Paul Hounguêvou à propos de la gestion peu orthodoxe à la Cnss : « Le gouvernement Yayi veut mettre la main dans les milliards des pensions de retraite des travailleurs »

Publié le par L'informateur

Le secrétaire général du Syndicat national des agents de la sécurité sociale (Synass), Paul Hounguêvou est démoli par rapport à la manière dont les milliards des travailleurs sont gérés à la caisse nationale de sécurité sociale (Cnss). Il a peur de ce qui risque d’arriver à la caisse. Selon lui ce qui se passe à la Cnss est juste ahurissant.

En effet, la Caisse est gérée par un directeur général qui met tout en œuvre pour que le conseil d’administration ne se tienne pas. Selon les propos de Paul Hounguêvou ce n’est qu’une machination qui a pour seule objectif de mettre entre parenthèse le conseil d’administration afin de se donner les coudées franches pour subtiliser les milliards des travailleurs. De quoi est-il question ?

La caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) est une structure qui joue le rôle d’assurance retraite pour les travailleurs des structures et sociétés du secteur privée. Les patrons se chargent de déposer 20% de la masse salariale de leur structure qu’ils déposent à la caisse pour assurer la retraite des agents qui travaillent avec eux. Ces 20% sont répartis en 3.6% directement retirés du salaire de l’employé et le patron ajoute 16.4% pour préparer la retraite des agents du secteur privée. C’est cet argent qui, par accumulation, s’exprime en termes de centaines de milliards. Et c’est par rapport à cette manne que des dispositions sont prises pour que personne ne puisse avoir la possibilité de se retrouver en position majoritaire au point d’en user à bon gré. Alors les textes exigent que le gouvernement nomme un directeur général ; mais celui-ci se fait voter son budget par un conseil d’administration constitué de telle sorte que le gouvernement et le Dg ne puissent jamais avoir la possibilité de décider seuls des dépenses liées à la caisse. Le Conseil d’administration (CA) est composé donc de neuf membres dont trois du gouvernement, trois du patronat et trois des travailleurs. Mieux il est accordé aux travailleurs et au patronat de prendre à tour de rôle la présidence du conseil d’administration (CA). Celui-ci étant un contre-pouvoir puissant pour valider ou empêcher des dépenses hasardeuses de la part du directeur général.

Mais depuis quelques mois, le gouvernement, avec sa main armée le Dg de la caisse, joue à de la manipulation pour que le conseil d’administration soit défaillant. Ainsi le gouvernement a-t-il refusé de régulariser la situation de ses représentants dans ce conseil. Or sans cette régularisation ces représentants ne pourront participer aux sessions du conseil. Le gouvernement espérant user de cette non participation de ses représentants au conseil pour invalider les décisions du CA. Ainsi après plusieurs invalidations le gouvernement, par le biais de son ministre de la sécurité sociale, va arguer de non fonctionnement pour dissoudre le conseil d’administration. La loi leur donnant deux mois pour mettre sur pied un nouveau CA, ils auront tout le temps pour piller la caisse. Paul Hounguevou affirme qu’il y avait déjà eu par le passé des tentatives de mettre la main dans les milliards des travailleurs. A chaque le syndicat a fait de la veille pour sauver les meubles. Et c’est pour éviter que le gouvernement réussisse son coup que le secrétaire général du secrétaire général du syndicat national des agents de la sécurité sociale (Synass) tire la sonnette d’alarme. 

Le pire est que des informations de plus en plus persistantes font état de ce qu’un décret de dissolution du conseil d’administration serait proposé.

Claude ALOFA

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