plus importante d’une vie n’est pas de trébucher, mais de savoir se relever ? Et ces milliers d’électeurs qui ont cru en ce rêve prométhéen ?

En réalité, de deux choses l’une.

Soit Abt est vraiment candidat pour 2016 et pourra compter encore sur les lieutenants qui se sont battus en se déplumant pour lui, et là il descend sur le terrain, entame une réorganisation de sa troupe, participe régulièrement à l’animation de la vie politique en essayant autant que faire se peut de redonner vie et espoir à cette partie du peuple qui avait cru en lui. Ou la trouille du ko  continue de le hanter. Il perd ses nerfs. Là, il se cantonne tout simplement à sa carrière internationale et laisse le terrain à ceux qui sont véritablement intéressés par le combat de 2016. Et dans cette 2è hypothèse, ses lieutenants tirent les conséquences de cette défection et prennent leur destin en mains. Ce n’est pas encore tard de rallier tel ou tel camp qui s’active déjà pour la conquête de 2016.

Et il n’y aura que Abt pour s’en mordre les doigts, et peut-être même les orteils.

Laurent Akouêyikou

Publié dans Politique

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